Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

Page 15

est bien plus heureux.

On en rencontre quelquefois de tels: mais ils sont rares. Toutefois, si
le vôtre n'est pas de ce nombre, il peut être bon marin, actif,
très-vigilant, et vous devez alors le dispenser du reste; car ce sont
les qualités les plus essentielles pour un homme, qui commande un
vaisseau.

Quelque droit que, d'après votre accord avec lui, vous ayez à ce qu'il a
embarqué pour l'usage des passagers, vous devez prendre toujours
quelques provisions particulières, dont vous puissiez vous servir de
temps en temps. Il faut donc avoir de bonne eau, parce que celle du
vaisseau est souvent mauvaise. Mais mettez la vôtre en bouteilles; car
autrement, vous courriez risque de la voir se gâter. Il faut aussi que
vous emportiez du bon thé, du café moulu, du chocolat, du vin de
l'espèce que vous aimez le mieux, du cidre, des raisins secs, des
amandes, du sucre, du sirop de capillaire, des citrons, du rhum, des
oeufs dans des flacons d'huile, des tablettes de bouillon, et du
biscuit. Quant à la volaille, il est presqu'inutile d'en emporter, à
moins que vous ne vouliez vous charger du soin de lui donner à manger et
de la soigner vous-même. L'on en prend ordinairement si peu de soin à
bord, qu'elle est presque toujours malade, et que la viande en est aussi
coriace que du cuir.

Tous les marins ont une opinion qui doit sans doute son origine à un
manque d'eau, et à la nécessité où l'on a été de l'épargner. Ils
prétendent que la volaille est toujours extrêmement altérée; et que
quand on lui donne de l'eau à discrétion, elle se tue elle-même en
buvant outre mesure. En conséquence, ils ne lui en donnent qu'une fois
tous les deux jours, encore est-ce en petite quantité. Mais comme ils
versent cette eau dans des auges inclinées, elle court du côté qui est
le plus profond; alors les poules sont obligées de monter les unes sur
les autres pour en attraper un peu, et il y en a quelques-unes qui ne
peuvent pas même y tremper leur bec: dévorées de soif et éprouvant
continuellement le tourment de Tantale, elles ne peuvent pas digérer la
nourriture très-sèche qu'elles ont pris, et bientôt elles sont malades
et périssent. On en trouve, chaque matin, quelqu'une de morte, qu'on
jette à la mer, tandis que celles qu'on tue pour la table, valent
rarement la peine d'être mangées.

Pour remédier à cet inconvénient, il est nécessaire de diviser les auges
en petits compartimens, pour que chacun puisse contenir une certaine
quantité d'eau: mais c'est un soin qu'on ne prend guère. Il est

Last Page Next Page

Text Comparison with Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

Page 3
La langue anglaise a droit d'obtenir la seconde place.
Page 12
Cet usage n'est nullement pénible.
Page 13
En conséquence, on les mit au soleil, sur un petit tamis, qui avoir servi.
Page 24
Ainsi, renvoyer les esclaves dans les lieux où ils sont nés, ce seroit les faire passer de la lumière dans les ténèbres.
Page 28
La vérité se tient sur deux.
Page 30
Si, avant de faire entrer un sauvage en société, on lui avoit dit:«--Par le moyen du pacte social, ton voisin pourra devenir propriétaire de cent daims.
Page 39
Vous avez vu que nous, qui connoissons et pratiquons ces règles, nous avons cru toutes vos histoires.
Page 63
Il faut qu'on les accoutume d'abord à rendre compte de quelques parties du discours, et à en construire une ou deux phrases: cela les obligera à avoir fréquemment recours à leur grammaire, et à en fixer les principales règles dans leur mémoire; ensuite, il faut qu'ils sachent expliquer l'intention de l'écrivain, le but de l'ouvrage, et dire quelle est la signification de chaque phrase et même de chaque mot extraordinaire.
Page 76
qui trafiquoient avec les six Nations, les Schawanesses et les Delawares.
Page 84
C'est qu'il faut considérer la justice à l'égard de la propriété des terres.
Page 98
rapport parle de l'extrait d'une lettre du commandant en chef des forces anglaises en Amérique, extrait que le comte d'Hillsborough a présenté aux lords commissaires du commerce et des colonies.
Page 102
impossible qu'ils empêchent la consommation des marchandises anglaises;--Que le roi n'a acquis les terres des Indiens, et tracé une ligne de démarcation avec eux, que pour que ses sujets pussent s'établir sur ces terres;--Qu'enfin, les commissaires du commerce et plantations déclarèrent, en 1768, que les habitans des provinces du centre auroient la liberté de s'étendre graduellement dans l'intérieur du pays.
Page 121
Le bas prix des salaires n'est donc pas la véritable cause des avantages du commerce de nation à nation: mais il est un des grands maux des sociétés politiques.
Page 127
--Eh!--que je puis, madame la Goutte.
Page 131
Tenez.
Page 135
_ LE CINQUIÈME.
Page 136
Mais cependant quelle fut ta croyance? LE SIXIÈME.
Page 144
Cependant, je portois toujours mon petit livre avec moi.
Page 147
Passant dernièrement à cheval dans un endroit, où il y avoit beaucoup de monde rassemblé pour une vente publique, je m'arrêtai.
Page 154
Je vis que le bonhomme avait soigneusement étudié mon almanach, et mis en ordre tout ce que j'avois dit sur le travail et l'économie, durant l'espace de vingt-cinq ans.