Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

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ces expériences ne changent
rien dans la pratique, il, en est tout autrement pour la théorie, nous
sommes maintenant aussi embarrassés à trouver une hypothèse pour
expliquer par quels moyens les nuages deviennent électrisés
négativement, que nous l'étions précédemment à montrer comment ils le
devenoient positivement.

Je ne sçaurois m'empêcher de hazarder quelques conjectures sur ce sujet;
voici celles qui s'offrent à présent à mon esprit; & quand même de
nouvelles découvertes montreroient qu'elles ne sont pas tout-à-fait
justes, elles pourroient, en attendant, être de quelque utilité, en
excitant les curieux à faire davantage d'expériences, & en donnant
occasion à des recherches plus exactes.

Je conçois donc que ce globe de terre & d'eau avec ses plantes, ses
animaux & ses bâtimens contient une quantité de fluide électrique
répanduë dans sa substance, précisément aussi grande qu'il en peut
contenir; c'est ce que j'appelle la quantité naturelle.

Que cette quantité naturelle n'est pas la même dans toutes les espèces
de matière commune sous des dimensions égales, ni dans la même espèce de
matière commune dans toutes les circonstances. Mais un pied cube v. g.
d'une sorte de matière commune, peut contenir plus de fluide électrique
qu'un pied cube de quelqu'autre matière commune & une livre de la même
espèce de matière commune, quand elle est raréfiée, peut en contenir
plus que quand elle est condensée.

Car le fluide électrique étant attiré par quelque portion de matière
commune, les parties de ce fluide (qui ont entr'elles une mutuelle
répulsion,) s'approchent tellement l'une de l'autre par l'attraction de
la matière commune qui les absorbe, que leur répulsion est égale à la
force condensante de l'attraction dans la matière commune: ainsi cette
portion de matière commune n'en absorbera pas davantage.

Les corps de différentes espèces ayant ainsi attiré & absorbé ce que
j'appelle leur quantité naturelle, c'est-à-dire précisément autant de
fluide électrique qu'il convient à leur état de densité, de raréfaction
& au pouvoir d'attirer, ne donnent plus entre eux aucun signe
d'électricité.

Et si l'on charge un de ces corps d'une plus grande quantité de fluide
électrique, elle n'y entre pas, mais elle se répand sur la surface & y
forme une atmosphère, & alors ce corps donne des signes d'électricité.

J'ai comparé dans un de mes écrits précédens la matière commune à une
éponge & le fluide électrique à l'eau; on voudra bien me permettre de me
servir encore une fois de la même comparaison pour éclaircir davantage
ma pensée sur ce sujet.

Quand on condense un peu une éponge, en la pressant entre les doigts,
elle ne prend & ne garde pas autant d'eau que dans son état le plus
naturel de relâchement &

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On trouva bientôt le moyen d'en rendre l'appareil plus simple & plus commode; au lieu de suspendre la verge de fer près du globe & à la même hauteur, on la tient plus élevée, & on laisse pendre de son extrémité voisine du globe une bande de métal bien mince ou un fil de fer qui touche l'équateur du globe pendant qu'il tourne sur son axe & qu'il est frotté.
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Comme il ne peut plus être poussé de feu électrique au dedans de la bouteille, lorsque tout celui du dehors est épuisé; de même dans une bouteille non encore électrisée, on ne sauroit en pousser dans le dedans, lorsqu'il n'en peut sortir du dehors: ce qui arrive ou quand le fond est trop épais, ou quand la bouteille est placée sur un corps originairement électrique.
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pouces de diamètre; mais il se trouva un peu trop dur, ayant trop d'épaisseur de verre.
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Il est cependant très-certain que dès-que le coussin est épuisé on ne tire pas la moindre étincelle des conducteurs: tirez, s'il vous plaît, la conséquence vous-même, & ne refusez plus de la recevoir.
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Franklin que, si l'on approche l'un de l'autre les crochets des deux bouteilles également chargées, il n'en résultera ni étincelle, ni choc: _Ho! voilà_, s'écrie M.
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41.
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Mais cette roue, ainsi que celles qui sont poussées par le vent, l'eau ou les poids, reçoit son mouvement d'une force étrangère, à sçavoir celle des bouteilles.
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tous les autres phénomènes qui se sont présentés à nous, & qui concernent le verre & l'électricité sont, si je ne me trompe, expliqués avec une égale facilité par la même hypothèse; elle peut bien néanmoins n'être pas vraye, & je serai fort obligé à quiconque m'en fournira une meilleure.
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77.
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Cette première opinion a été plus approfondie par MM.
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5°.
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Car en 1750.
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Kinnersley, imprimée depuis à Londres,) que le globe de verre électrise positivement, je conclus que les nuages sont toujours électrisés négativement, ou contiennent toujours moins que leur quantité naturelle de fluide électrique.
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le Roy de l'Académie des Sciences, dont nous avons déjà parlé, avoit aussi conjecturé long-tems avant d'avoir été informé des nouvelles découvertes faites en Amérique, que l'électricité des nuages devoit être négative: voici comme il s'en explique à la fin d'un mémoire qu'il lût à l'Académie le 9.
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état négatif d'électricité par rapport à la terre selon la plûpart de nos expériences; cependant comme dans l'une nous avons trouvé un nuage électrisé positivement, je conjecture que dans ce cas un pareil nuage, après avoir reçu ce qui, dans son état de raréfaction, étoit seulement sa quantité naturelle se trouva comprimé par l'action des vents ou de quelqu'autre manière, ensorte qu'une partie de ce qu'il avoit absorbé, fut chassée, & forma une atmosphère électrique autour de lui dans son état de condensation.
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Pour les représenter par une expérience, prenez deux ou trois floccons de coton non serré; attachez-en un au premier conducteur par un fil fin de deux pouces, (qui peut être filé sur le champ du même floccon avec les doigts,) liez-en un autre à celui-ci, un troisiéme au second par de semblables fils.
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_Troisiéme Exp.
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_Cinquiéme Expér.
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L'aurore boréale n'est-elle point l'élancement du feu électrique des nuages positifs aux négatifs à une grande distance dans la partie supérieure de l'atmosphère où la résistance est moindre? APPENDIX.
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pieds au-dessous de la cloche.