Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

Page 20

plus heureuses en achetant de jolis
bonnets, mais parce que cela procuroit aussi aux Philadelphiennes, une
provision de gants chauds.

Dans nos villes commerçantes, situées le long de la mer, les habitans
s'enrichissent de temps en temps. Quelques-uns de ceux qui acquièrent du
bien, sont prudens, vivent avec économie, et conservent ce qu'ils ont
gagné pour le laisser à leurs enfans. Mais d'autres, flattés de faire
parade de leur richesse, font des extravagances et se ruinent. Les loix
ne peuvent l'empêcher; peut-être même n'est-ce pas un mal pour le
public. Un schelling prodigué par un fou, est ramassé par un sage, qui
sait mieux comment il faut en faire usage; et conséquemment, il n'est
point perdu.

Un homme vain et fastueux bâtit une belle maison, la meuble avec
élégance, y vit d'une manière splendide, et se ruine en peu d'années;
mais les maçons, les charpentiers, les serruriers et d'autres ouvriers
honnêtes qu'il a fait travailler, ont pu, par ce moyen, entretenir et
élever leur famille. Le fermier a été récompensé des soins qu'il a pris,
et le bien a passé en de meilleures mains.

Il est, à la vérité, des cas, où quelques modes inventées par le luxe
peuvent devenir un mal public, comme il est lui-même un mal particulier.
Par exemple, si un pays exporte son boeuf et sa toile pour payer
l'importation du vin de Bordeaux et du porter, tandis qu'une partie de
ses habitans ne vivent que de pommes de terre et n'ont point de
chemises, cela ne ressemble-t-il pas à ce que fait un fou qui laisse sa
famille souffrir la faim et vend ses vêtemens pour acheter de quoi
s'enivrer? Notre commerce américain est, je l'avoue, un peu comme cela.
Nous donnons aux Antilles de la farine et de la viande, pour nous
procurer du rum et du sucre; c'est-à-dire, les choses les plus
nécessaires à la vie pour des superfinités. Malgré cela, nous vivons
bien, et nous sommes même dans l'abondance; mais si nous étions plus
sobres, nous pourrions être plus riches.

L'immense quantité de terres couvertes de bois, que nous avons encore à
préparer pour la culture, rendra long-temps notre nation laborieuse et
frugale. Si l'on juge du caractère et des moeurs des Américains, par ce
qu'on voit le long des côtes, on se trompe beaucoup. Les habitans des
villes commerçantes peuvent être riches et adonnés au luxe, tandis que
ceux des campagnes possèdent toutes les vertus qui contribuent au
bonheur et à la prospérité publique. Ces villes commerçantes ne sont pas
très-considérées par les campagnards. Ils les regardent à peine comme
une partie essentielle de l'état; et l'expérience de la dernière

