Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

Page 134

et colère, dans les veines duquel le sang court avec
vivacité, qui vous cherche querelle si vous marchez de travers, et ne
peut endurer une plaisanterie, un mot, un regard, qu'est-il? Quoi? Le
papier de trace assurément.

Que dites-vous de nos poëtes, tous tant qu'ils sont, bons, mauvais,
riches, pauvres, beaucoup lus, ou point lus du tout? Vous pouvez mettre
ensemble et eux, et leurs ouvrages: c'est de tous les papiers le plus
inutile[72].

Contemplez la jeune et douce vierge. Elle est belle comme une feuille de
papier blanc, que rien n'a encore souillé: l'homme heureux que le destin
favorise, peut y écrire son nom et la prendre pour sa peine.

Encore une comparaison: je n'en veux plus faire qu'une. L'homme sage,
qui méprise les petitesses, et dont les pensées, les actions, les
maximes sont à lui, et n'ont pour principe que les sentimens de son
coeur, cet homme, dis-je, est le papier-vélin, qui de tous les papiers
est le plus beau, le meilleur, le plus précieux.

[72] Il y a dans l'original, la plus pauvre de toutes les
_maculatures_. La maculature est une feuille de gros papier gris,
qui sert d'enveloppe à une rame d'autre papier. (_Note du
Traducteur._)




CONTE.


Jacques Montresor étoit un brave officier, point bigot mais très-honnête
homme. Il tomba malade. Le curé de sa paroisse croyant qu'il alloit
mourir, courut chez lui, et lui conseilla de faire sa paix avec Dieu,
afin d'être reçu en paradis.

«Je ne suis pas inquiet sur cela, lui dit Montresor; car j'ai eu, la
nuit dernière, une vision, qui m'a tout-à-fait tranquillisé».--Et
qu'est-ce que cette vision, demanda le bon curé?--«J'étois, répliqua
Montresor, à la porte du paradis, avec une foule de gens, qui vouloient
entrer. Saint-Pierre leur demanda de quelle religion ils étoient.--Je
suis catholique romain, répondit l'un.--Eh bien! entrez et prenez votre
place parmi les catholiques, lui dit Saint-Pierre.--Un autre cria qu'il
étoit de l'église anglicane.--Placez-vous avec les anglicans, répondit
le Saint.--Moi je suis quaker, dit gravement un troisième.--Entrez où
sont les quakers, fut la réponse de l'apôtre.--Enfin, il me demanda
quelle étoit ma religion.--Hélas! lui répondis-je, le pauvre Jacques
Montresor n'en a malheureusement aucune.--C'est dommage, dit
Saint-Pierre. Je ne sais où vous placer: mais entrez toujours; vous vous
mettrez où vous pourrez[73]».

[73] Voici une imitation heureuse, que le citoyen Parny a faite de ce
joli conte de Franklin.

Abandonnant la terrestre demeure,
Un jour, dit-on, six hommes vertueux,

Last Page Next Page

Text Comparison with Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

Page 8
.
Page 11
Gray, se mit aussi à travailler sur l'électricité.
Page 14
Par ce moyen on peut suspendre la bouteille à la verge de fer, en l'y accrochant, ou l'en séparer à volonté, quand elle est chargée d'électricité.
Page 21
pag.
Page 26
_Il est à propos d'avertir le Lecteur que les observations & les expériences suivantes n'ont pas été faites dans le dessein d'être données au public.
Page 39
18.
Page 47
EXPÉRIENCE IX.
Page 71
Courbez un fil-d'archal circulairement avec un tenon à chaque extrémité; appuyez-en une extrémité contre la surface inférieure de la roue, & amenez l'autre extremité à la surface supérieure, il en résultera un craquement terrible, & la force sera déchargée.
Page 74
65.
Page 77
.
Page 84
Par ces moyens la répulsion est détruite subitement.
Page 90
110.
Page 95
Si l'origine de la foudre assignée dans cette feüille est la véritable, on entendroit fort peu de tonnerre en mer, lorsque l'on seroit fort éloigné de la terre, & en effet quelques vieux Capitaines de vaisseaux que l'on a consultés sur cet article, assurent que le fait s'accorde parfaitement avec l'hypothèse.
Page 102
2.
Page 112
Pour l'odeur de soufre dont il est parlé dans la lettre, elle pourroit bien être la même que celle de phosphore que l'on sent après de violentes explosions dans certaines expériences électriques.
Page 117
Elles ont été frappées d'un coup donné en même tems par deux grandes cucurbites de verre revêtuës en dedans & en dehors de fëuilles d'étain & bien armées pour l'expérience de Leyde, & par deux gros matras dorés.
Page 125
En un mot l'endroit où paroît l'aigrette est celui d'où sort le feu, & conséquemment celui où est l'électricité positive; & l'endroit où paroît le point lumineux est celui où elle est négative.
Page 133
Le nuage ainsi chargé s'étant déchargé d'une bonne partie de ce qu'il a reçu d'abord, peut recevoir une nouvelle charge de la terre ou de quelqu'autre nuage qui aura été poussé par le vent à portée de la recevoir plus promptement de la terre.
Page 152
D'ALIBARD, à Paris.
Page 156
140-160.