Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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sucre, et dans l'Amérique septentrionale, du
tabac. On ne peut pas dire que ces choses sont nécessaires à la vie; car
nos ancêtres vivoient fort bien sans les connoître.

On peut faire une question. Tous ceux qui sont maintenant employés à
recueillir, à faire ou à charier des superfluités, pourroient-ils
subsister en cultivant des denrées d'une nécessité première?--Je crois
qu'oui. La terre est très-vaste, et une grande partie de sa surface est
encore sans culture. Il y a en Asie, en Afrique, en Amérique, des
forêts, qui ont plusieurs centaines de millions d'acres; il y en a même
beaucoup en Europe. Un homme deviendroit un fermier d'importance, en
défrichant cent acres de ces forêts; et cent mille hommes à défricher
chacun cent acres, ne feroient pas une lacune assez grande pour être
visible de la lune, à moins qu'on n'y eût le télescope d'Herschel; tant
sont vastes les pays que les bois couvrent encore!

C'est, cependant, une sorte de consolation, que de songer que parmi les
hommes, il y a encore plus d'activité et de prudence que de paresse et
de folie. De là provient cette augmentation de beaux édifices, de fermes
bien cultivées, de villes riches et populeuses, qui se trouvent dans
toute l'Europe, et qu'on n'y voyoit autrefois que sur les côtes de la
Méditerranée. Cette prospérité est même d'autant plus remarquable, que
des guerres insensées exercent continuellement leurs ravages, et
détruisent souvent en une seule année les travaux de plusieurs années de
paix. Nous pouvons donc espérer, que le luxe de quelques marchands des
côtes des États-Unis de l'Amérique ne causera pas la ruine de leur pays.

Encore une réflexion, et je termine cette vague et longue lettre.
Presque toutes les parties de notre corps nous obligent à quelque
dépense. Nos pieds ont besoin de souliers, nos jambes de bas, le reste
du corps exige des habillemens, et notre estomac une bonne quantité de
nourriture. Quoiqu'excessivement utiles, nos yeux, quand nous sommes
raisonnables, demandent l'assistance peu coûteuse de lunettes, qui ne
peuvent pas beaucoup déranger nos finances. Mais les yeux des autres
sont les yeux qui nous ruinent. Si tout le monde étoit aveugle, excepté
moi, je n'aurois besoin ni de magnifiques habits, ni de belles maisons,
ni de meubles élégans.

[16] Membre du parlement d'Angleterre, pour le bourg de Calne, en
Wiltshire. Il étoit lié d'une intime amitié avec Franklin.




SUR LA TRAITE DES NÈGRES.


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Cependant, si un membre de ce tribunal reçoit la plus légère réprimande, pour avoir abusé de sa place, il réclame aussitôt les droits que la constitution accorde à tout citoyen libre, et il demande à connoître son accusateur, à être confronté avec les témoins, et à être jugé loyalement par un jury composé de ses pairs.
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Je ne crois point que cela puisse avoir aucun dangereux effet.
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[20] Prison de Londres.
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DUBOURG.
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Plusieurs conservoient de l'affection pour l'Égypte, leur terre natale; et dès qu'ils éprouvoient quelqu'embarras, quelqu'inconvénient, effet naturel et inévitable de leur changement de situation, ils accusoient leurs chefs d'être les auteurs de leur peine; et non-seulement ils vouloient retourner en Égypte, mais lapider ceux qui les en avoient arrachés[26].
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Les choses, les actions, les opinions, tout enfin, se présente à l'esprit sous des points de vue si différens, qu'il n'est pas possible que nous pensions, tous à-la-fois, de la même manière, sur un objet quelconque, tandis qu'à peine le même homme en a la même idée en différens temps.
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D'ailleurs, l'on a établi pour règle, dans quelques-unes de nos provinces, qu'aucune place ne seroit assez lucrative, pour tenter la cupidité de ceux qui voudroient la remplir.
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Il est nécessaire que les écoliers commencent par étudier les leçons, et qu'ils les entendent bien, avant de les lire tout haut; en conséquence, il faut que chaque écolier ait un petit dictionnaire anglais, afin de pouvoir y chercher le sens des mots qui lui paroissent difficiles.
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Le premier paragraphe du rapport semble établir deux propositions comme faits; savoir: La première, c'est que l'espace de terre, spécifié avec les commissaires de la trésorerie, contient une partie de la province de Virginie.
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» En 1769, la chambre des citoyens de la colonie de Virginie, représenta à lord Bottetourt:--«Qu'elle avoit la plus grande raison de craindre que si la ligne tracée pour servir de limites, étoit conservée, les Indiens et les autres ennemis de sa majesté, auroient sans cesse une entrée libre et facile jusque dans le coeur du pays de l'Ohio, de la rivière d'Holston et du grand Kenhawa; qu'alors.
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De requérir toutes personnes qui ont fait des établissemens, sur les terrains que le roi n'a point achetés des Indiens, d'abandonner ces établissemens.
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--Mais pour éclaircir davantage ce point important, nous prendrons la liberté de faire encore quelques observations.
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Enfin, les inspirations de la nature, et l'expérience de tous les âges prouvent qu'un peuple né et vivant dans un climat tempéré, et dans le voisinage d'un pays riche, sain et bien cultivé, ne peut point être forcé à traverser plusieurs centaines de milles pour se rendre dans un _port de mer_, faire un voyage _par mer_, et s'établir dans des latitudes excessivement froides ou excessivement chaudes.
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Il n'y a point de grande manufacture, où ils n'aient inventé quelque pratique utile, qui épargne le temps et les matières, ou rend l'ouvrage meilleur.
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Or, la somme du travail, annuel devenant plus considérable, le travail sera payé un peu plus chèrement; et le taux du salaire journalier de l'ouvrier augmentera par cette concurrence.
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L'Angleterre, dont les moeurs, la langue, la religion sont les mêmes que celles des Américains, doit naturellement participer à cet avantage plus qu'aucun autre état de l'Europe.
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L'ame immortelle, un Dieu qui récompense, Et qui punit; rien de plus.
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Je ne puis pas me vanter d'un grand succès pour l'acquisition réelle de cette vertu; mais j'ai beaucoup gagné, quant à son apparence.
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Ces impôts sont tels, qu'il n'est pas possible aux commissaires d'y faire la moindre diminution.
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Mais, dit le bonhomme Richard, à force de prendre à la huche, sans y rien mettre, on en trouve bientôt le fond, et quand le puits est sec, on connoît tout le prix de l'eau.