Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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ou de
comédie, une ode, une satire, une lettre, des vers blancs, et un passage
d'_Hudibras_ ou de quelque poëme héroïque. Mais ces écrits doivent être
bien choisis, et contenir quelqu'instruction propre à former l'esprit
des jeunes gens, et à leur inspirer le goût des bonnes moeurs.

Il est nécessaire que les écoliers commencent par étudier les leçons, et
qu'ils les entendent bien, avant de les lire tout haut; en conséquence,
il faut que chaque écolier ait un petit dictionnaire anglais, afin de
pouvoir y chercher le sens des mots qui lui paroissent difficiles. Quand
nos enfans lisent de l'anglais en notre présence, nous nous imaginons
qu'ils entendent tout ce qu'ils lisent, parce que nous l'entendons
nous-même, et parce que c'est notre langue naturelle. Mais le fait est
qu'ils lisent souvent comme les perroquets parlent, comprenant très-peu,
ou plutôt ne comprenant rien de ce qu'ils disent.

Il est impossible qu'un lecteur donne à sa voix le ton convenable, et
prononce avec justesse, à moins que son esprit ne précède sa voix, et ne
sente bien ce qu'il dit. La coutume qu'on a d'exercer les enfans à lire
haut ce qu'ils n'entendent pas, occasionne cette manière monotone qui
est si commune parmi les lecteurs; et lorsqu'on s'y est une fois
accoutumé, il est très-difficile de s'en corriger. Aussi, parmi
cinquante lecteurs, à peine s'en trouve-t-il un de bon. La rareté des
gens qui lisent bien, est cause que les écrits qu'on publie dans le
dessein d'influer sur les opinions des hommes, ou pour leur avantage,
ont toujours la moitié moins d'effet. Si dans chaque canton il y avoit
seulement un homme qui sût bien lire, un bon orateur auroit sur toute
une nation, le même avantage et le même effet qu'il a dans l'assemblée
où il parle; et il sembleroit alors que sa voix seroit entendue de tous
ses concitoyens.


TROISIÈME CLASSE.

Dans cette classe, on doit apprendre à parler avec justesse et avec
grâce; ce qui a beaucoup de rapport avec l'art de bien lire, et le suit
naturellement dans les études de la jeunesse. Là, il faut que les
écoliers commencent à apprendre les élémens de la rhétorique, d'après un
traité abrégé et propre à leur faire connoître les tropes, les figures.
On doit, en outre, leur faire remarquer leurs fautes contre la
grammaire, leur mauvais accent, leurs phrases peu correctes, et
généralement tous les vices de leur élocution.

On doit leur faire apprendre par coeur et réciter avec action, de
courtes harangues qui se trouvent dans l'histoire romaine, ou dans
d'antres histoires, ainsi que des discours tirés des débats
parlementaires. On peut aussi leur apprendre à déclamer les

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Text Comparison with The Complete Works in Philosophy, Politics and Morals of the late Dr. Benjamin Franklin, Vol. 1 [of 3]

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His voice was sonorous and agreeable; so that when he sung a psalm or hymn, with the accompaniment of his violin, as was his frequent practice in an evening, when the labours of the day were finished, it was truly delightful to hear him.
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But as the faculty of writing prose has been of great service to me in the course of my life, and principally contributed to my advancement, I shall relate by what means, situated as I was, I acquired the small skill I may possess in that way.
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At the same time taking old Bradford for an inhabitant of the town well-disposed towards him, he communicated his project to him, and the prospect he had of success.
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The governor was arrived, and I went to his lodgings.
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His mental vivacity, and good natural disposition, made him an excellent companion; but he was indolent, thoughtless, and to the last degree imprudent.
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My friends were sorry to see me connected with him; but I contrived to derive from it the utmost advantage the case admitted.
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If a glass globe be placed at one end of a prime-conductor, and a sulphur one at the other end, both being equally in good order, and in equal motion, not a spark of fire can be obtained from the conductor; but one globe will draw out, as fast as the other gives in.
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This was near the end of the gust.
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When the apparatus was last electrified, it was by the fall of thawing snow, which happened so lately, as on the 12th of November; that being the twenty-sixth day, and sixty-first time it has been electrified, since it was first set up; which was about the middle of May.
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By this post I send to ****, who is curious in that way, some meteorological observations and conjectures, and desire him to communicate them to you, as they may afford you some amusement, and I know you will look over them with a candid eye.
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I am very much pleased that the explication I sent you, of the crooked direction of lightning, meets with your approbation.
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is held in the hand, and rise in the other as a jet or fountain; when it is all in the other, it begins to boil, as it were, by the vapour passing up through it; and the instant it begins to boil, a sudden coldness is felt in the ball held; a curious experiment, this, first observed and shown me by Mr.
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TO THOMAS RONAYNE, ESQ.
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A respectable person assured me, that he once knew a remarkable instance of this: A whole flock of sheep in Scotland, being closely assembled under a tree, were killed by a.
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M.
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properties of its particles, 205.
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_Britain_, incapacity of, to supply the colonies with manufactures, ii.
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depends on payment of loans, 373.
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_Duties_, moral, the knowledge of, more important than the knowledge of nature, ii.