Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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et devons donner, et le parlement anglais n'a nul droit de
prendre notre argent sans notre consentement.

L'empire britannique n'est pas un simple état. Il en comprend plusieurs;
et quoique le parlement de la Grande-Bretagne se soit arrogé le pouvoir
de taxer les colonies, il n'en a pas plus le droit qu'il n'a celui de
taxer l'électorat d'Hanovre. Nous avons le même roi, mais non la même
législature.

La dispute, qui s'est élevée entre l'Angleterre et les colonies, a déjà
fait perdre à l'Angleterre plusieurs millions sterlings. Elle les a
perdus dans son commerce, et l'Amérique en a gagné autant. Ce commerce
consistoit principalement en superfluités, en objets de luxe et de mode,
dont nous pouvons fort bien nous passer; et la résolution que nous avons
prise, de n'en plus recevoir jusqu'à ce qu'on ait fait cesser nos
plaintes, est cause que nos manufactures commencent à sortir de
l'enfance, et à prendre quelque consistance. Il ne seroit même pas aisé
d'engager nos colons à les abandonner, quand une amitié plus sincère que
jamais succéderoit à la querelle qui nous divise.

Certes, je ne doute point que le parlement d'Angleterre ne finisse par
abandonner ses prétentions, et ne nous laisse paisiblement jouir de nos
droits et de nos privilèges.

B. FRANKLIN.




SUR LA PRÉFÉRENCE QU'ON DOIT DONNER AUX ARCS ET AUX FLÈCHES SUR LES
ARMES À FEU.


AU MAJOR-GÉNÉRAL LEE.

Philadelphie, le 11 février 1776.

GÉNÉRAL,

Le porteur de cette lettre est M. Arundel, que le congrès adresse au
général Schuyler, pour qu'il l'emploie dans le service de l'artillerie.
Il se propose de vous voir en passant, et il me demande une lettre de
recommandation pour vous. Il a servi en France, ainsi que vous le verrez
par ses brevets; et comme il paroît attaché à notre cause, j'espère
qu'il se rendra utile, en instruisant nos jeunes canonniers et nos
matelots. Peut-être donnera-t-il quelque moyen de déboucher la lumière
des canons encloués.

Je vous envoie ci-joint une lettre que m'a écrite un officier nommé _M.
Newland_, qui a servi dans les deux dernières guerres. Il est connu du
général Gates, qui m'en parla avantageusement, lorsque j'étois à
Cambridge. Maintenant il désire de servir sous vos ordres, et je lui ai
conseillé d'aller vous joindre à New-York.

Les Anglais parlent encore haut, et nous menacent durement: mais leur
langage est un peu plus poli, ou du moins, il n'est pas tout-à-fait
aussi injurieux pour

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Text Comparison with Franklin's Way to Wealth; or, "Poor Richard Improved"

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INTRODUCTION.
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Proprietors, W.
Page 2
of 32 Biographical Sketches of Eminent British Characters 1 6 Ditto, containing a Description of the most distinguished Places in England 1 6 *** Just published, The Mice & their Pic Nic; a good Moral Tale, price with neat coloured plates 1 0 THE WAY TO WEALTH.
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--If we are industrious, we shall never starve; for "at the working man's house hunger looks in, but dares not enter.
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" 'And again, "The eye of the master will do more work than both his hands:" and again, "Want of care does us more damage than want of knowledge;" and again, "Not to oversee workmen, is to leave them your purse open.
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] 'Trusting too much to others' care is the ruin of many; for, "In the affairs of this world, men are saved, not by faith, but by the want of it:" but a man's own care is profitable; for, "If you would have a faithful servant, and one that you like,--serve yourself.
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Remember what poor Richard says, "Buy what thou hast no need of, and ere long thou shalt sell thy necessaries.
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" When you have bought one fine thing, you must buy ten more, that your appearance may be all of a piece; but Poor Dick says, "It is easier to suppress the first desire, than to satisfy all that follow it.
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IV.
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However, I resolved to be the better for the echo of it; and, though I had at first determined to buy stuff for a new coat, I went away, resolved to wear my old one a little longer.