Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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les colonies à la Grande-Bretagne, en leur
accordant des représentans au parlement, j'ai réfléchi encore sur ce
sujet, et je pense qu'une telle union seroit très-agréable aux colonies,
pourvu qu'on leur accordât un nombre convenable de représentans. Il
faudroit aussi qu'on révoquât les anciens actes du parlement, qui
bornent le commerce des colonies, et empêchent qu'on n'y établisse des
manufactures. Il faudroit enfin, que les sujets de l'Angleterre, qui
habitent en-deçà de la mer, eussent, à cet égard, les mêmes droits que
ceux qui vivent dans la Grande-Bretagne, jusqu'à ce que le nouveau
parlement jugeât qu'il est de l'intérêt général de rétablir quelques-uns
ou même tous les actes prohibitifs.

En vous parlant d'un nombre convenable de représentans des colonies, je
n'imagine pas que ce nombre doive être si considérable qu'il puisse
avoir beaucoup d'influence dans le parlement; mais je pense qu'il doit
l'être assez pour faire considérer avec plus d'attention et
d'impartialité les loix qui auront rapport aux colonies; et peut-être
aussi pour contre-balancer les sentimens particuliers d'une petite
corporation ou d'une troupe d'ouvriers et de marchands, auxquels il
semble jusqu'à présent qu'on a eu plus d'égard qu'à toutes les colonies;
de sorte qu'on leur a sacrifié l'intérêt général et l'avantage de la
nation.

Je pense aussi que si les colonies étoient gouvernées par un parlement,
dans lequel elles seroient loyalement représentées, les habitans
préféreroient beaucoup ce gouvernement, à la méthode qu'on a
dernièrement essayé d'introduire par des instructions royales; parce
qu'il est bien plus conforme à la nature de la constitution anglaise et
à la liberté. Les mêmes loix, qui semblent à présent peser cruellement
sur les colonies, paroîtroient douces et faciles à exécuter, si un
parlement où il y auroit des représentants colons, les avoit jugées
conformes à l'intérêt général.

Par une telle union, les habitans de l'Angleterre et ceux des colonies
apprendroient à se regarder non plus comme appartenant à deux
communautés différentes et dont les intérêts sont opposés, mais à une
communauté qui n'a qu'un seul intérêt. J'imagine que cela donneroit plus
de force à la nation entière et diminueroit de beaucoup le danger d'une
séparation.

L'on pense, je crois, que l'intérêt général d'un état, quel qu'il soit,
est que le peuple y soit nombreux et riche; qu'il y ait assez d'hommes
pour combattre pour sa défense, et assez pour payer les impôts
nécessaires aux frais de son gouvernement; car c'est ce qui contribue à
sa sécurité et à le faire respecter des puissances étrangères. Maïs
pourvu qu'on combatte, il paroît assez indifférent que ce soit Jean ou
Thomas; et si les taxes sont bien payées, qu'importe que ce soit par
William ou par Charles?

Les manufactures de fer occupent

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--«Comme il vous plaira, dis-je».
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Cette habitude me sembloit très-mauvaise: mais mon camarade disoit que sans cette quantité de bière, il n'auroit pas assez de force pour travailler.
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.
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Il devint, par degrés, moins poli et affecta davantage le ton de maître.
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Un être de cette trempe vivoit alors à Philadelphie.
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Le temps et l'expérience démontrèrent si pleinement l'utilité du papier-monnoie, que par la suite, il n'éprouva jamais une grande contradiction; de sorte qu'il monta bientôt jusqu'à cinquante-cinq mille livres sterlings, et en l'année 1739, à quatre-vingt mille livres sterlings.
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Cependant, comme sa fortune étoit très-bornée, il cessa bientôt de croire que l'état de médecin pût lui convenir; et après avoir pris un grade et s'être rendu capable de cultiver avec succès l'art de guérir, il y renonça pour se livrer à l'étude de la jurisprudence.
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Des objets d'un genre bien différent attiroient la plus grande partie de son attention, et l'occupèrent même pendant quelques années.
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L'auteur du projet fut, en même-temps, mis à la tête de l'un et de l'autre; et depuis trente-six ans, il les dirige d'une manière très-distinguée.
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Vous me mandez que vous m'avez écrit très au long par le capitaine Davis.
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Le gouverneur témoigna, par une proclamation, combien il désapprouvoit le massacre des Indiens, offrit une récompense à ceux qui feroient connoître les auteurs de cette barbarie, et défendit qu'on portât la moindre atteinte au repos du reste de la peuplade.
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_) Il présenta les faits avec tant de force, que tous ceux qui n'étoient pas aveuglés par leurs préventions, virent aisément combien l'acte du timbre étoit dangereux.
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Franklin fut nommé, avec John Adams et Édouard Rutledge, pour se rendre auprès des commissaires et savoir jusqu'où s'étendoient leurs pouvoirs.
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FRANKLIN, imprimeur, comme la couverture d'un vieux livre, dont les feuillets sont arrachés, et la dorure et le titre effacés, gît ici, et est la pâture des vers.
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ses ancêtres, est, en quelque sorte, obligé de le transmettre à ses descendans.
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À JOHN ALLEYNE.
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Conservons notre réputation, en étant fidèles à nos engagemens; notre crédit, en payant nos dettes; et nos amis, en montrant de la sensibilité et de la reconnoissance.
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À MADAME BRILLANT.
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Il est très-mal-sain de ne pas laisser entrer dans une chambre l'air extérieur, et de rester long-temps dans un endroit clos où l'air a été plusieurs fois respiré.
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Alors les draps du lit sont plus lentement saturés avec la matière transpirable; et on peut, par conséquent, dormir plus long-temps, avant de sentir l'inquiétude qu'on éprouve lorsqu'ils ne peuvent en recevoir davantage.