Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

Page 138

d'un nuage de tonnerre, verra qu'il est
très-désuni, ayant nombre de fragmens séparés ou de petits nuages l'un
sous l'autre, le plus bas étant souvent fort peu éloigné de la terre.
Ceux-ci, comme autant de pierres marchantes, servent à conduire un coup
entre le nuage & un bâtiment. Pour les représenter par une expérience,
prenez deux ou trois floccons de coton non serré; attachez-en un au
premier conducteur par un fil fin de deux pouces, (qui peut être filé
sur le champ du même floccon avec les doigts,) liez-en un autre à
celui-ci, un troisiéme au second par de semblables fils. Faites tourner
le globe, & vous verrez ces floccons s'étendre vers la table (comme les
petits nuages les plus bas font vers la terre,) qui les attire: mais en
présentant une fine pointe dressée sous le plus bas, il se resserrera
vers le second, le second vers le premier, & tous ensemble vers le
premier conducteur, où ils resteront autant de tems que la pointe
restera sous eux. Les petits nuages électrisés dont l'équilibre avec la
terre est bien vîte rétabli par la pointe, ne peuvent-ils pas de la même
manière s'élever vers le principal, & par ce moyen occasionner un si
grand vuide que le grand nuage ne puisse frapper dans cet endroit?

Ces pensées, mon cher ami, ne sont que hazardées & ébauchées; si j'étois
simplement ambitieux de me faire quelque réputation dans la philosophie,
je les garderois par devers moi jusqu'à ce qu'elles fussent
perfectionnées & rectifiées par le tems & par de nouvelles expériences.
Mais puisque la communication des moindres vûes & des expériences
imparfaites dans une nouvelle branche de science a souvent produit de
bons effets en attirant sur cet objet l'attention des personnes de
génie, & a donné par là occasion à des recherches plus exactes & à des
découvertes plus complettes. Vous êtes le maître de communiquer cet
écrit à qui bon vous semblera; il est plus important que les
connoissances s'augmentent qu'il ne l'est que votre ami soit regardé
comme un philosophe exact.




_LETTRE XIII.

De B. FRANKLIN, Écuyer de Philadelphie.

À P. Collinson, Écuyer, membre de la Société Royale à Londres._


_18. Avril 1774._

MONSIEUR,

Depuis le mois de Septembre dernier ayant fait deux longs voyages, &
ayant eu d'ailleurs beaucoup d'occupations, je n'ai guères fait
d'observations sur l'état positif & négatif de l'électricité des nuages;
mais Mr. Kinnersley a tenu en bon état sa verge & ses timbres & en a
fait beaucoup.

Un jour pendant cet hyver, les timbres sonnèrent long-tems pendant une
chûte de neiges, quoique l'on n'entendît point de tonnerre & qu'on ne
vît point d'éclairs; quelquefois les

Last Page Next Page

Text Comparison with Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

Page 2
Mais lorsqu'en 1733, je retournai à Boston, je trouvai que cette innovation avoit réussi et étoit devenue fort à la mode.
Page 12
dans votre lettre du 8 juin, à la nouvelle méthode de traiter la petite vérole; et je saisis cette occasion, pour vous faire part de l'usage que j'ai moi-même adopté.
Page 14
Mais puisque très-probablement nous vivons dans un temps où les sciences sont encore trop dans l'enfance, pour voir un tel art porté à sa perfection, il faut que je me contente du plaisir, que vous me promettez, de voir ressusciter un poulet ou un coq d'Inde.
Page 15
Mais comme ils versent cette eau dans des auges inclinées, elle court du côté qui est le plus profond; alors les poules sont obligées de monter les unes sur les autres pour en attraper un peu, et il y en a quelques-unes qui ne peuvent pas même y tremper leur bec: dévorées de soif et éprouvant continuellement le tourment de Tantale, elles ne peuvent pas digérer la nourriture très-sèche qu'elles ont pris, et bientôt elles sont malades et périssent.
Page 21
Mais si au lieu d'employer un homme à faire des briques, je le fais jouer du violon pour m'amuser, le bled qu'il consomme s'en va, et aucune partie de son travail ne reste dans ma famille pour augmenter nos richesses et les choses qui nous sont agréables.
Page 59
Par ce moyen beaucoup de pauvres parens ont, à leur arrivée en Amérique, ramassé assez d'argent, pour acheter des terres, s'y établir, et subsister, en les cultivant avec le reste de leur famille.
Page 61
Une telle assemblée peut-elle donc produire rien de parfait? Non sans doute, Mr.
Page 64
La coutume qu'on a d'exercer les enfans à lire haut ce qu'ils n'entendent pas, occasionne cette manière monotone qui est si commune parmi les lecteurs; et lorsqu'on s'y est une fois accoutumé, il est très-difficile de s'en corriger.
Page 65
Mais former leur style et être attentif à ce qu'ils ponctuent bien et emploient à propos les lettres capitales, est du devoir du maître d'anglais.
Page 66
CINQUIÈME CLASSE.
Page 67
Le meilleur prix sera donné à l'élève qui excellera; le second, à celui qui viendra immédiatement après, et le troisième, au suivant.
Page 75
Evans, ne résista avec autant de courage et de fermeté que celle des Schawanesses; et quoiqu'elle ait été quelque temps dispersée, elle s'est encore rassemblée sur les bords de l'Ohio, et y vit sous la domination des confédérés.
Page 79
«Les Cherokées n'ont jamais prétendu à la possession du pays situé au midi du grand Kenhawa.
Page 92
Si l'on considère que ce prix de charroi étoit établi en temps de guerre, et lorsqu'il n'y avoit point d'habitans sur l'Ohio, nous ne doutons point que tout homme intelligent ne conçoive qu'il est aujourd'hui beaucoup moindre que ce qu'on paie journellement à Londres, pour le transport des grosses étoffes de laine, de la quincaillerie et des ustensiles de fer qu'on y envoie de plusieurs comtés d'Angleterre.
Page 95
L'extension graduelle des établissemens sur le même territoire étant proportionnée à la population, entretient les rapports d'un commerce avantageux entre la Grande-Bretagne et ses possessions les plus éloignées; rapports qui ne peuvent exister dans des colonies séparées par des déserts immenses.
Page 103
»Vos anglais aiment beaucoup nos riches terres.
Page 112
Ils pensent, au contraire, que leurs entreprises et leurs travaux leur auroient mérité ces droits, s'ils avoient été auparavant dans un état d'esclavage.
Page 117
Votre Excellence se rappelle, peut-être, les larmes de joie qui coulèrent de mes yeux chez votre soeur, à Londres, lorsque vous me fîtes espérer qu'une réconciliation, entre l'Angleterre et les colonies, pourroit bientôt avoir lieu.
Page 124
On peut dire qu'elle doit déjà.
Page 146
que j'y devois employer, et j'en ai encore quelques-unes; mais l'attention particulière qu'il m'a fallu donner, dans les premières années de ma vie, à mes affaires personnelles, et, depuis, aux affaires publiques, m'ont obligé de le remettre à d'autre temps; et, comme il est lié, dans mon esprit, avec un grand et vaste projet, dont l'exécution demande un homme tout entier, et dont une succession imprévue d'emplois m'a empêché de m'occuper jusqu'à présent, il est resté imparfait.