Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

By Benjamin Franklin

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conjectures que la physique est redevable
des importantes découvertes qui font autant d'honneur à leur premier
auteur qu'elles en font peu à quiconque cherche à tourner en ridicule
ceux qui sont entrés dans ses vûes.

106. Nous allons examiner présentement ce qui oblige les nuages de
l'Océan qui soutiennent leur eau avec tant de force à la déposer sur les
terres qui en manquent.

107. Si ces nuages sont poussés par des vents contre des montagnes, ces
montagnes étant moins électrisées les attirent, & dans le contact
emportent leur feu électrique; & comme elles sont froides, elles
emportent aussi leur feu commun; delà les molécules pressent vers les
montagnes, & se pressent l'une l'autre. Si l'air est peu chargé, le
nuage tombe seulement en rosée sur le sommet & sur les côtés des
montagnes; il forme des fontaines & descend dans les vallées en petits
ruisseaux, qui par leur réunion font les grands courans & les rivières.
S'il est fort chargé, le feu électrique sort tout à la fois d'un nuage
entier, & en l'abandonnant il brille comme un éclair & craque avec
violence: les particules se réunissent d'abord faute de ce feu, &
tombent en grosses ondées.

108. Lorsque le sommet des montagnes attire ainsi les nuages & tire le
feu électrique du premier nuage qui l'aborde, celui qui suit, lorsqu'il
approche du premier nuage actuellement dépouillé de son feu, lui lance
le sien, & commence à déposer son eau propre. Le premier nuage lançant
de nouveau ce feu dans les montagnes, le troisiéme nuage approchant, &
tous les autres arrivant successivement agissent de la même manière
d'aussi loin qu'ils s'étendent en arrière, ce qui peut être sur une
étendue de pays de quelques centaines de lieuës.

109. Delà les déluges de pluyes, les tonnerres, les éclairs perpétuels
sur la côte orientale des _Andes_, qui courant nord-sud & étant
prodigieusement hautes, interceptent tous les nuages amenés contre elles
de l'Océan atlantique par les vents de mer, & les obligent à déposer
leurs eaux, qui forment les rivières immenses des Amazones, de la Plata,
& d'Oroonoke, lesquelles renvoyent ces eaux dans la même mer, après
avoir fertilisé un pays d'une étenduë fort considérable.

110. Quoiqu'un pays soit uni & sans montagnes qui interceptent les
nuages électrisés, il y a cependant encore des moyens pour les obliger à
déposer leurs eaux; car si un nuage électrisé, venant de la mer,
rencontre dans l'air un nuage élevé de la terre, & par conséquent
non-électrisé, le premier lancera son feu dans le dernier, & par ce
moyen les deux nuages seront contraints de déposer subitement leurs
eaux.

111. Les particules électrisées du premier nuage

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Text Comparison with Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

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--«Mais monsieur Faulkener, dit-il, ne croyez-vous pas qu'elle seroit encore plus parfaite, si l'encre et le papier n'étoient pas tout-à-fait autant de la même couleur?»-- D'après toutes ces raisons, je désirerois que nos imprimeurs américains ne se piquassent pas d'imiter ces perfectionnemens imaginaires, et que par conséquent ils rendissent les ouvrages qui sortiront de leurs presses, plus agréables aux étrangers, et avantageux à notre commerce de librairie.
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FRANKLIN.
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Vous savez que depuis long-temps les bains froids sont employés ici comme un tonique.
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--Certes, votre raisonnement ressemble à un mensonge.
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La récolte de l'année dernière a été généralement abondante; et cependant le fermier n'a jamais vendu aussi cher ce qu'il a livré au commerce, ainsi que l'attestent les prix courans qu'on a publiés.
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Ainsi, il croit devoir donner ici quelques notions plus claires que celles qu'on a eues jusqu'à présent sur cette partie du monde, afin de prévenir l'émigration et les voyages dispendieux et infructueux de ceux à qui ne conviennent pas de pareilles entreprises.
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--Le cochon mange, boit, se promène, dort quand il veut, et vit comme un gentilhomme.
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.
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Ils les liront à des heures convenables, et continueront dans les autres classes où ils passeront.
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Quelques parties de cette île se sont enfoncées dans la mer, tandis que d'autres, qu'elle couvroit, se sont beaucoup élevées au-dessus d'elle.
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» Il nous paroît évident que le bureau du commerce et des colonies, dans le temps que lord Halifax le présidoit, pensoit que les établissemens sur les montagnes d'Allegany, n'étoient point contraires aux intérêts.
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Pour les appaiser et prévenir une calamité générale, on fit partir du fort Pitt, un détachement du quarante-deuxième régiment d'infanterie, avec.
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--Voici, en abrégé, l'état du commerce de Russie.
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Mais, quoi! le charroi d'environ soixante-dix milles, à partir des montagnes de l'Ohio, charroi dont les frais n'augmenteront pas le prix des étoffes les plus grossières de plus d'un demi-sou anglais par aune[60], changera-t-il donc l'état du commerce relativement aux colons de ces contrées? Sera-t-il, comme l'avancent les lords commissaires, «sans aucun avantage pour ce royaume?»--Les pauvres Indiens de l'Amérique septentrionale, qui habitent les parties les plus éloignées des côtes, et qui n'ont rien que ce qu'ils prennent à la chasse, sont pourtant en état de payer les toiles, les étoffes de laine, les ustensiles de fer, que leur fournissent les marchands anglais, en employant toute la fraude et les ruses que la friponnerie peut inventer pour enchérir ces marchandises.
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Certes, nous sommes persuadés que le général n'avoit alors en vue que les pays, qu'il appelle des contrées éloignées, c'est-à-dire, le détroit, le pays des Illinois, et le bas de l'Ohio; car il dit que «Ce sont des pays étrangers, dont l'éloignement ne permet de tirer ni des choses nécessaires à la marine anglaise, ni des bois et des provisions pour les îles à sucre».
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J'ajoute que ce salutaire effet aura lieu, même sans émigration, et résultera de la seule possibilité d'émigrer, au moins dans les états de l'Europe, dont les habitans ne seront pas forcés à s'expatrier par l'excès des impôts, les mauvaises loix et l'intolérance du gouvernement.
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Travail.
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Il espère que quelques-uns de ses descendans suivront cet exemple, et s'en trouveront bien.
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Cependant, si nous voulons suivre un bon conseil, il y a encore quelqu'espoir pour nous.
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l'attention que chacun doit donner à ses affaires: mais à cela, il faut ajouter la tempérance, si nous voulons être plus sûrs du succès de notre travail.