Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

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avec jugement, & les conséquences qu'il en déduit sont
évidentes, & décisives, quoique proposées quelquefois sous les termes
modestes d'hypothèses, & de conjectures._

_En effet la scène qu'il ouvre à nos regards, nous surprend
agréablement, tandis qu'il nous mène par un enchaînement de faits, & de
réfléxions judicieuses à une cause probable des phénomènes les plus
terribles & qui ont été expliqués jusqu'ici avec le moins de
vraisemblance._

_Il nous découvre une matière invisible, subtile, répanduë dans toute la
nature en différentes proportions, qui avoit échappé à nos observations,
& qui est incapable de nuire lorsque tous les corps auxquels elle est
adhérente, en sont également chargés. Il prouve néanmoins que si par
quelque moyen que ce soit, il s'en fait une distribution inégale, s'il y
a accumulation sur une partie de l'espace, & qu'il y ait sur l'autre une
moindre proportion, un vuide, un épuisement, à l'approche immédiate d'un
corps capable de conduire la partie accumulée à l'espace altéré, cette
matière devient peut-être l'agent le plus formidable, & le plus
irrésistible qui soit dans l'univers. Les animaux en sont subitement
frappés à mort: les corps impénétrables à la plus grande force que nous
connoissions, en sont criblés, & les métaux fondus en un instant._

_Les effets analogues de la foudre & de l'électricité ont conduit notre
auteur à avancer quelques conjectures fort vraisemblables sur la cause
du tonnerre, & à proposer en même tems quelques expériences raisonnées
pour nous préserver de ses effets pernicieux & garantir les choses qui
sont le plus exposées à en ressentir les atteintes: circonstance
assurément très-importante pour le public & digne par conséquent de la
plus sérieuse attention._

_Il étoit passé en mode depuis quelque tems d'attribuer à l'électricité
toutes les grandes & extraordinaires opérations de la nature; telles que
la foudre & les tremblemens de terre; ce n'est pas (comme on pourroit se
l'imaginer par la manière dont on raisonne sur ces événemens) que les
auteurs de ces systèmes eussent découvert quelque connéxion entre la
cause & l'effet, ou donné la raison de leur dépendance réciproque, mais
seulement (à ce qu'il paroit) parce qu'ils ne connoissoient aucun autre
agent dont la liaison avec les effets ne pût être positivement démontrée
impossible._

_Mais le lecteur sera pleinement satisfait sur ces circonstances, & sur
plusieurs autres non moins intéressantes, par la lecture des lettres qui
suivent, & auxquelles l'Éditeur n'hésite point de le renvoyer avec
confiance._




APPROBATION.

J'ai lû par l'ordre de Monseigneur le Chancelier, un Ouvrage intitulé:
_Expériences & Observations sur l'Électricité faites à Philadelphie en
Amérique par M. Benjamin Franklin, &c. traduites de l'Anglois par M.
D'Alibard; deuxiéme édition, &c._ & je n'y ai rien trouvé qui

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Text Comparison with Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

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_ Paris, ce 5 Prairial, l'an 6e de la République Française.
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DE BENJAMIN FRANKLIN.
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Enfin, mon père résolut de me faire apprendre le métier de coutelier; et il me mit pour quelques jours en essai chez Samuel Franklin, fils de mon oncle Benjamin.
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J'eus alors occasion de me procurer de meilleurs livres.
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Mais pour assurer mon service à mon frère, on décida, en même-temps, que je signerois un nouveau contrat, qui seroit tenu secret durant le reste du terme.
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Collins l'accepta, et prit congé de moi, en me promettant de me faire payer ce qu'il me devoit, avec le premier argent qu'il pourroit toucher: mais je n'ai plus entendu parler de lui.
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L'imprimerie de Watts, près de Lincoln's-Inn-Fields, étant plus considérable que celle où je travaillois, je crus qu'il me seroit plus avantageux d'y entrer.
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C'est ainsi que ces pauvres diables restent volontairement toute leur vie dans la pénurie et dans le malheur.
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Mais mon ami Ralph m'avoit tenu dans la pauvreté.
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Nous n'exécutâmes pas cet ouvrage d'une manière supérieure, attendu qu'il étoit à très-bas prix.
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C'est là qu'il fit connoître la propriété qu'ont toutes les pointes, d'attirer et d'écarter la matière électrique, propriété qui avoit jusqu'alors échappé à la sagacité des physiciens.
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Dalibard qui, le premier, fit des expériences en France, avoue qu'il n'a fait que suivre les procédés que Franklin avoit indiqués.
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«J'ai reçu, Monsieur, votre lettre du 11 courant, ainsi que votre nouvel écrit[34] sur l'éducation.
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La douceur des sons, que rendoient ces verres, engagea Franklin à s'en occuper, et il produisit, enfin, cet élégant instrument, auquel on a donné le nom d'_harmonica_.
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Si cet usage eût été maintenu, les colonies de l'Amérique septentrionale étoient si bien disposées pour la métropole, que malgré les désavantages que leur fesoit éprouver les entraves mises à leur commerce, et toute la faveur accordée à celui des Anglais, une séparation entre les deux pays eût, sans doute, été encore très-éloignée.
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Les infirmités de Franklin augmentant, il lui devint impossible d'assister régulièrement au conseil; et en 1788, il renonça totalement aux affaires publiques.
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Si les deux villes refusent la somme que je leur offre, elle restera dans la masse de mes biens, et l'on en disposera conformément à mon testament du 17 juillet 1788.
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--«_Certes, ai-je dit, celui-ci paye trop cher son sifflet.
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L'eau bouillante ne devient pas plus chaude par une longue ébullition, si les parties qui reçoivent une plus grande chaleur peuvent s'évaporer; de même les corps vivans ne se putréfient point, si les parties putrides en sont exhalées à mesure qu'elles le deviennent.
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Personne ne peut être plus sûr d'aucun autre fait.