Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

Page 11

de bien plus grandes distances; il y réussit d'abord en se servant
pour cela d'une ficelle soutenuë horizontalement à quelque distance de
terre sur des fils de soye, & transmit l'électricité à cent quarante
pieds; mais comme il vouloit pousser plus loin son expérience, les fils
de soye s'étant rompus, il leur substitua des fils-d'archal de la même
finesse; car il s'imaginoit que le succès de l'expérience dépendoit de
la finesse de ces fils, qu'il croyoit trop minces pour pouvoir
intercepter une partie sensible de la force électrique communiquée par
le tube à la ficelle & à la boule. Quand il vint à frotter le tube,
l'électricité ne fut point transmise à l'extrémité de la ficelle. Il
reconnut de là que le succès de la première expérience ne venoit pas de
la finesse des fils de soye, puisque les fils-d'archal de la seconde
étoient aussi minces, mais qu'il venoit de la nature même de la soye.
Instruit par ce contre-tems M. Gray vint depuis à bout de transmettre
l'électricité à une distance de sept cens pieds.

Il découvrit encore que la communication de l'électricité pouvoit se
faire par la seule approche du tube, sans qu'il touchât le corps auquel
on vouloit la communiquer. Ayant suspendu horizontalement un enfant sur
des cordons de crin, en approchant de ses pieds le tube bien frotté, il
l'électrisa au point que son visage & ses mains attirèrent des feüilles
de cuivre. Il plaça cet enfant debout sur deux pains de résine d'environ
huit pouces de diamètre & deux pouces d'épaisseur, un sous chaque pied.
Ayant ensuite approché le tube bien frotté des cuisses de l'enfant, ses
mains attirèrent & repoussèrent alternativement des feüilles de cuivre
que l'on avoit mises au-dessous.

Mr. Dufay de l'Académie Royale des Sciences, informé des découvertes de
M. Gray, se mit aussi à travailler sur l'électricité. Après un nombre
infini d'expériences dont on n'indiquera que les principales, il nous a
appris qu'il n'y a point de corps, à l'exception des métaux & des
animaux qui ne soit électrique. Les métaux & les animaux s'électrisent
fortement ou deviennent fortement électriques, lorsqu'étant soutenus sur
des cordons de soye ou de crin, sur des gâteaux de résine, sur du verre,
&c. on en approche le tube excité à l'électricité. On doit donc entendre
par corps électriques ceux qui le sont naturellement qui n'ont besoin
que d'être frottés pour en donner des preuves, & par corps
non-électriques ceux qui ne peuvent devenir électriques que par
communication, comme sont les métaux.

En répétant avec un tube de verre & des feüilles d'or une expérience
d'Otto de Guerike, dans laquelle une petite plume avoit

Last Page Next Page

Text Comparison with The Complete Works in Philosophy, Politics and Morals of the late Dr. Benjamin Franklin, Vol. 2 [of 3]

Page 11
A Magic Square of Squares 327 PLATE XII.
Page 26
It has so happened, that I have not met with any accounts of spouts, that certainly descended; I suspect they are not frequent.
Page 63
That whatever quickens the motion of the fluids in an animal quickens the separation, and reproduces more of the fire; as exercise.
Page 75
--And in such a length as I have mentioned it is low water at F, G, and also at A, B, at or near the same time with its being high water at E; so that the surface of the water in the canal, during that situation, is properly represented by the curve pricked line B, E, G.
Page 84
He says, No.
Page 102
Thus, if two bottles or vessels of glass or metal being filled, the one with cold and the other with hot water, are brought into a room, the moisture of the air in the room will attach itself in quantities to the surface of the cold vessel, while if you actually wet the surface of the hot vessel, the moisture will immediately quit it, and be absorbed by the same air.
Page 113
Totally therefore we might suppress the waves in any required place, if we could come at the windward place where they take their rise.
Page 140
The power of wind to raise water above its common level in the sea is known to us in America, by the high tides occasioned in all our sea-ports when a strong north-easter blows against the gulph stream.
Page 146
Page 151
| | --|12 | 65 | 56 | SSW| WNW | 44 |38 13|72 2 |Colour of water | | | | | | | | | | | changed.
Page 197
obliged to run frequently to the fire to warm themselves: and to physicians to say, how much healthier thick-built towns and cities will be, now half-suffocated with sulphury smoke, when so much less of that smoke shall be made, and the air breathed by the inhabitants be consequently so much purer.
Page 239
First put in a few charcoals on the grate H.
Page 259
--A square shank comes from its thickest end through the box, on which shank a wheel is fixed by a screw.
Page 292
be read by the youth, and the difficulties, that may occur to them, be explained by the master.
Page 307
_ [81] The reader will see an account of this plan in the subsequent volume.
Page 315
Those counties do not ruin each other by trade, neither would the nations.
Page 321
Page 327
Mean as this practice is, do we not daily see people of character and fortune engaged in it for trifling advantages to themselves?--Is any lady ashamed to request of a gentleman of her acquaintance, that when he returns from abroad, he would smuggle her home a piece of silk or lace from France or Flanders? Is any gentleman ashamed to undertake and execute the commission?--Not in the least.
Page 348
of accusing and abusing the other four hundred and ninety-nine parts, at their pleasure; or they may hire out their pens and press to others, for that purpose.
Page 395
The Index has some references to page numbers with a *, eg 551*.