Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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et enrichissent beaucoup d'anglais.
Mais il est égal pour l'Angleterre que les manufacturiers demeurent à
Birmingham ou à Sheffield, ou dans l'une et l'autre de ces villes,
pourvu qu'ils restent dans le pays, et que leurs richesses et leurs
personnes soient à ses ordres. Si l'on avoit pu dessécher par des
fossés, les sables de Goodwin, et donner, par ce moyen, à l'Angleterre
un vaste pays, qui seroit à présent couvert d'habitans, pourroit-on
croire qu'il fût juste de priver ces habitans des droits dont jouissent
tous les autres Anglais? Faudroit-il leur enlever le droit de vendre les
productions de leur canton dans les mêmes ports où iroient leurs
compatriotes, et de faire eux-mêmes leurs souliers, parce qu'un
cordonnier ou un marchand de la partie de l'île habitée avant la leur,
s'imagineroit qu'il seroit plus avantageux pour lui de les chausser et
de trafiquer avec eux. Cela seroit-il juste, quand bien même leur
terrain auroit été acquis aux frais de l'état? Cela ne seroit-il pas
encore moins juste si c'étoit par leur industrie et par leur travail que
ce terrain eût été acquis à l'Angleterre? Le tort ne paraîtroit-il pas
enfin bien plus cruel si on leur refusoit le droit d'avoir des
représentans au parlement, d'où émaneroient tous ces actes.

Je regarde les colonies comme autant de nouveaux comtés acquis à
l'Angleterre, et bien plus précieux pour elle, que si on les avoit fait
sortir du sein de la mer qui baigne ses côtes, et qu'ils fussent
adjacens à sa terre. Étant situées en différents climats, les colonies
fournissent une plus grande variété de productions et de matières pour
les manufactures de la Grande-Bretagne; et séparées d'elle par l'Océan,
elles sont cause qu'elle a bien plus de vaisseaux et de
matelots.--Puisqu'elles font partie de l'empire britannique, qui n'a
fait que s'étendre par leur moyen; et puisque la force et la richesse
des parties font la force et la richesse du tout, qu'importe-t-il à
l'état en général, qu'un marchand, un forgeron, ou un chapelier, soit
riche dans la _Vieille_ ou dans la _Nouvelle-Angleterre_?--Si
l'accroissement de la population est cause qu'on a besoin de deux
forgerons, au lieu d'un qu'on employoit auparavant, pourquoi ne veut-on
pas que le second prospère dans le nouveau pays, comme le premier dans
l'ancien? Enfin, pourquoi l'appui de l'état seroit-il accordé, avec
partialité, à moins que cette partialité ne soit en faveur de ceux qui
ont le plus de mérite? Et s'il y a quelque différence, ceux qui ont le
plus contribué à reculer les bornes de l'empire britannique, et à
accroître son commerce, sa force, ses richesses et sa population, en
exposant leur fortune et leur

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Text Comparison with The Autobiography of Benjamin Franklin

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But my dislike to the trade continuing, my father was under apprehensions that if he did not find one for me more agreeable, I should break away and get to sea, as his son Josiah had done, to his great vexation.
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The first sold wonderfully, the event being recent, having made a great noise.
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The only one before it was the Boston News-Letter.
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put toward the shore, got into a creek, landed near an old fence, with the rails of which we made a fire, the night being cold, in October, and there we remained till daylight.
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Walking down again toward the river, and, looking in the faces of people, I met a young Quaker man, whose countenance I lik'd, and, accosting him, requested he would tell me where a stranger could get lodging.
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I believe I have omitted mentioning that, in my first voyage from Boston, being becalm'd off Block Island, our people set about catching cod, and hauled up a great many.
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Many pleasant walks we four had together on Sundays into the woods, near Schuylkill, where we read to one another, and conferr'd on what we read.
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I grew convinc'd that truth, sincerity and integrity in dealings between man and man were of the utmost importance to the felicity of life; and I form'd written resolutions, which still remain in my journal book, to practice them ever while I lived.
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" This struck the rest, and we soon after had offers from one of them to supply us with stationery; but as yet we did not chuse to engage in shop business.
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"MY DEAR AND HONORED FRIEND: I have often been desirous of writing to thee, but could not be reconciled to the thought that the letter might fall into the hands of the British, lest some printer or busy-body should publish some part of the contents, and give our friend pain, and myself censure.
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I am earnestly desirous, then, my dear sir, that you should let the world into the traits of your genuine character, as civil broils may otherwise tend to disguise or traduce it.
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and { } breakfast.
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I cannot boast of much success in acquiring the reality of this virtue, but I had a good deal with regard to the appearance of it.
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In 1733 I sent one of my journeymen to Charleston, South Carolina, where a printer was wanting.
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He came over from England, when a young man, with that proprietary, and as his secretary.
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--[Marg.
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were intended to afford; giving, besides, the daily trouble of wiping them clean; and an accidental stroke on one of them would demolish it, and render it totally useless.
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"The service will be light and easy, for the army will scarce march above twelve miles per day, and the waggons and baggage-horses, as they carry those things that are absolutely necessary to the welfare of the army, must march with the army, and no faster; and are, for the army's sake, always placed where they can be most secure, whether in a march or in a camp.
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Dr.
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1748 Sells out his printing business; is appointed on the Commission of the Peace, chosen to the Common Council, and to the Assembly.