Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

Page 117

vous, le souvenir du mal que vous nous
avez fait, vous engageroit à nous accabler de la plus cruelle tyrannie,
et à employer toute sorte de moyens pour nous empêcher d'acquérir de la
force et de prospérer.

Mais Votre Excellence me parle de «la sollicitude paternelle du roi,
pour le rétablissement de l'union et d'une paix durable entre les
colonies et l'Angleterre».--Si, par la paix, vous entendez celle qui
doit avoir lieu entre deux états différens, qui sont maintenant en
guerre, et que sa majesté vous ait donné le pouvoir de traiter avec
nous, d'une telle paix, j'ose vous dire, quoique je n'y sois nullement
autorisé, que je crois que cela ne sera pas impraticable, avant que nous
ayons contracté des alliances étrangères.

Si votre nation punissoit les gouverneurs des colonies, qui ont fomenté
la discorde entr'elle et nous, rebâtissoit nos villes brûlées, et
réparoit le mieux qu'il lui seroit possible, les torts qu'elle nous a
faits, elle recouvreroit en partie notre estime, profiteroit beaucoup de
notre commerce qui s'accroît sans cesse, et se fortifieroit encore de
notre amitié. Mais je connois trop bien son orgueil et sa folie pour
croire qu'elle veuille prendre des mesures aussi salutaires. Sa manie
d'être belliqueuse et d'étendre ses conquêtes, son ambition, son désir
de dominer, sa soif d'accumuler des richesses par le monopole, sont des
causes, qui, quoiqu'elles ne la justifient point de nous avoir attaqués,
se réunissent pour dérober à ses yeux tous ses vrais intérêts, et la
poussent continuellement à entreprendre ces expéditions lointaines,
ruineuses, qui lui coûtent tant d'hommes et d'argent, et qui, à la fin,
lui seront aussi funestes que les croisades l'ont été à la plupart des
nations de l'Europe.

Je n'ai point, mylord, la vanité de croire que j'intimiderai votre
nation, en lui prédisant les effets de la guerre. Je sais, au contraire,
que cette prédiction aura le sort de toutes celles que j'ai faites en
Angleterre; c'est-à-dire, qu'on n'y croira qu'après que l'événement
l'aura vérifiée.

Long-temps animé d'un zèle sincère et infatigable, je me suis efforcé
d'empêcher qu'on ne brisât ce magnifique vase de porcelaine, l'empire
britannique! car je savois que lorsqu'il seroit une fois brisé, ses
différentes parties ne pourroient conserver la force et le prix qu'avoit
eu le tout, et qu'on ne devoit espérer de les voir jamais bien réunies.

Votre Excellence se rappelle, peut-être, les larmes de joie qui
coulèrent de mes yeux chez votre soeur, à Londres, lorsque vous me fîtes
espérer qu'une réconciliation, entre l'Angleterre et les colonies,
pourroit bientôt avoir lieu. J'ai eu le malheur de voir cet espoir déçu
et d'être traité comme l'auteur du mal que je m'efforçois de

Last Page Next Page

Text Comparison with A Book of Gems Choice selections from the writings of Benjamin Franklin

Page 18
223 The Church of Christ a Proselyting Institution 331 The Converting Power 480 The Fall of Beecher 176 The Genealogy of Christ 206 The Grand Work Before Us 3 The Ground of Union 36 The Kind of Preaching Required 82 The Knowledge Necessary Before Baptism 351 The Love of Christ Constrains 496 The Mission of Infidels 134 The Old and New Testaments 31 The Pardoning Power is Only in God 440 The Secret of Success in Preaching 322 The Shortness of Human Life .
Page 53
You have, no doubt, seen the preacher wrapped in the finest broadcloth, and a golden chain for a watch-guard, who, after a labored effort for an hour would only prove that he was a human frame, finely clad, but _no preacher_.
Page 95
We must feel the need of a great effort, to save man, maintain righteousness and restrain the world from sin, and our efforts must make men feel the necessity of such an effort.
Page 151
” “It is a fearful thing to fall into the hands of the living God.
Page 161
this one body brings us to all spiritual blessings in heavenly places in Christ Jesus.
Page 185
But here come Moody and Sankey, Whittle and Bliss, or Hammond, without ever having been tried by the _clerical standard_, or ever having passed through the regular process to holy orders, and never made clergymen at all, preaching and exercising ministerial functions.
Page 196
Do as the Supreme Authority commands, and leave the consequences with him.
Page 198
We.
Page 227
The Lord has not required the church, the preachers, or religious editors to make any decision, or to hold any particular class of opinions on the subject, nor can any man be blameless and push any such question into the kingdom of God.
Page 233
Paul and James were speaking of the faith of Christ, by which the heart is purified, “without the deeds of the law” of Moses, and both would have agreed any time, that by the deeds of the law of Moses, no man could be justified in the sight of God.
Page 236
If this is sensuous philosophy, then we are in for it.
Page 264
Nor is there a reference to a Roman Catholic.
Page 265
All others have come into existence since then, and have not one spark of authority.
Page 267
To see a beautiful young lady sit in time of preaching, and then stand in time of an invitation, with her mouth spread and a broad and supercilious grin upon her face.
Page 275
In many houses the preacher is hoisted high in a pulpit, from twenty to thirty feet from the nearest person to him, and many of his hearers fifty and sixty feet off.
Page 279
” 2.
Page 296
It is certainly a good foundation—a good creed.
Page 313
The inability to reconcile these matters may arise from our ignorance and not from the fact that they are irreconcilable.
Page 321
Repentance changes not the wrong done.
Page 328
We found it difficult to lay the book aside when we had once looked into it until we finished it.