Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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beaucoup
à l'Amérique; car ses rapports avec elle, le débouché qu'elle y a trouvé
pour ses marchandises, et qui ont fait hausser les salaires des
journaliers qui travaillent dans ses champs et dans ses manufactures,
sont au nombre des principales causes de ses richesses, et de la
puissance politique que nous lui voyons déployer.

Mais sans parler des autres avantages que peut procurer l'augmentation
des salaires, il en est un bien précieux, que cette augmentation a
produit en Angleterre: c'est celui d'y améliorer la condition de la
classe d'hommes qui n'a que ses bras pour vivre, c'est-à-dire, de la
partie la plus nombreuse de la société. Cette classe, réduite ailleurs à
la subsistance la plus étroite, est en Angleterre dans une bien
meilleure situation. Elle y obtient par son travail de quoi satisfaire
aux premiers besoins plus abondamment que dans beaucoup d'autres parties
de l'Europe; et il n'est nullement douteux que ce ne soit l'effet de
l'influence qu'a eue le commerce d'Amérique sur le taux des salaires.

Je sais qu'on peut dire que malgré l'accroissement du travail et des
denrées en Europe, et malgré l'émigration qui peut avoir lieu, les mêmes
causes dont nous avons fait mention, et qui ont tant fait baisser les
salaires, continueront d'agir, parce que ces causes sont inhérentes aux
constitutions européennes, dont la liberté et la prospérité de
l'Amérique ne corrigeront point les vices. On dira peut-être encore que
le nombre des propriétaires et des capitalistes, nombre si petit
relativement à celui des hommes qui, n'ayant ni propriétés, ni capitaux,
sont forcés de vivre de salaires, restera le même, parce que les causes
qui réunissent les propriétés et les capitaux dans ses mains, ne
changeront point, et que par conséquent il remettra, ou plutôt il
tiendra les salaires très-bas. Enfin, on peut ajouter que la tyrannie
des loix féodales, la forme des impôts, l'accroissement excessif du
revenu public, la police du commerce, auront toujours les mêmes effets
pour diminuer les salaires; et que quand même l'avantage que l'Europe
retirera, à cet égard, de l'indépendance, seroit réel, il ne pourroit
être durable.

À cela, il est aisé de faire plusieurs réponses.--J'observerai d'abord
que si ce sont les gouvernemens d'Europe qui s'opposent aux effets
salutaires que l'indépendance de l'Amérique devroit naturellement
produire chez eux, il n'en est pas moins intéressant de chercher à
déterminer quels pourroient être ces effets. Peut-être viendra-t-il des
temps plus heureux, où les vrais principes du bonheur des nations étant
mieux connus, quelque souverain sera assez éclairé, assez juste pour les
mettre en pratique.

On peut diminuer les causes qui accumulent et concentrent sans cesse les
propriétés et les richesses en un petit nombre de

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Text Comparison with Franklin's Way to Wealth; or, "Poor Richard Improved"

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_ FRONTISPIECE.
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Proprietors, W.
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Judge, then, how much I must have been gratified by an incident I am going to relate to you.
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[Illustration: Published by W.
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Handle your tools without mittens: remember, that "The cat in gloves catches no mice," as Poor Richard says.
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] [Illustration] * * * * * 'Away, then, with your expensive follies, and you will not then have so much cause to complain of hard times, heavy taxes, and chargeable families; for, "Women and wine, game and deceit, Make the wealth small, and the want great.
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" And again, "At a great pennyworth pause a while:" he means, that perhaps the cheapness is apparent only, and not real; or the bargain, by straitening thee in thy business, may do thee more harm than good.
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'But what madness it must be to run in debt for these superfluities? We are offered, by the terms of this sale, six months credit; and that, perhaps, has induced some of us to attend it, because we cannot spare the ready money, and hope now to be fine without it.
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Remember, Job suffered, and was afterwards prosperous.
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Richard says.