Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

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faciliter la décharge de la bouteille.

Je trouve qu'une boule de liége suspenduë entre deux bouteilles, l'une
chargée en plein & l'autre médiocrement, ne jouë pas entre elles, mais
qu'elle s'arrête dans une situation qui fait un triangle avec les
crochets des bouteilles, quoique l'Abbé ait assuré le contraire, _pag.
101._ pour rendre raison du jeu d'une boule de liége entre le
fil-d'archal enfoncé dans la bouteille & un autre qui s'élève de sa
doublure. La bouteille qui est moins chargée doit avoir reçu plus de
matière électrique, eu égard à sa grosseur, que la boule de liége n'en
reçoit du crochet de la bouteille pleine.

L'Abbé dit, _pag. 103._ qu'un morceau de feüille de métal pendu à un fil
de soye & électrisé sera repoussé par le fond d'une bouteille chargée &
tenuë en l'air par son crochet. Je le trouve constamment tout autrement;
dans mes mains il est toujours attiré d'abord & ensuite repoussé: en
chargeant la feüille il faut avoir soin d'empêcher qu'elle ne se porte
vers quelque corps non-électrique, & que par ce moyen elle ne se
décharge, tandis que vous la croyez chargée. Il est difficile de
l'empêcher de se porter vers votre poignet ou vers quelque partie de
votre corps.

_Pag. 108._ l'Abbé dit qu'il n'est pas impossible, comme M. Franklin le
prétend, de charger une bouteille pendant qu'il y a une communication
établie entre sa doublure & son crochet. J'ai toujours trouvé impossible
de charger une pareille bouteille au point de donner un coup; à la
vérité, si elle est suspenduë au conducteur sans communication avec lui,
vous pouvez en tirer une étincelle comme de tout autre corps qui y
seroit suspendu; mais cela est bien différent d'être chargée au point de
donner une commotion. Pour rendre raison du peu de matière électrique
qui se trouve dans la bouteille, l'Abbé dit qu'elle suit plutôt le métal
que le verre & qu'elle est chassée de la doublure de la bouteille dans
l'air. J'admire que la même chose n'arrive pas aussi quand elle passe au
travers du verre & qu'elle en charge la surface extérieure suivant le
systême de l'Abbé.

Je regarde les objections de l'Abbé contre les deux dernières
expériences de Mr. Franklin, comme peu solides: il paroît assurément
très-embarrassé sur ce qu'il doit dire, c'est pourquoi il accuse M.
Franklin d'avoir tenue secrette la partie importante de l'expérience.
C'est une petitesse dont on ne doit pas charger un galant homme qui n'a
pas marqué tant de partialité que l'Abbé dans la relation de ses
expériences.




_LETTRE XV._

_Expériences électriques avec un essai pour rendre raison de leurs
différens phénomènes, & quelques observations sur les

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Text Comparison with Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

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VIE .
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Preux chevalier, juge très-équitable, Franc, généreux, compatissant, humain, Tendant au pauvre une main secourable, Par ses conseils éclairant l'incertain, Il eut le don de plaire: il fut enfin, Toujours aimé, comme toujours aimable.
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Je vais vous citer un fait qui, quoiqu'il ne soit pas fondé sur la justice, prouve que j'ai eu de bonne heure des dispositions pour les entreprises publiques.
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Ces ballades n'étoient que des chansons d'aveugle, des vers misérables.
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Mon frère profitant du moment où ses amis vinrent le voir suivant leur coutume, leur communiqua cet écrit.
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Il me donna alors trois grosses miches.
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Ils me déplaisoient l'un et l'autre.
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Cette femme, déjà avancée en âge, étoit née d'un ministre protestant, qui l'avoit élevée dans sa religion.
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Nous n'hésitons point à lui faire honneur de cette découverte, quoique les Anglais l'aient attribuée à leur compatriote Watson.
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D'après son plan, les statuts du collége furent dressés et signés le 13 novembre 1749; et on y nomma, en qualité de curateurs, vingt-quatre des plus respectables citoyens de Philadelphie.
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«Comme je vous ai écrit, mon cher Monsieur, une très-longue lettre, par la voie de Bristol, je n'ai maintenant que peu de choses à vous dire.
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Collinson m'écrit qu'il n'épargnera pas ses soins à cet égard.
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L'appréhension même d'un danger commun ne suffisoit pas pour les réconcilier un moment.
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L'année suivante[50], il se rendit en France, où il ne fut pas accueilli d'une manière moins distinguée,.
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On en fit passer aussi en Angleterre, des copies certifiées, avec une adresse au roi, pour le prier de rappeler des hommes qui étoient devenus odieux au peuple, en se montrant si indignement opposés à ses intérêts.
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Les affaires politiques n'étoient pas l'unique objet des occupations de Franklin.
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On doit aussi espérer qu'aucune partie de la somme ne restera jamais oisive, ni ne sera employée à d'autre objet que celui de sa destination première; mais bien qu'elle augmentera continuellement.
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B.
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Mais le reste me frappa tellement, que durant toute ma vie, il a influé sur ma conduite.
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J'espère que ce petit avis ne leur sera point inutile et les engagera à renoncer à un penchant qui, quoique dicté par l'imagination, a des conséquences très-sérieuses dans le cours de la vie, et cause des chagrins et des malheurs réels.