Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

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feu électrique, la répulsion des particules d'air se
fortifie & s'accroît de plus en plus, & les triangles sont de beaucoup
élargis.

99. Une particule d'air peut être environnée par douze particules d'eau
d'un volume égal au sien, toutes en contact avec elle, & de plusieurs
autres ajoutées à celles-là.

100. Les particules d'air ainsi chargées seroient plus rapprochées
ensemble par l'attraction mutuelle des particules d'eau, si le feu, soit
commun, soit électrique, ne favorisoit pas leur répulsion.

101. Si l'air ainsi chargé est comprimé par des vents contraires, s'il
est poussé contre des montagnes, &c. ou condensé par la perte du feu qui
favorisoit son expansion, les triangles se resserrent: l'air avec son
eau descend comme une rosée; ou si l'eau environnant une particule
d'air, vient en contact avec l'eau qui en environne une autre, elles se
réunissent & forment une goute, ce qui nous donne la pluye.

102. Le soleil fournit, ou semble fournir le feu commun à toutes les
vapeurs qui s'élèvent tant de la terre que de la mer.

103. Ces vapeurs qui ont en elles du feu électrique & du feu commun,
sont mieux soutenuës que celles qui n'ont que du feu commun. Car lorsque
les vapeurs s'élèvent dans la région la plus froide au-dessus de la
terre, le froid, s'il diminue le feu commun, ne diminuera point le feu
électrique.

104. Delà les nuages formés par des vapeurs élevées des eaux fraîches de
la terre, des végétaux, de la terre humide, &c. déposent leur eau & plus
vîte & plus aisément, n'ayant que peu de feu électrique pour repousser
les molécules, & les tenir séparées, de sorte que la plus grande partie
de l'eau élevée de la terre est abandonnée & retombe sur la terre. Les
vents qui soufflent sur la mer sont secs. La mer ayant peu besoin de
pluye, paroîtroit-il raisonnable de priver la terre de son humidité,
pour la donner à la mer en pure perte?

105. Mais les nuages formés par les vapeurs élevées de la mer, ayant les
deux feux, & surtout une grande quantité de feu électrique soutiennent
fortement leur eau, l'élèvent à une grande hauteur, & étant agités par
les vents peuvent l'amener du milieu de l'Océan au milieu du plus vaste
continent.

»Quoique cette hypothèse du tonnerre soit contestée par M. L. N. je
n'entreprendrai point de la défendre. On ne doit la regarder que comme
les premières idées que M. Franklin a euës sur la nature de ce météore;
il ne les donne lui-même que pour des conjectures qu'il abandonnera dès
que d'autres observations lui feront connoître qu'elles sont mal
fondées. C'est cependant à ces

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Text Comparison with Benjamin Franklin and the First Balloons

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Smyth, the editor of the last and most complete edition of Franklin's Works,[1] who made careful search for the original documents.
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view of the historic and scientific interest of these letters, they are now printed exactly according to the press-copies.
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It diminished in Apparent Magnitude as it rose, till it enter'd the Clouds, when it seem'd to me scarce bigger than an Orange, and soon after became invisible, the Clouds concealing it.
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It is said the Country People who saw it fall were frightned, conceiv'd from its bounding a little, when it touched the Ground, that there was some living Animal in it, and attack'd it with Stones and Knives, so that it was much mangled; but it is now brought to Town and will be repaired.
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It carried under it a large Lanthorn with inscriptions on its sides.
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I say this in answer to your Question; for I did not indeed write them with a view of their being inserted.
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There was a vast Concourse of Gentry in the Garden, who had great Pleasure in seeing the Adventurers go off so chearfully, & applauded them by clapping &c.
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conveying Intelligence into, or out of a besieged Town, giving Signals to distant Places, or the like.
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Beings of a Rank and Nature far superior to ours have not disdained to amuse themselves with making and launching Balloons, otherwise we should never have enjoyed the Light of those glorious objects that rule our Day & Night, nor have had the Pleasure of riding round the Sun ourselves upon the.
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from whence I could well see it rise, & have an extensive View of the Region of Air thro' which, as the Wind sat, it was likely to pass.
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I hope they descended by Day-light, so as to see & avoid falling among Trees or on Houses, and that the Experiment was completed without any mischievous Accident which the Novelty of it & the want of Experience might well occasion.
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This Place is near 7 Leagues from Paris.
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_ The hand-writing is in a more flowing style than the subsequent letters.
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_ This has never been published so far as I know.
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Robert, two Brothers,"; p.