Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

Page 4

appelle cette augmentation
électricité _positive_; l'autre en diminuant l'électricité naturelle; il
nomme celle-ci _négative_. De là sont venus les termes nouveaux
électriser _en plus_, électriser _en moins_, dont les significations
répondent assez bien à celles qu'ils ont dans l'algèbre.

L'analyse de la bouteille électrique à achevé de confirmer M. Franklin
dans l'opinion où il étoit dès auparavant que l'électricité dans cette
bouteille est attachée au verre précisément comme verre, & que les corps
non-électriques qu'on y ajoute ne servent que, comme l'armure d'une
pierre d'aimant, à unir les particules de la matière électrique
surabondante, & à les tenir rassemblées sur l'une des surfaces du verre,
étant toujours prêtes à s'échapper par le premier endroit où elles
trouveroient passage pour aller à l'autre. En conséquence de ces
découvertes; il a imaginé quantité d'autres expériences dont
l'enchaînement & le résultat sont la confirmation des premières &
l'apologie de son jugement. Néanmoins quelques justes que soient ses
idées, quoiqu'elles soient toutes appuyées sur des faits, l'auteur ne
les propose que comme des conjectures, & l'on verra que sa modestie est
égale à sa pénétration. Mais ce seroit s'écarter de la retenuë dont il
donne l'exemple, que de chercher à faire valoir son mérite par des
louanges dont il n'a pas besoin, & qui ne pourroient être que suspectes
de la part d'un traducteur. Il vaut mieux le laisser lire & s'en
rapporter au jugement du public.

Le pays qu'abite M. Franklin est des plus favorables pour les
expériences électriques; autant les chaleurs y sont excessives en été,
autant le froid y est rigoureux en hyver; l'on passe subitement de l'un
à l'autre sans presque s'appercevoir ni de la douceur du printems, ni de
la température de l'automne. Le vent sud ou nord amène les deux saisons
opposées; mais dans l'une & dans l'autre on y jouit presque toujours du
plus beau ciel. Les nuages épais y dérobent rarement la vûe du soleil &
des étoiles: les pluyes n'y sont jamais de longue durée, & les
brouillards y sont presque inconnus. Ainsi la sécheresse du tems & la
froideur du vent du nord contribuent beaucoup à y rendre plus sensibles
la force & les effets de l'électricité. On en trouvera des preuves
incontestables dans plusieurs endroits cet ouvrage. Malgré la différence
de climat, je n'ai pas voulu publier cette traduction, sans avoir du
moins essayé de répéter les expériences qui y sont rapportées; après
avoir parfaitement réussi à faire celles que j'ai jugées les plus
intéressantes & les plus difficiles dans l'exécution, quelques-unes
m'ont paru mériter que j'en fisse hommage à l'Académie Royale des
Sciences. Je lui rendis compte le 22. Décembre 1751. de

Last Page Next Page

Text Comparison with Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

Page 6
Quoi qu'il en soit, il parle de cette vertu comme d'une chose que l'on connoissoit de tout tems.
Page 14
Muschenbroek, & le globe est plus en sureté.
Page 15
Il n'y a presque personne qui ne sçache que la propagation du son n'est point aussi rapide que celle de la lumière.
Page 20
Il a paru dans les nouvelles publiques des années 1753.
Page 23
La plupart des Membres de cette célèbre Compagnie eurent la politesse de me faire compliment sur mon mémoire & de m'assurer que jamais il n'en avoit paru aucun qui eût été écouté avec autant d'attention ni aucune expérience dont le rapport eût donné autant de satisfaction; elle prit dès-lors le nom du lieu de sa naissance, & un Physicien des plus renommés vaincu par des observations générales ne put s'empêcher de publier quelque tems après que l'expérience de Marly-la-Ville, de même que celle de Leyde, feroit époque dans l'histoire de l'électricité.
Page 36
pouces ou plus de distance; tandis que l'aiguille est ainsi présentée, le conducteur ne sauroit être chargé, la pointe tirant le feu aussi promptement qu'il est poussé par le globe électrique: chargez-le, & présentez alors la pointe à la même distance, & il sera déchargé en un instant.
Page 44
P.
Page 50
.
Page 60
Lorsqu'une bouteille est chargée par la voye ordinaire, ses surfaces intérieure & extérieure sont prêtes, l'une à donner le feu par le crochet, l'autre à le recevoir par le côté: l'une est pleine, & disposée à pousser, l'autre est vuide, & extrêmement affamée; & cependant comme la premiere ne chassera point, que l'autre ne puisse au même instant recevoir, de même la dernière ne recevra point, que la première ne puisse donner au même instant; lorsque l'un & l'autre peut se faire en même-tems, cela se fait avec une vitesse & une violence inconcevables.
Page 67
Maintenant si le portrait est électrisé modérément, & qu'une autre personne empoigne le cadre d'une main, de sorte que ses doigts touchent la dorure postérieure, & que de l'autre main.
Page 73
_29.
Page 84
Cette différence entre la lumière du feu & la lumière du Soleil est une autre découverte qui nous semble nouvelle & extraordinaire.
Page 100
que l'angle d'en haut soit un angle droit, les deux suivans des angles obtus, & le plus bas un angle fort aigu, & amenez cet or sur votre lame, qui est sous la lame électrisée, de manière que la partie coupée à angle droit puisse être d'abord élevée, ce qui se fait en couvrant la partie aiguë avec le creux de la main, & vous verrez la feüille prendre place beaucoup plus près de la lame supérieure que de la lame inférieure, parce que sans être plus près, elle ne peut recevoir aussi promptement à la pointe de son angle droit, qu'elle peut décharger à la pointe de son angle aigu.
Page 105
Comme les courans d'air avec les nuages suivant des routes différentes, il est aisé de concevoir comment les nuages passant les uns sous les autres peuvent s'attirer réciproquement & s'approcher suffisamment pour le choc électrique.
Page 111
L'envie de vous obliger & la curiosité m'ont tiré de mon fauteüil, où j'étois occupé à lire: je suis allé chez Coiffier, qui déjà m'avoit dépêché un enfant que j'ai rencontré en chemin pour me prier de venir, j'ai doublé le pas à travers un torrent de grêle.
Page 118
Franklin à qui j'ai communiqué cette observation, m'a répondu que n'ayant pas eu le tems de répéter plusieurs fois cette expérience, il n'avoit pû l'approfondir, & que delà il pouvoit être arrivé que ses observations à cet égard ne fussent pas tout-à-fait justes.
Page 135
de les considérer en particulier dans la vûe d'en découvrir la direction.
Page 141
Suspendez une boule de liége ou une plume avec un fil de soye & électrisez-la; ensuite approchez cette boule de quelque corps fixe, & elle semblera attirée par ce corps, car elle volera vers lui.
Page 144
faites, devoient prouver sa proposition, les altère sans en donner aucune raison, & les fait d'une manière qui ne prouve rien.
Page 158
_Electricité_ de deux sortes, II.