Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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se
rappelle ce tableau, et contemple l'heureuse médiocrité qui règne dans
les états américains, où le cultivateur travaille pour lui-même et
entretient sa famille dans une honnête abondance, doit, ce me semble,
juger que nous avons raison de bénir la divine providence, qui a mis
tant de différence en notre faveur, et être convaincu qu'aucune nation
connue, ne jouit d'une plus grande portion de félicité humaine.

Il est vrai que la discorde et l'esprit de parti troublent quelques-uns
des États-Unis. Mais regardons en arrière, et demandons-nous s'ils en
ont jamais été exempts? Ce mal existe par-tout où fleurit la liberté, et
peut-être aide-t-il à la conserver. Le choc des sentimens opposés fait
souvent jaillir des étincelles de vérité, qui produisent une lumière
politique. Les diverses factions qui nous divisent, tendent toutes au
bien public; et il n'y a réellement de différence entr'elles, que dans
la manière d'y parvenir. Les choses, les actions, les opinions, tout
enfin, se présente à l'esprit sous des points de vue si différens, qu'il
n'est pas possible que nous pensions, tous à-la-fois, de la même
manière, sur un objet quelconque, tandis qu'à peine le même homme en a
la même idée en différens temps. L'esprit de parti est donc le lot
commun de l'humanité; et celui qui règne chez nous n'est ni plus
dangereux, ni moins utile que celui des autres pays et des autres
siècles qui ont joui, au même degré que nous, de l'extrême bonheur d'une
liberté politique.

Quelques-uns d'entre nous ne sont pas si inquiets de l'état présent de
nos affaires, que de ce qui peut arriver un jour. L'accroissement du
luxe les alarme; et ils pensent que c'est-là ce qui nous conduit à
grands pas vers notre ruine. Ils remarquent qu'il n'y a jamais de revenu
suffisant sans économie; et que toutes les productions annuelles d'un
pays peuvent être dissipées en dépenses vaines et inutiles, et la
pauvreté succéder à l'abondance.--Cela peut-être. Cependant cela arrive
rarement; car il semble qu'il y a chez toutes les nations une plus
grande quantité de travail et de frugalité, contribuant à les enrichir,
que de paresse et d'oisiveté, tendant à les appauvrir; de sorte que tout
balancé, il se fait une accumulation continuelle de richesses.

Songez à ce qu'étoient du temps des anciens Romains, l'Espagne, les
Gaules, la Germanie, la Grande-Bretagne, habitées par des peuples
presqu'aussi pauvres que nos Sauvages; et considérez les richesses
qu'elles possèdent à présent, l'innombrable quantité de villes superbes,
de fermes bien établies, de meubles élégans, de magasins remplis de
marchandises; sans compter l'argenterie, les bijoux et tout le
numéraire. Oui, elles possèdent tout cela, en dépit de leurs
gouvernement exacteurs, dispendieux, extravagans,

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VIE DE B.
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Si nous avions donc voulu avoir l'avantage de voir notre langue plus généralement répandue, nous aurions dû ne pas négliger de faire disparoître des difficultés qui, toutes légères qu'elles sont, découragent ceux qui l'étudient.
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Ceux qui, en désespérant de pouvoir se distinguer par leurs vertus, trouvent de la consolation à voir les autres ravalés à côté d'eux, sont assez nombreux dans toutes les grandes villes, pour fournir aux frais nécessaires d'un des tribunaux de la liberté de la presse.
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Elles ressembloient beaucoup aux palettes des peintres.
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En tout 14 vol.
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Je fus assez content de cet exemple de luxe, parce que non-seulement les filles du cap May devenoient.
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--Ici, ils vivent en sûreté; ils ne sont point sujets à devenir soldats, et à être forcés de s'égorger les uns les autres, comme dans les guerres qu'on fait chez eux.
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Le sanguinaire auteur des _Pensées sur la Justice exécutive_, convient lui-même qu'elle est juste; et il remarque fort bien:--«Que la seule idée de l'innocence _outragée_, et plus encore celle de l'innocence _souffrante_, doit réveiller en nous tous les sentimens de la plus tendre compassion, et en même-temps, exciter la plus vive indignation contre les instrumens de ses maux.
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Ils ont été instruits dans toutes vos sciences.
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Ainsi, quoique le vrai motif de Coré fût de supplanter Aaron, il persuada au peuple qu'il n'avoit en vue que le bien général; et les Juifs excités par lui, commencèrent à crier:--Maintenons la liberté de nos diverses tribus.
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Mais dans les circonstances où je me trouve actuellement, cette manière.
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Les instructions du général Braddock, contenant une reconnoissance très-claire du droit qu'avoient les six Nations sur les terres dont il s'agit ici, nous croyons devoir transcrire les mots qui les terminent.
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De régler qu'à l'avenir on n'occupera des terres des Indiens.
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Ils ont dû, sur-tout, remarquer que le docteur Lée et ses associés n'offroient point, comme nous, d'acheter les terres, ou de payer le cens au roi, sans aucune déduction, ou enfin, de faire tous les frais nécessaires à l'établissement et à l'entretien du gouvernement civil du pays concédé.
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Le huitième paragraphe du rapport qui nous concerne, vante beaucoup l'exactitude et la précision de celui de 1768.
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--Cela est impossible, parce qu'à cet égard les Américains ne seront point dans une situation différente du reste des sociétés politiques, qui toutes ont besoin les unes des autres.
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Il critique avec fureur; il applaudit avec rage.
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Ne mangez pas jusqu'à être appesanti; ne buvez pas assez pour que votre tête en soit affectée.
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Je résolus d'entreprendre de me guérir, s'il étoit possible, de ce vice ou de cette folie, en même temps que des autres, et j'ajoutai sur ma liste l'humilité.
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La paresse rend tout difficile, et le travail tout aisé.