Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

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sud de
l'aiguille, ou au contraire, le bout tourné vers le nord continuëroit
toujours à le marquer.

Dans ces expériences les bouts des aiguilles reçoivent quelquefois de la
flamme électrique, une légère teinte de bleu comme celle que l'on voit à
un ressort de montre. Cette couleur donnée par le coup de deux vases
seulement se dissipera, mais quatre vases la fixent, & fondent souvent
les aiguilles; je vous en envoye quelques-unes qui ont eu leurs têtes &
leurs pointes fonduës par notre tonnerre artificiel, & une épingle dont
le feu électrique a fondu la pointe & fait couler quelques parties de sa
tête & de son collet. Il arrive quelquefois que la surface du corps de
l'aiguille coule aussi un peu & paroît soulevée en forme de vésicules
quand elle est examinée avec une loupe. Les vases dont je me sers
contiennent sept ou huit gallons,[47] & sont doublés de feüilles d'étain
au dedans & au dehors, il faut à chacun d'eux mille tours d'un globe de
neuf pouces de diamètre pour être chargé.

[Note 47: Gallon, mesure d'Angleterre qui contient quatre quartes; la
quarte équivaut environ pinte de Paris.]

Je vous envoye deux échantillons de feüilles d'étain fonduës entre des
verres par la force de deux vases seulement.

Je n'ai point appris qu'aucun de vos Électriciens d'Europe ait pû
jusqu'ici enflammer la poudre à tirer par le feu électrique. Nous le
faisons ici de cette manière. On remplit de poudre séche une petite
cartouche; on la bourre assez fort pour en écraser quelques grains; on y
enfonce ensuite deux fils-d'archal pointus un à chaque bout, ensorte que
leurs pointes ne soient éloignées que d'un demi pouce au milieu de la
cartouche que l'on place dans cercle; quand les quatre vases se
déchargent, la flamme sautant de la pointe d'un fil-d'archal à celle de
l'autre dans la cartouche au travers de la poudre, l'enflamme, &
l'explosion de la poudre se fait au même instant que le craquement de la
décharge.

«Cette expérience m'a réussi d'une façon admirable. En voici le procédé.
Après avoir roulé une carte à jouer, & l'avoir bien liée avec du fil,
j'ai rempli à peu près au quart ce petit tuyau de poudre à tirer, que
j'ai bien bourée pour en écraser les grains; après cela j'y ai mis
encore autant de poudre que j'ai bourée de la même manière; & ainsi de
suite jusqu'à ce que le tuyau fût rempli: j'y ai ensuite enfoncé deux
fils de fer, un à chaque bout comme le dit notre auteur; en suivant le
reste de son procédé, l'expérience a manqué plusieurs fois. Imaginant
que le défaut

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Text Comparison with Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

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Je fus, suivant toute apparence, destiné à remplir sa place, et à rester toute ma vie fabricant de chandelles.
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père appréhenda que s'il ne m'en offroit un plus agréable, je ne fisse le vagabond et ne prisse le parti de la mer, comme avoit fait, à son grand mécontentement, mon frère Josias.
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Ces ballades n'étoient que des chansons d'aveugle, des vers misérables.
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Alors je me nommai.
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Mais ayant un autre état, et me croyant moi-même assez bon ouvrier, je ne balançai pas à offrir mes services au vieux William Bradford qui, après avoir été le premier imprimeur en Pensylvanie, avoit quitté cette province, parce qu'il avoit eu une querelle avec le gouverneur, William Keith.
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prompt départ de Boston avoit occasionné à mes parens, et de l'affection qu'ils conservoient encore pour moi.
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Si tu ne prends pas garde à toi, elles t'entraîneront dans quelque danger.
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C'étoit le second gouverneur qui m'eût honoré de son attention; et pour un pauvre garçon, comme je l'étois alors, ces petites aventures ne laissoient pas que d'être assez agréables.
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Cependant, nous étant apperçus qu'il commençoit à perdre ses forces, nous le mîmes dans le canot, et le soir nous le conduisîmes encore tout trempé jusqu'à la maison.
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Se croyant d'abord beaucoup de talent pour l'état de comédien, il songea à monter sur le théâtre: mais Wilkes, à qui il s'adressa, lui conseilla franchement de renoncer à cette idée, parce qu'il lui étoit impossible de réussir.
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Franklin, maître d'école à N.
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C'étoit la meilleure école de politique et de philosophie, qu'il y eût alors dans toute la province; car, comme nos questions étoient lues dans la semaine qui précédoit celle de leur discussion, nous avions soin de parcourir attentivement les livres qui y avoient quelque rapport, afin de nous mettre en état de parler plus pertinemment.
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De là s'étendit parmi tous les habitans de Philadelphie, un certain degré d'instruction, qu'on trouve rarement dans les autres villes.
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Le président et le conseil devoient avoir le pouvoir de faire la guerre et la paix, de conclure des traités avec les nations indiennes, de régler le commerce avec elles, et d'en acheter des terres, soit au nom de la couronne d'Angleterre, soit au nom de l'union coloniale; d'établir de nouvelles colonies, de faire des loix, pour les gouverner, jusqu'à ce qu'elles fussent érigées en gouvernemens séparés; de lever des troupes, de construire des forteresses, d'équiper des vaisseaux, et d'employer tous les autres moyens propres à la défense générale.
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Le gouverneur chargea Franklin de prendre, à cet égard, toutes les mesures nécessaires.
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Dans la traversée, il remarqua le singulier effet, produit par le mouvement d'un vase qui contenoit de l'huile flottant sur l'eau.
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L'édition _in-4º_.
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Soyez laborieux et économe, et vous deviendrez riche.
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[61] La Seine.
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La nature les pousse au dehors par les pores et par les poumons; et, en plein air, elles sont emportées au loin: mais dans une chambre close on les respire plusieurs fois, encore qu'elles se corrompent de plus en plus.