Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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toutes les terres
sont occupées et le prix des journaliers fort médiocre, ils ne se
seroient jamais élevés au-dessus de la triste condition dans laquelle
ils étoient nés.

La salubrité de l'air, la bonté du climat, l'abondance de bons alimens,
la facilité qu'on a à se marier de bonne heure, par la certitude de ne
pas manquer de subsistance en cultivant la terre, font que
l'accroissement de la population est très-rapide en Amérique; et elle le
devient encore davantage par l'immigration des étrangers. Aussi, on y
voit sans cesse augmenter le besoin des ouvriers de toute espèce, pour
construire des maisons aux agriculteurs, et leur faire les meubles et
ustensiles grossiers qu'il ne seroit pas aussi commode de faire venir
d'Europe.

Des ouvriers qui peuvent faire passablement les choses dont je viens de
parler, sont sûrs de ne pas manquer d'occupation et d'être bien payés,
car rien ne gêne les étrangers qui veulent travailler, et ils n'ont pas
même besoin de permission pour cela. S'ils sont pauvres, ils commencent
par être domestiques ou journaliers; et s'ils sont sobres, laborieux,
économes, ils deviennent bientôt maîtres, s'établissent, se marient,
élèvent bien leurs enfans, et sont des citoyens respectables.

Les gens qui, ayant une médiocre fortune, et une nombreuse famille,
désirent d'élever leurs enfans au travail, et de leur assurer une
propriété, peuvent aussi passer en Amérique. Ils y trouveront des
ressources dont ils manquent en Europe. Là, ils pourront apprendre et
exercer des arts mécaniques, sans que cela leur procure aucun
désagrément. Au contraire, leur travail leur attirera du respect. Là, de
petits capitaux employés à acheter des terres qui acquièrent chaque jour
plus de prix par l'accroissement de la population, donnent à ceux qui en
font cet usage, la certitude de laisser d'assez grandes fortunes à leurs
enfans.

L'auteur de cet écrit a vu plusieurs exemples de grands terrains,
achetés à raison de dix livres sterlings pour cent acres, dans le pays,
qu'on appeloit alors les frontières de la Virginie, lesquels, au bout de
vingt ans, ayant été défrichés, et se trouvant en-deçà de nouveaux
établissemens, ont été vendus trois livres sterlings l'acre. L'acre
américain est le même que l'acre anglais et l'acre de Normandie[39].

Ceux qui veulent connoître le gouvernement des Américains, doivent lire
les constitutions des différens États-Unis, et les articles de
confédération qui les lient les uns aux autres, sous la direction d'une
assemblée générale, appelée _Congrès_. Ces constitutions ont été
imprimées en Amérique, par ordre du congrès. L'on en a fait deux
éditions à Londres, et la traduction française en a été publiée
dernièrement à Paris.

Depuis quelque temps, divers princes de l'Europe, croyant qu'il y auroit
de l'avantage pour eux

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_Je n'aurois point _connoissancé_ cela_[3], dit-on, _si l'opinant n'avoit pas_, etc.
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Par exemple, si un pays exporte son boeuf et sa toile pour payer l'importation du vin de Bordeaux et du porter, tandis qu'une partie de ses habitans ne vivent que de pommes de terre et n'ont point de chemises, cela ne ressemble-t-il pas à ce que fait un fou qui laisse sa famille souffrir la faim et vend ses vêtemens pour acheter de quoi s'enivrer? Notre commerce américain est, je l'avoue, un peu comme cela.
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On peut faire une question.
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Mais, en même-temps, l'ennemi devient plus soigneux.
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» Cependant on peut citer l'exemple récent d'un marchand anglais, qui n'a point voulu profiter de ce que lui avoit produit la course.
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-- »Alors ils nièrent la vérité de ses entretiens avec Dieu; et ils prétendirent que le secret de ses rendez-vous, le soin qu'il avoit eu d'empêcher que personne écoutât ses discours, et approchât même du lieu où il étoit, devoit donner beaucoup de doutes à cet égard.
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Si nous entrons dans nos cités, nous voyons que, depuis la révolution, les propriétaires des maisons et des terreins qui y sont compris, ont vu considérablement augmenter leur fortune.
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Cependant le cordonnier gagne en Amérique, beaucoup plus qu'il ne gagneroit en Europe, parce qu'il peut ajouter au prix qu'il vend ses souliers, une somme presqu'égale aux dépenses de fret, de commission, d'assurances, que fait nécessairement payer le marchand.
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[35] La province de Massachusett, dont Boston est la capitale.
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Il y aura trois degrés de comparaison.
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Le premier mouvement des parties de l'air vers leur centre commun, a dû occasionner un tourbillon, qui a été continué par la rotation du globe nouvellement formé, et le plus grand diamètre de la coquille s'est trouvé à l'équateur.
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P.
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une communication continuelle de ce fluide avec la terre, n'est-ce pas par le mouvement qu'il reçoit du soleil, que nous sommes éclairés? Ne se peut-il pas que chacune de ses infiniment petites vibrations, frappant la matière commune avec une certaine force, il en pénètre la substance, y est retenu par l'attraction, et augmenté par des vibrations nouvelles, jusqu'à ce que la matière en ait reçu toute la quantité qu'elle est susceptible de contenir? N'est-ce pas ainsi que la surface de ce globe est continuellement échauffée par les vibrations qui se répètent pendant le jour; et rafraîchie quand la nuit les fait cesser, ou que des nuages les interrompent? N'est-ce pas ainsi que le feu est amassé, et compose la plus grande partie de la substance des corps combustibles? Peut-être que quand notre globe fut créé, et que ses parties constitutives prirent leur place à différens degrés de distance du centre, et proportionnément à leur plus ou moins de gravité, le fluide du feu attiré vers ce centre, pouvoit, comme très-léger, être en grande partie forcé de prendre place au-dessus du reste, et former ainsi l'enveloppe sphérique, dont nous avons parlé plus haut.
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Nous allons rapporter une observation très-juste, qui se trouve dans un mémoire relatif aux prétentions de la France sur les terres des six Nations, et remis le 7 juin 1755, par les ministres du roi d'Angleterre au duc de Mirepoix.
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» Le 5 janvier 1768, le gouverneur de la Pensylvanie envoya un message à l'assemblée générale de la province avec la lettre du général Gage.
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En un mot, d'après les principes des lords commissaires, les relations avec le royaume doivent être avantageuses si les colons sont établis à l'orient des montagnes d'Allegany.
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Il est certain que plusieurs millions d'hommes de plus existans dans le monde commerçant, nécessitent l'augmentation du travail en Europe, dans l'agriculture, les manufactures, le commerce, la navigation.
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--Cela presse avec grande force les vaisseaux du pied et refoule ce qu'ils contiennent.
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13.
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»Si vous étiez domestique ne seriez-vous pas honteux qu'un bon maître vous trouvât les bras croisés.