Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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moyens?
ou voudroient-ils, pour faire ce qu'ils croient juste à l'égard des
esclaves, commettre une plus grande injustice envers les propriétaires?

»Si nous donnons la liberté à nos esclaves, qu'en ferons-nous? Peu
d'entr'eux voudront retourner dans leur pays natal. Ils savent trop bien
qu'ils y auroient à souffrir bien plus que parmi nous. Ils ne veulent
point embrasser notre sainte religion; ils ne veulent point adopter nos
moeurs. Nos frères ne veulent pas se souiller par des mariages avec des
personnes de cette race. Devons-nous les laisser mandier dans nos rues,
ou souffrir qu'ils pillent nos propriétés? car les hommes accoutumés à
l'esclavage, ne travaillent point pour gagner leur vie, à moins qu'ils
n'y soient forcés.

»Mais qu'y a-t-il donc de si malheureux dans leur condition présente?
N'étoient-ils pas esclaves dans leur pays? L'Espagne, le Portugal, la
France, l'Italie, ne sont-ils pas gouvernés par des despotes qui
tiennent leurs sujets dans l'esclavage, sans aucune exception?
L'Angleterre elle-même ne traite-t-elle pas ses matelots en esclaves?
car, lorsque le gouvernement le veut, ils sont enlevés, renfermés dans
des vaisseaux de guerre, condamnés non-seulement à travailler, mais à
combattre pour de très-petits gages, et un peu de nourriture qui ne vaut
pas mieux que celle que nous donnons à nos esclaves.

»Leur condition est-elle donc devenue pire, parce qu'ils sont tombés
entre nos mains? Non. Ils n'ont fait que changer un esclavage pour
l'autre; et je puis dire pour un meilleur; car ils sont ici sur une
terre où le soleil de l'Islamisme répand sa lumière et brille dans toute
sa splendeur. Ils y ont occasion de connoître la véritable doctrine, et
de sauver leurs ames. Ceux qui restent dans leur pays, sont privés de ce
bonheur. Ainsi, renvoyer les esclaves dans les lieux où ils sont nés, ce
seroit les faire passer de la lumière dans les ténèbres.

»Je répète la question. Si l'on donne la liberté aux esclaves, qu'en
fera-t-on? J'ai entendu dire qu'on les transplanteroit dans le désert où
il y a une vaste étendue de terre, sur laquelle ils pourroient
subsister, et former un état libre et florissant. Mais je crois qu'ils
sont trop peu portés à travailler volontairement, et trop ignorans pour
établir un bon gouvernement. D'ailleurs, les Arabes sauvages les
opprimeroient, les détruiroient ou les réduiroient de nouveau à
l'esclavage.

»Tandis qu'ils nous servent, nous avons soin de leur fournir tout ce qui
leur est nécessaire, et nous les traitons avec humanité. Dans les pays
où ils sont nés, la classe de ceux qui travaillent est, ainsi que j'en
suis informé, plus mal nourrie, plus mal logée, plus mal vêtue. La
condition de la plupart d'entr'eux est donc

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Text Comparison with Benjamin Franklin and the First Balloons

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They have corrections in the author's hand-writing and, except for a few words, are quite legible.
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A hollow Globe 12 feet Diameter was formed of what is called in England Oiled Silk, here _Taffetas gomme_, the Silk being impregnated with a Solution of Gum elastic in Lintseed Oil, as is said.
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P.
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to forward the Transactions, as well as to the Council for so readily ordering them on Application.
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And that to get Money, it will be contrived to give People an extensive View of the Country, by running them up in an Elbow Chair a Mile high for a Guinea &c.
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(THE FIRST AERIAL VOYAGE BY MAN.
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As the Flame slackens, the rarified Air cools and condenses, the Bulk of the Balloon diminishes and it begins to descend.
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Montgolfier the very ingenious Inventor.
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Beings of a Rank and Nature far superior to ours have not disdained to amuse themselves with making and launching Balloons, otherwise we should never have enjoyed the Light of those glorious objects that rule our Day & Night, nor have had the Pleasure of riding round the Sun ourselves upon the.
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Charles & Robert's Experiment, which was to have been made at this Day, and at which I intended to be present.
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I had a Pocket Glass, with which I follow'd it, till I lost Sight, first of the Men, then of the Car, and when I last saw the Balloon, it appear'd no bigger than a Walnut.
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FRANKLIN P.
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2^d, which contains calculations in French relating to the balloon.
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25th" is not in the press-copy, contrary to Smyth's statement, but I have a press-copy of the French _Proces-Verbal_, therein referred to, in Franklin's handwriting with his name and eight others affixed as witnesses.
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10, "chearfully" is possibly an older spelling for "cheerfully"; p.