Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

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des Sciences. Tous les
deux furent renversés par le coup dont ils furent frappés en voulant
tirer des étincelles de leur appareil électrique. Un degré de plus dans
la charge de cet appareil leur eût vraisemblablement fait éprouver un
sort aussi funeste qu'au physicien Moscovite. Mais je suis sûr que les
précautions dont je me suis presque toujours servi en pareil cas,
auroient pû les en garantir, & j'exhorte tous ceux qui voudront faire de
pareilles observations sur le tonnerre, à mettre en usage ces mêmes
précautions.»

[Note 45: M. le Monnier, Médecin de S. Germain en Laye.]

[Note 46: Le R. P. Bertier de l'Oratoire, à Montmorency.]

«Peu de jours après la publication du mémoire ci-dessus, j'imaginai
adapter un petit carillon à une pointe métallique que j'avois fait
élever au jardin du Roi pour M. de Buffon; ce carillon est composé de
deux petits timbres, dont l'un est attaché au fil de fer correspondant à
la pointe, & l'autre à la muraille, avec une petite boule de métal
suspenduë entre deux par un fil de soye pour servir de battant. Dès le
premier orage qui arriva le jour même, le carillon sonna plus d'une
demi-heure avant que le tonnerre grondât & avant que les éclairs
parussent. Par ce moyen nous avons toujours été avertis depuis de
l'approche des nuages orageux; il nous est même arrivé plusieurs fois, à
M. de Buffon & à moi, d'entendre sonner le carillon sans aucune
apparence de tonnerre. Quand un nuage chargé d'électricité vient à
passer au-dessus de la pointe métallique à une grande distance, il met
le carillon en mouvement, & soit qu'il n'y ait point assez de matière
pour causer un véritable orage, soit que la pointe en dissipe assez pour
en empêcher, tout se passe sans fracas.»

«Ce carillon ainsi adapté à la machine du tonnerre sert à plusieurs
usages importans; 1°. il avertit de l'approche ou de la présence d'un
nuage orageux tant la nuit que le jour; 2°. il fait connoître
l'abondance de la matière électrique dont un nuage est chargé, par la
fréquence plus ou moins grande de ses battemens, & même par son silence,
comme on le verra dans la suite; 3°. étant une décharge continuelle de
la matière électrique, qui s'accumule sur la machine du tonnerre, il est
suffisant pour en prévenir les funestes accidens. Je suis très-persuadé
que ni M. Richman ni les autres n'auroient point été frappés si
rudement, s'il y avoit eu de pareilles décharges aux machines dont ils
se sont servis.»


DE LA LETTRE II.

_29. Juin 1751._

Dans la relation que le capitaine Waddel a donnée des effets de la
foudre sur

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Text Comparison with Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

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À-peu-près dans le même temps, je lus l'_Essai sur l'Entendement humain de Locke_, et l'_Art de Penser, de MM.
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J'allai, cependant, avec le gouverneur et le colonel dans une taverne, au coin de Third-Street; et là, tout en buvant le Madère, sir William Keith me proposa d'établir une imprimerie.
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Son but supposé étoit de se procurer des correspondans en Angleterre, afin d'avoir des marchandises à vendre par commission.
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L'imprimerie de Watts, près de Lincoln's-Inn-Fields, étant plus considérable que celle où je travaillois, je crus qu'il me seroit plus avantageux d'y entrer.
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Il me fit enfin, un si long détail des infortunes qui existoient déjà, et de celles qui devoient bientôt avoir lieu, qu'il me jeta dans une sorte de découragement.
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Il y a lieu de croire que les lecteurs seront satisfaits de la simplicité, de la raison, de la philosophie, qui caractérisent ce qui précède; c'est pourquoi nous croyons devoir y joindre la continuation qu'en a faite le docteur Stuber[27] de Philadelphie, l'un des intimes amis de Franklin.
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Il y a près de quatre-vingts ans que l'inoculation a été introduite en Europe et en Amérique.
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Souvent une simple observation lui suffisoit pour détruire tout l'effet d'un long et élégant discours, et déterminer le sort d'une question importante.
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Les ministres anglais le désapprouvèrent, parce qu'il accordoit trop d'autorité aux représentans du peuple; et les assemblées coloniales n'en voulurent point, parce qu'il donnoit au président-général, qui représentoit le roi, une plus grande influence qu'elles ne le jugeoient convenable dans un plan de gouvernement destiné à des hommes libres.
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Il reçut le pouvoir de lever des troupes, et de nommer leurs officiers.
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Quand la guerre avoit lieu entre l'Angleterre et la France, les Sauvages s'empressoient de ravager les frontières des colonies anglaises.
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Ils égorgèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, entr'autres le chef, nommé _Schahaès_, distingué par son attachement aux colons.
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_) La publication de ces lettres occasionna un duel entre M.
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Le triste succès des armes britanniques, et sur-tout la prise de lord Cornwalis et de son armée, convainquirent enfin les Anglais de l'impossibilité de subjuguer les Américains.
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Il est à croire qu'il y aura toujours à Boston des citoyens vertueux et bienfaisans, qui s'empresseront de consacrer une partie de leur temps à l'utilité publique, en administrant gratuitement cette institution.
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B.
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C'étoit un passage étroit, traversé par une poutre peu élevée.
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Je désire beaucoup de revoir la ville où je suis né.
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Au contraire, une foule d'ennemis blame leur conduite, et s'efforce de les rendre complétement odieux.
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Qu'on mette un impôt de vingt-quatre livres tournois par chaque fenêtre, où il y a des volets, qui font que les rayons du soleil n'éclairent pas les appartemens.