Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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Cependant ce sont des marchands chrétiens
qui commettent ce crime, dans une guerre juste ou non; et il est
difficile qu'elle soit juste des deux côtés. Elle est faite par des
marchands anglais et américains, qui, malgré cela, se plaignent des vols
particuliers, et pendent, par douzaines, les voleurs, à qui ils ont
eux-mêmes donné l'exemple du pillage.

Il est enfin temps que pour le bien de l'humanité, on mette un terme à
ces horreurs. Les États-Unis de l'Amérique sont mieux placés que les
Européens, pour tirer des avantages de la course, puisque la plus grande
partie du commerce de l'Europe avec les Antilles, se fait à leur porte;
mais ils font tout ce qui dépend d'eux pour abolir cet usage, en offrant
d'insérer, dans tous leurs traités avec les autres puissances, un
article par lequel on s'engage solemnellement et réciproquement en cas
de guerre, à ne point armer de corsaires, et à laisser passer, sans être
molestés, les vaisseaux marchands qui ne seront point armés[22].

Ce seroit un heureux perfectionnement de la loi des nations. Tous les
hommes, qui ont des principes de justice et d'humanité, doivent désirer
que cette proposition réussisse.

Recevez les assurances de mon estime et de mon inaltérable amitié.

B. FRANKLIN.

[19] Alieni appetens.

[20] Prison de Londres.

[21] Nouvel exemple digne du quaker Denham, dont il est parlé dans le
premier volume. (_Note du Traducteur._)

[22] Cette offre ayant été acceptée par le roi de Prusse, Frédéric II,
il fut conclu entre ce monarque et les États-Unis, un traité
d'amitié et de commerce, contenant un article dicté par l'humanité
et la philantropie. Franklin, qui étoit l'un des plénipotentiaires
américains, le rédigea de la manière suivante:

ART. XXIII.

«Si la guerre a lieu entre les deux nation contractantes, les
marchands de l'une qui résideront dans les états de l'autre,
pourront y demeurer neuf mois pour se faire payer de leurs créances
et régler leurs affaires, et partiront ensuite librement, emportant
tous leurs effets sans aucun empêchement ou molestation quelconque.
Toutes les femmes, les enfans, les gens de lettres de toutes les
facultés, les agriculteurs, les artisans, les manufacturiers, les
pêcheurs, et les habitans non armés des villes, des villages et
autres places sans fortifications, et

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Benjamin Franklin Bache[3], qui les a en sa possession et vit maintenant à Londres, en prive si long-temps le Public.
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Ces épargnes furent un nouveau fonds pour l'achat de livres; et mon plan me procura encore d'autres avantages.
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Il s'étoit alors procuré d'autres caractères, et il avoit à réimprimer un pamphlet sur lequel il me mit à l'ouvrage.
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Nous verrons alors ce qu'il dira de cette pièce».
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Cette idée me frappa même tellement, que si l'offre de sir William Wyndham m'eût été faite plutôt, j'aurois renoncé, pour quelque temps, au dessein de retourner en Amérique.
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Dites-moi franchement si cela est ainsi.
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Elle subsiste encore; et l'expérience a montré combien elle est utile.
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Aux premières approches d'un orage, Franklin se rendit dans les prairies qui sont aux environs de Philadelphie.
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Mais il ne se contentoit point de défendre ainsi les droits du peuple.
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Environ cent vingt habitans, qui, pour la plupart, étoient de Donnegal et de Peckstang ou de Paxton, dans le comté d'York, montèrent à cheval, se rassemblèrent, et prirent la route du petit établissement des paisibles et innocens Indiens de Lancastre.
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_) Franklin ne négligea rien pour engager les ministres anglais à prendre d'autres mesures.
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[58] À Saratoga, où les généraux américains Arnold et Gates, le forcèrent de se rendre prisonnier de guerre avec son armée.
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Sa famille se flatta qu'il guériroit: mais un abcès qui s'étoit formé dans le poumon, creva tout-à-coup, et rendit une grande quantité de matière que le malade continua à cracher tant qu'il eut quelque force.
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* * * * * CODICILE.
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Certes, je ne suis point dans cette obligation, moi, à qui mes ancêtres ni aucun de mes parens n'ont jamais laissé un schelling d'héritage.
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Et pourquoi, vous et moi, nous affligerions-nous de son départ, puisque nous devons bientôt le suivre, et que nous savons où nous le trouverons? Adieu.
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Quand j'ai vu quelqu'un qui, trop ardent à rechercher les graces de la cour, employoit son temps à assister au lever du roi, sacrifioit son repos, sa liberté, sa vertu, et peut-être ses amis à s'avancer dans cette carrière, je me suis dit:--«_Cet homme paye trop cher son sifflet.
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Par une honnêteté si opposée à tout ce qu'on a vu interdit plus haut, vous pouvez peut-être perdre votre partie, mais vous gagnerez, ce qui vaut beaucoup mieux, l'estime de votre adversaire, son respect, et l'approbation tacite et la bienveillance de tous les spectateurs impartiaux.
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Les soupers ne sont point dangereux pour les gens qui n'ont point dîné: mais les insomnies sont ordinairement le partage de ceux qui dînent et qui soupent beaucoup.
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Le bruit de votre marteau à cinq heures du matin et à neuf heures du soir, peut engager le créancier qui l'entend, à rester six mois de plus sans vous rien demander: mais s'il voit que vous êtes dans un billard, ou s'il entend votre voix dans un cabaret, tandis que vous devriez être à l'ouvrage, il envoie chercher son argent le lendemain, et le demande, avant de pouvoir le recevoir tout-à-la-fois.