Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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beaucoup mieux en faire du
cidre. Nous vous sommes infiniment obligés d'avoir la bonté de venir si
loin de votre pays, pour nous apprendre ce que vos mères vous ont
appris. En revanche, je vais vous conter quelque chose de ce que nous
tenons des nôtres.

»Au commencement du monde, nos pères ne se nourrissoient que de la chair
des animaux; et quand leur chasse n'étoit pas heureuse, ils mouroient de
faim. Deux de nos jeunes chasseurs ayant tué un daim, allumèrent du feu
dans les bois pour en faire griller une partie. Au moment où ils étoient
prêts à satisfaire leur appétit, ils virent une jeune et belle femme
descendre des nues et s'asseoir sur ce sommet que vous voyez là bas, au
milieu des montagnes bleues. Alors les deux chasseurs se dirent l'un à
l'autre: C'est un esprit, qui peut-être a senti l'odeur de notre gibier
grillé, et désire d'en manger. Il faut lui en offrir. Ils lui
présentèrent, en effet, la langue du daim. La jeune femme trouva ce mets
de son goût, et leur dit: Votre honêteté sera récompensée. Revenez ici
après treize lunes, et vous y trouverez quelque chose qui vous sera
très-utile pour vous nourrir vous et vos enfans, jusqu'à la dernière
génération. Ils firent ce qu'elle leur disoit, et à leur grand
étonnement, ils trouvèrent des plantes qu'ils ne connoissoient point,
mais qui, depuis cette époque, ont été constamment cultivées parmi nous,
et nous sont d'un grand avantage. Là où la main droite de la jeune femme
avoit touché la terre, ils trouvèrent le maïs; l'endroit où avoit touché
sa main gauche, portoit des haricots, et celui où elle s'étoit assise,
du tabac».

Le bon missionnaire qu'ennuyoit ce conte ridicule, dit à celui qui le
fesoit:--«Je vous ai annoncé des vérités sacrées: mais vous ne
m'entretenez que de fables, de fictions, de mensonges».--L'Indien choqué
lui répondit: «Mon frère, il semble que vos parens ont eu envers vous le
tort de négliger votre éducation. Ils ne vous ont pas appris les
premières règles de la politesse. Vous avez vu que nous, qui connoissons
et pratiquons ces règles, nous avons cru toutes vos histoires. Pourquoi
refusez-vous de croire les nôtres?»

Lorsque quelques-uns de ces Sauvages viennent dans nos villes, la foule
s'assemble autour d'eux, on les regarde avec attention, on les fatigue
dans les momens où ils voudraient être seuls. Ils prennent cela pour une
grande impolitesse, et ils l'attribuent à ce que nous ignorons les
véritables règles du savoir vivre.--«Nous sommes, disent-ils, aussi
curieux que vous, et quand vous venez dans nos villages, nous désirons
de vous regarder: mais alors nous nous cachons

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Text Comparison with Benjamin Franklin Representative selections, with introduction, bibliograpy, and notes

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cliii III.
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Hence, Newtonian physics became the surest ally of the deist in his quest for a religion, immutable and universal.
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If Reason is no complete substitute for Scripture it offers enough evidence to hiss atheism out of the world: "A Being that must be superior to Matter, even the Creator and Governor of all Matter,.
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Franklin concluded that since there were no mines in the colonies, paper money was a necessity (arguing here very shrewdly that even English silver "is obliged to the legal Tender for Part of its Value").
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(Thinks "The Downfall of Piracy," found in Ashton's _Real Sea-Songs_, is "one of the two lost ballads" Franklin mentions in _Autobiography_.
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thought so too, and forbad[e] my Paying it.
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And David Harry, a Country Boy, whom he had taken Apprentice.
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the Undertaking, are desired to communicate their Sentiments as soon as may be, by Letter directed to B.
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_ | | 30 |[Leo] 13 | [Mars] rise 10 58 | | 31 | 28 | [Moon] with [Mercury] | +----+-----------------+---------------------------------------------+ *(page break)* =JULY= hath XXXI Days.
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Shor.
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It seems highly probable, that the Attraction of the Moon acting more strongly upon the Fluid than the solid Parts of our Terraqueous Globe is the Cause of our Tides, as they answer so exactly to her Motions and Distances from us, and other Circumstances.
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The very Tails of the American Sheep are so laden with Wooll, that each has a little Car or Waggon on four little Wheels, to support & keep it from trailing on the Ground.
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His Son, too, marrying into another Family, his Share in the Grandson is but a fourth; in the Great Grandson, by the same Process, it is but an Eighth; in the next Generation a Sixteenth; the next a Thirty-second; the next a Sixty-fourth; the next an Hundred and twenty-eighth; the next a Two hundred and Fifty-sixth; and the next a Five hundred and twelfth; thus in nine Generations, which will not require more than 300 years (no very great Antiquity for a Family), our present Chevalier of the Order of Cincinnatus's Share in the then existing Knight, will be but a 512th part; which, allowing the present certain Fidelity of American Wives to be insur'd down through all those Nine Generations, is so small a Consideration, that methinks no reasonable Man would hazard for the sake of it the disagreable Consequences of the Jealousy, Envy, and Ill will of his Countrymen.
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Oblige a man to rise at four in the morning, and it is more than probable he will go.
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I would advise you, therefore, not to attempt unchaining the Tyger, but to burn this Piece before it is seen by any other Person; whereby you will save yourself a great deal of Mortification from the Enemies it may raise against you, and perhaps a good deal of Regret and Repentance.
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Thus I consent, Sir, to this Constitution, because I expect no better, and because I am not sure that it is not the best.
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When he had finished, an Indian Orator stood up to thank him.
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[1] In addition to John Bigelow's "Historical Sketch of the Fortunes and Misfortunes of the Autograph Manuscript of Franklin's Memoirs of His Own Life," see Franklin's references to the _Autobiography_, in _Writings_, IX, 550-51, 559, 665, 675, 688; X, 50.
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London, 1727 (2d ed.
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[60] For Franklin's friendship with Ingersoll consult L.