Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

Page 126

fâchés d'apprendre que la même
expérience a réussi à Philadelphie, quoique faite d'une manière
différente & plus facile; en voici le détail.

Faites une croix de deux petites lates, les bras assez longs pour
atteindre aux quatre coins d'un grand mouchoir fin de soye: quand il est
étendu, liez les coins de ce mouchoir aux extrémités de la croix: par ce
moyen vous avez le corps d'un cerf-volant; en y ajoutant adroitement une
queuë, une gance & une ficelle, il s'élèvera en l'air comme ceux qui
sont faits de papier; mais celui-ci qui est de soye est plus propre à
résister au vent & à la pluye d'un orage sans se déchirer. Au sommet du
montant de la croix il faut fixer un fil-d'archal très-pointu qui
s'élève d'un pied ou plus au-dessus du bois. Au bout de la ficelle près
de la main, il faut noüer un cordon ou ruban de soye, & attacher une
clef dans l'endroit où la soye & la ficelle se joignent. On élève ce
cerf-volant lorsqu'on est sur le point d'avoir du tonnerre, & la
personne qui tient la corde doit être en dedans dune porte ou d'une
fenêtre, ou sous quelqu'abri, ensorte que le ruban de soye ne soit pas
mouillé, & l'on prendra garde que la ficelle ne touche pas le cadre de
la porte ou de la fenêtre. Aussitôt que quelques parties de la nuée de
tonnerre viendront sur le cerf-volant, le fil-d'archal pointu en tirera
le feu électrique, & le cerf-volant, avec toute la ficelle, sera
électrisé, les filamens de la ficelle qui ne sont pas serrés se
dresseront en dehors de tous côtés, & seront attirés par l'approche du
doigt, & quand la pluye a mouillé le cerf-volant & la ficelle, de façon
qu'ils puissent conduire librement le feu électrique, vous trouverez
qu'il découle en abondance de la clef à l'approche de votre doigt: on
peut charger la bouteille à cette clef, enflammer les liqueurs
spiritueuses avec le feu ainsi ramassé, & faire toutes les autres
expériences électriques qu'on fait ordinairement avec le secours d'un
globe ou d'un tube de verre frotté, & par ce moyen on démontre
parfaitement l'identité de la matière électrique avec celle de la
foudre.




_LETTRE XI._

_De B. FRANKLIN Ecuyer de Philadelphie._

Puisque vous me dites que notre ami Cave est prêt à ajouter quelques
dernières expériences à ma feüille volante avec l'_errata_, j'envoye une
copie d'une lettre du Docteur Colden, qui peut aider à remplir quelques
pages, & encore mon expérience du cerf-volant dans la gazette de
Pensylvanie: je n'ai rien à y ajouter de nouveau, si ce n'est
l'expérience suivante, pour découvrir

Last Page Next Page

Text Comparison with Franklin's Way to Wealth; or, "Poor Richard Improved"

Page 0
Franklin, wishing to collect into one piece all the sayings upon the following subjects, which he had dropped in the course of publishing the Almanacks called "Poor Richard," introduces Father Abraham for this purpose.
Page 1
DARTON_, And of most Booksellers in the United Kingdom.
Page 2
The hour of the sale not being come, they were conversing on the badness of the times; and one of the company called to a plain, clean, old man, with white locks, 'Pray, Father Abraham, what think you of the times? Will not those heavy taxes quite ruin the country! How shall we be ever able to pay them? What would you advise us to?'----Father Abraham stood up, and replied, 'If you would have my advice, I will give it you in short; "for a word to the wise is enough," as Poor Richard says.
Page 3
"Sloth makes all things difficult, but industry all easy; and he that riseth late, must trot all day, and shall scarce overtake his business at night; while laziness travels so slowly, that poverty soon overtakes him.
Page 4
" [Illustration] 'Methinks I hear some of you say, "Must a man afford himself no leisure?" I will tell thee, my friend, what Poor Richard says, "Employ thy time well, if thou meanest to gain leisure; and, since thou art not sure of a minute, throw not away an hour.
Page 5
III.
Page 6
You expect they will be sold cheap, and, perhaps, they may for less than they cost; but, if you have no occasion for them, they must be dear to you.
Page 7
" [Illustration: Published by W.
Page 8
yet you are about to put yourself under that tyranny, when you run in debt for such dress! Your creditor has authority, at his pleasure, to deprive you of your liberty, by confining you in gaol for life, or by selling you for a servant, if you should not be able to pay him.
Page 9
' * * * * * Thus the old gentleman ended his harangue.