Last Page Next Page

Text Comparison with Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

Page 2
n'avois jamais vu qu'on se fût servi de ce mot que dans le sens d'_amélioré_, excepté dans un vieux livre du docteur Mather, intitulé: _les Bienfaits de la Providence_.
Page 4
--«Mais monsieur Faulkener, dit-il, ne croyez-vous pas qu'elle seroit encore plus parfaite, si l'encre et le papier n'étoient pas tout-à-fait autant de la même couleur?»-- D'après toutes ces raisons, je désirerois que nos imprimeurs américains ne se piquassent pas d'imiter ces perfectionnemens imaginaires, et que par conséquent ils rendissent les ouvrages qui sortiront de leurs presses, plus agréables aux étrangers, et avantageux à notre commerce de librairie.
Page 7
Quiconque éprouve quelque peine à entendre bien parler des autres, doit sentir du plaisir lorsqu'on en dit du mal.
Page 14
Je désirerois que, d'après cet exemple, il fût possible d'inventer une méthode d'embaumer les noyés de manière à pouvoir les rappeler à la vie, à une époque très-éloignée, et comme je désire ardemment de voir quel sera l'état de l'Amérique dans cent ans d'ici, au lieu d'attendre une mort ordinaire, je me plongerois dans un tonneau de vin de Madère, avec un petit nombre d'amis, pour être, au bout d'un siècle, rappelé à la vie par le doux soleil de ma chère patrie.
Page 18
Mais s'il ajoutoit aux moyens qui le blessent, les guerres que nous nous fesons les uns aux autres pour prendre et reprendre les îles qui produisent cette denrée, il ne croiroit pas le sucre simplement taché de sang; il verroit qu'il en est entièrement trempé.
Page 23
En lisant dans les gazettes, le discours adressé par M.
Page 28
»--Quand cet auteur parle de la presse, il diminue, autant qu'il le peut, l'horreur qu'inspire cette coutume, en représentant qu'un matelot souffre seulement une _fatigue_, comme il l'appelle tendrement, _dans quelques cas particuliers_; et il oppose à ce mal particulier, les embarras du commerce de l'état.
Page 29
Alors, je presserois le reste des juges; et ouvrant le livre rouge, je n'oublierois aucun des officiers civils du gouvernement, depuis ceux qui n'ont qu'un salaire de cinquante livres sterlings par an, jusqu'à ceux qui en ont cinquante mille.
Page 31
--«Homme, répliqua le juge, tu ne seras pas pendu pour avoir _seulement_ volé un cheval; mais pour que les chevaux ne puissent pas être volés.
Page 33
» Cependant on peut citer l'exemple récent d'un marchand anglais, qui n'a point voulu profiter de ce que lui avoit produit la course.
Page 59
Une copie de cet acte est remise à l'apprenti ou à ses parens, et le magistrat en garde la minute, à laquelle on peut avoir recours, en cas que le maître manque à quelqu'une de ses obligations.
Page 88
» Comme nous ignorons quelles étoient les propositions, dont parlent les lords commissaires, et d'après quel principe les tentatives à cet égard ont été infructueuses, il nous est impossible de juger si cela peut nous être appliqué.
Page 92
De Birmingham.
Page 93
7 Si, comme le prétendent les lords commissaires du commerce et des colonies, les terres de l'Ohio ne peuvent être d'aucun avantage au commerce du royaume, nous ne devinons pas ce qui doit, à leurs yeux, être avantageux à ce commerce.
Page 96
L'on demandera peut-être ce que signifie la phrase du rapport de 1768, qui dit que les habitans pourront _s'étendre graduellement dans l'intérieur du pays_?--Nous répondrons qu'elle a été écrite dans l'intention de combattre l'envie qu'on avoit d'établir trois nouveaux gouverneurs, et de disperser la population dans des contrées séparées.
Page 97
Par cette même raison, et d'après les motifs ordinaires, qui engagent à former des colonies, nous affirmons que personne n'aura envie de quitter le climat salubre et tempéré de la Virginie, du Maryland, de la Pensylvanie, pour aller s'exposer au froid excessif du Canada et de la Nouvelle-Écosse ou aux chaleurs des deux Florides.
Page 117
Long-temps animé d'un zèle sincère et infatigable, je me suis efforcé d'empêcher qu'on ne brisât ce magnifique vase de porcelaine, l'empire britannique! car je savois que lorsqu'il seroit une fois brisé, ses différentes parties ne pourroient conserver la force et le prix qu'avoit eu le tout, et qu'on ne devoit espérer de les voir jamais bien réunies.
Page 120
Il seroit trop long de développer ici ce principe.
Page 122
Un garçon tailleur, 5 sch.
Page 145
Enfin, c'est à l'influence de toutes ces vertus, quelqu'imparfaitement qu'il ait pu les atteindre, qu'il croit devoir cette égalité d'humeur et cette gaieté dans la conversation, qui fait encore rechercher sa compagnie, même par des gens plus jeunes que lui.