Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

Page 146

de manière que mon intention d'écrire et de
publier ce commentaire, n'a jamais été remplie. De temps en temps, à la
vérité, je mettois, par écrit, de courtes notes sur les sentimens, les
raisonnemens, etc. que j'y devois employer, et j'en ai encore
quelques-unes; mais l'attention particulière qu'il m'a fallu donner,
dans les premières années de ma vie, à mes affaires personnelles, et,
depuis, aux affaires publiques, m'ont obligé de le remettre à d'autre
temps; et, comme il est lié, dans mon esprit, avec un grand et vaste
projet, dont l'exécution demande un homme tout entier, et dont une
succession imprévue d'emplois m'a empêché de m'occuper jusqu'à présent,
il est resté imparfait.

J'avois dessein de prouver, dans cet ouvrage, qu'en considérant
seulement la nature de l'homme, les actions vicieuses n'étoient pas
nuisibles, parce qu'elles étoient défendues, mais qu'elles sont
défendues, parce qu'elles sont nuisibles; qu'il est de l'intérêt, de
ceux même qui ne souhaitent que le bonheur d'ici-bas, d'être vertueux;
et, considérant qu'il y a toujours, dans le monde, beaucoup de riches
commerçans, de princes, de républiques, qui ont besoin, pour
l'administration de leurs affaires, d'agens honnêtes, et qu'ils sont
rares, j'aurais entrepris de convaincre les jeunes gens, qu'il n'y a
point de qualités plus capables de conduire un homme pauvre à la
fortune, que la probité et l'intégrité.

Ma liste des vertus n'en contenoit d'abord que douze; mais un quaker de
mes amis m'avertit, avec bonté, que je passois généralement pour être
orgueilleux; que j'en donnois souvent des preuves; que, dans la
conversation, non content d'avoir raison lorsque je disputois quelque
point, je voulois encore prouver aux autres qu'ils avoient tort; que
j'étois, de plus, insolent; ce dont il me convainquit, en m'en
rapportant différens exemples. Je résolus d'entreprendre de me guérir,
s'il étoit possible, de ce vice ou de cette folie, en même temps que des
autres, et j'ajoutai sur ma liste l'humilité.

Je ne puis pas me vanter d'un grand succès pour l'acquisition réelle de
cette vertu; mais j'ai beaucoup gagné, quant à son apparence. Je me
prescrivis la règle d'éviter de contredire directement l'opinion des
autres, et je m'interdis toute assertion positive en faveur de la
mienne. J'allai même, conformément aux anciennes loix de notre
_Junto_[75], jusqu'à m'interdire l'usage d'aucune expression qui marquât
une opinion définitivement arrêtée, comme _certainement_,
_indubitablement_, et j'adoptai, à leur place: _je conçois_, _je
soupçonne_, ou _j'imagine_ qu'une chose est ainsi, ou _il me paroît, en
ce moment, que_.--Quand quelqu'un affirmoit une chose qui me paraissoit
être une erreur, je me refusois le plaisir de le contredire brusquement,
et de lui montrer sur-le-champ quelqu'absurdité dans sa proposition; et,
dans ma réponse, je commençois par observer

Last Page Next Page

Text Comparison with The Autobiography of Benjamin Franklin

Page 8
He had an excellent constitution of body, was of middle stature, but well set, and very strong; he was ingenious, could draw prettily, was skilled a little in music, and had a clear pleasing voice, so that when he played psalm tunes on his violin and sung withal, as he sometimes did in an evening after the business of the day was over, it was extremely agreeable to hear.
Page 26
Read's, before mentioned, who was the owner of his house; and, my chest and clothes being come by this time, I made rather a more respectable appearance in the eyes of Miss Read than I had done when she first happen'd to see me eating my roll in the street.
Page 30
I thank'd her for her kind advice, and promis'd to follow it.
Page 35
On this it was propos'd that we should each of us, at our next meeting, produce a piece of our own composing, in order to improve by our mutual observations, criticisms, and corrections.
Page 37
.
Page 50
He was lively, witty, good-natur'd, and a pleasant companion, but idle, thoughtless, and imprudent to the last degree.
Page 57
Robert Grace, a young gentleman of some fortune, generous, lively, and witty; a lover of punning and of his friends.
Page 67
Benjamin Vaughan.
Page 77
HUMILITY.
Page 86
note.
Page 92
On his decease, the business was continued by his widow, who, being born and bred in Holland, where, as I have been inform'd, the knowledge of accounts makes a part of female education, she not only sent me as clear a state as she could find of the transactions past, but continued to account with the greatest regularity and exactness every quarter afterwards, and managed the business with such success, that she not only brought up reputably a family of children, but, at the expiration of the term, was able to purchase of me the printing-house, and establish her son in it.
Page 93
whether a single copy of them now exists.
Page 99
It was wonderful to see the change soon made in the manners of our inhabitants.
Page 104
I then propos'd a lottery to defray the expense of building a battery below the town, and furnishing it with cannon.
Page 107
Their captain prepar'd for defense; but told William Penn and his company of Quakers, that he did not expect their assistance, and they might retire into the cabin, which they did, except James Logan, who chose to stay upon deck, and was quarter'd to a gun.
Page 112
When I disengaged myself, as above mentioned, from private business, I flatter'd myself that, by the sufficient tho' moderate fortune I had acquir'd, I had secured leisure during the rest of my life for philosophical studies and amusements.
Page 126
He landed at Alexandria, in Virginia, and thence march'd to Frederictown, in Maryland, where he halted for carriages.
Page 133
These eleven hundred had been picked men from the whole army; the rest had been left behind with Colonel Dunbar, who was to follow with the heavier part of the stores, provisions, and baggage.
Page 151
Loudoun, instead of defending the colonies with his great army, left them totally expos'd while he paraded idly at Halifax, by which means Fort George was lost, besides, he derang'd all our mercantile operations, and distress'd our trade, by a long embargo on the exportation of provisions, on pretence of keeping supplies from being obtain'd by the enemy, but in reality for beating.
Page 162
1763 Makes a five months' tour of the northern colonies for the Purpose of inspecting the post-offices.