Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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à multiplier les manufactures dans leurs états,
de manière à diminuer l'importation des marchandises étrangères, ont
cherché à attirer des ouvriers des autres pays, en leur accordant de
gros salaires et des privilèges.--Beaucoup de personnes, qui prétendent
être très-habiles dans divers genres de manufactures précieuses,
s'imaginant que l'Amérique devoit avoir besoin d'elles, et que le
congrès seroit probablement disposé à imiter les princes dont je viens
de faire mention, lui ont proposé de se rendre dans les États-Unis, à
condition qu'il paieroit leur passage et qu'il leur donneroit des
terres, des appointemens, et des privilèges pour un certain nombre
d'années. Mais si ces personnes lisent les articles de la confédération
des États-Unis, elles verront que le congrès n'a ni le pouvoir ni
l'argent nécessaire pour faire ce qu'elles désirent. Si de tels
encouragemens peuvent avoir lieu, ce n'est que de la part du
gouvernement de quelqu'un des états. Cependant, cela arrive rarement en
Amérique; et quand on l'a fait, le succès a souvent mal répondu aux
espérances. On a vu que le pays n'étoit pas encore assez avancé pour
engager des particuliers à y établir des manufactures. La main-d'oeuvre
y est communément trop chère; il est trop difficile d'y rassembler des
journaliers, parce que chacun veut y travailler pour son compte; et le
bas prix des terres y excite beaucoup d'ouvriers à abandonner leur
métier pour s'adonner à l'agriculture.

Le peu de manufactures qui y ont réussi, sont celles qui exigent peu de
bras, et dans lesquelles la plus grande partie du travail se fait avec
des machines. Les marchandises trop volumineuses, et qui ne sont pas
d'un prix assez considérable pour supporter les dépenses du fret,
peuvent être faites dans le pays et vendues à meilleur marché, que
lorsqu'on les y transporte. Mais ce ne sont que ces sortes d'objets
qu'il est avantageux d'y fabriquer lorsqu'on en trouve le débit. Les
fermiers américains ont tous les ans beaucoup de laine et de lin: mais
au lieu d'en exporter, on emploie le tout dans le pays. Chaque fermier a
chez lui sa petite manufacture pour l'usage de sa famille. L'on a
essayé, dans plusieurs provinces, d'acheter une grande quantité de laine
et de lin, pour les faire filer et tisser, et former des établissemens
où l'on pût vendre beaucoup de toile et d'étoffes de laine: mais ces
projets n'ont presque jamais réussi, parce que les marchandises
pareilles qui viennent de l'étranger, sont moins chères.

Lorsque le gouvernement a été invité à soutenir ces établissemens, par
des encouragemens, par des avances de fonds, ou en mettant des impôts
sur l'importation des marchandises étrangères, il a presque toujours
refusé; car il a

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TOME SECOND.
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Robinson, et on trouve le résultat de ses expériences dans le volume des _Transactions philosophiques de la société royale de Londres_[11], pour l'année 1757[12].
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Quand il éprouve une crampe à la jambe, le moyen de la faire cesser, est de frapper tout-à-coup la partie qui en est affectée, et il ne peut le faire qu'en se tournant sur le dos et levant sa jambe en l'air.
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Je me lève donc, tous les jours, de très-bon matin, et je reste alors sans m'habiller une heure ou une demi-heure, suivant la saison, m'occupant à lire, ou à écrire.
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Celui qui sème un grain de bled, est peut-être récompensé de sa peine par quarante grains de bled que la terre lui rend; et celui qui tire un poisson du sein de la mer, en retire une pièce d'argent.
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Or, il ne vaut pas la peine qu'un homme, qui a quelque moyen de vivre chez lui, s'expatrie dans l'espoir d'obtenir une place avantageuse en Amérique.
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L'acre américain est le même que l'acre anglais et l'acre de Normandie[39].
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Des éloges, des encouragemens, des avis seront le partage du reste.
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Les instructions du général Braddock, contenant une reconnoissance très-claire du droit qu'avoient les six Nations sur les terres dont il s'agit ici, nous croyons devoir transcrire les mots qui les terminent.
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En outre, les six Nations réclament un droit de conquête sur les Illinois et sur toute l'étendue du Mississipi.
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8º.
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--Nous croyons qu'il nous suffit de dire que ces principaux Pensylvaniens dont parle le rapport, et--«qui ont présenté leurs noms et leur association au conseil de sa majesté, dans l'intention de faire des établissemens à la Nouvelle-Écosse,»--ont été convaincus, depuis plusieurs années, de l'impossibilité d'engager des habitans à quitter les colonies du centre, pour aller s'établir dans cette province; et même que ceux, à qui on avoit persuadé d'y aller, sont, pour la plupart, retournés chez eux, en se plaignant beaucoup de la dureté et de la longueur des hivers.
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Comme les habitans des colonies du centre auront, d'après les nouvelles limites, la liberté de s'étendre graduellement dans l'intérieur du pays, ces côtes rempliront le but d'augmenter la population et la consommation, bien plus efficacement et plus avantageusement que l'établissement des gouvernemens nouveaux.
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Aussi, les voit-on sans cesse en querelle.
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du roi ne sont point gouvernés.
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--Au contraire; vous avez demandé du thé et l'échiquier.
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L'ANGE.
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Cependant, je portois toujours mon petit livre avec moi.
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La paresse rend tout difficile, et le travail tout aisé.
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Le bonhomme Richard dit qu'il est plus aisé de bâtir deux cheminées que d'entretenir du feu dans une.