Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

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B, dont la surface extérieure est fournie par la main en A:
je donne le feu à la seconde bouteille en C, dont la surface intérieure
est déchargée par la main en D. Cette décharge en D peut être renduë
sensible en recevant ce feu dans le crochet d'une troisiéme bouteille,
ce qui s'exécute ainsi: au lieu de prendre le crochet de la seconde
bouteille dans votre main, faites passer au travers le fil-d'archal
d'une troisiéme bouteille préparée comme pour l'expérience de Leyde, &
tenez cette troisiéme bouteille dans votre main, la seconde y étant
penduë par les bouts des crochets, passés l'un dans l'autre: quand
l'expérience est achevée, cette troisiéme bouteille reçoit le feu en D,
& elle sera chargée. Si l'on considère cette expérience, elle doit, je
pense, prouver parfaitement que la surface extérieure d'une bouteille
chargée manque de matière électrique, pendant que l'intérieure en a un
excès. Quelque chose de plus, qui est digne de remarque dans cette
expérience, c'est que je ne sens ni commotion ni choc dans mes bras,
quoiqu'ils soient dans un instant traversés d'une si grande quantité de
matière électrique; je ne sens qu'une piqûre aux bouts de mes doigts.
Cela me fait penser que l'Abbé se trompe quand il dit qu'il n'y a point
de différence entre le choc senti en faisant l'expérience de Leyde & la
piqûre sentie en tirant de simples étincelles, si ce n'est du plus au
moins. Dans la dernière expérience il passe à travers mes bras autant de
matière électrique que m'en auroit donné un coup très-considérable, s'il
y avoit eu une communication immédiate, par mes bras, du crochet à la
doublure de la même bouteille; parce que quand elle fut prise dans une
troisiéme bouteille, & que cette bouteille fut déchargée en particulier
à travers mes bras, elle me donna un coup sensible. Si ces expériences
prouvent que la matière électrique ne passe pas à travers l'entière
épaisseur du verre, il est d'une conséquence nécessaire qu'elle doit
toujours sortir par où elle est entrée.

Ce qui s'est ensuite présenté, c'est dans la cinquiéme lettre _pag. 88._
où il différe de M. Franklin, qui pense que tout le pouvoir de donner le
coup réside dans le verre même & non dans les corps non-électriques qui
le touchent. Les expériences que Mr. Franklin a données pour prouver
cette opinion dans ses expériences & observations sur l'électricité,
lettre 4. §. 50. & 51. m'ont convaincu qu'il avoit raison; & ce que
l'Abbé a assuré de contraire ne m'a pas fait penser autrement. L'Abbé
s'appercevant, comme je le suppose, que les expériences, comme M.
Franklin les avoit

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BENJAMIN FRANKLIN; & communiquées dans plusieurs Lettres à M.
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J'avois employé pour me procurer le puissant dégré d'électricité nécessaire, une bouteille de verre blanc & mince tenant environ deux pintes dont j'avois fait argenter extérieurement le fond jusqu'au milieu de sa hauteur, & j'y avois mis à peu près quinze livres de menu plomb bien sec.
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Quoi qu'il en soit, il parle de cette vertu comme d'une chose que l'on connoissoit de tout tems.
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Gray vint depuis à bout de transmettre l'électricité à une distance de sept cens pieds.
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OPINIONS ET CONJECTURES _Sur les propriétés & sur les effets de la matière électrique qui résultent des Expériences & observations faites à Philadelphie.
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Ces connoissances sont agréables à la vérité, mais sans elles nous pouvons garantir notre porcelaine.
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Observez, avant le coup, de le faire toucher par quelqu'un qui soit debout sur le plancher, afin de rétablir l'équilibre dans son corps; car en empoignant le bas de la bouteille, il devient quelquefois un peu électrisé _négativement_, ce qui continuë après le coup, de même qu'il conserveroit l'électricité _positive_, qui pourroit lui avoir été communiquée avant le coup; car le rétablissement de l'équilibre dans la bouteille n'affecte point du tout l'électricité dans l'homme que le feu traverse; cette électricité n'est ni augmentée ni diminuée.
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D'où il résulte que les corps qui ont moins que la quantité commune d'électricité, se repoussent l'un l'autre, aussi bien que ceux qui en ont plus.
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J'ai aussi senti le feu électrique lorsqu'il avoit traversé l'or, l'argent, le cuivre, le plomb, le fer, le bois & le corps humain, sans y appercevoir aucune différence: l'odeur est toujours la même lorsque l'étincelle ne brûle pas ce qu'elle frappe, c'est pourquoi j'imagine qu'elle ne prend son odeur d'aucune qualité des corps qu'elle traverse, & en effet comme cette odeur abandonne si rapidement la matière électrique & s'attache au revers du doigt.
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pouces plus ou moins, suivant la quantité d'électricité.
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3°.
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Juin & le 4.
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Cela me fait penser que l'Abbé se trompe quand il dit qu'il n'y a point de différence entre le choc senti en faisant l'expérience de Leyde & la piqûre sentie en tirant de simples étincelles, si ce n'est du plus au moins.
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Si le tube mince est électrisé par la cire ou par le crochet d'une bouteille chargée, les boules seront affectées de la même manière à l'approche de la cire frottée ou du crochet de la bouteille.
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de Novembre; c'étoit le vingt-sixiéme jour & la soixante-uniéme fois qu'il avoit été électrisé depuis qu'il avoit été élevé, c'est-à-dire vers le milieu de Mai, & comme le thermomètre de Fahrenheit n'étoit que de sept degrés au-dessus de la congélation, on présume que l'hyver n'interrompra pas entièrement les opérations de cette sorte.
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_Expansion_ égale de la matière électrique dans la totalité d'une masse, I.