Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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lu et sur les passages des auteurs qui
leur plaisent le plus, ou enfin, des lettres de félicitation, de
compliment, de sollicitation, de remerciement, de recommandation,
d'exhortation, de consolation, de plainte, d'excuse. On leur apprendra à
s'exprimer, dans ces lettres, avec clarté, d'une manière concise et
naturelle, et à éviter les grands mots et les phrases ampoulées.

Tout ce qu'ils écriront passera sous les yeux du maître, qui leur fera
remarquer leurs fautes, les corrigera, et donnera des éloges aux
endroits qui en mériteront. Quelques-unes des meilleures lettres
publiées dans notre langue, telles que celles de sir William Temple, de
Pope, de ses amis, et quelques autres, seront données pour modèle aux
élèves; et le maître, en les leur fesant copier, leur en fera remarquer
les beautés.

Les élèves liront les _Élémens de Morale_[41] du docteur Johnson; et le
maître les leur expliquera, afin de graver dans leur ame des principes
solides de vertu et de piété.

Comme les élèves de la quatrième classe continueront à lire l'histoire,
on leur donnera, à certaines heures, de nouvelles leçons de chronologie,
et le maître de mathématiques leur enseignera cette partie de la
géographie qui est nécessaire pour bien connoître les cartes et la
sphère armillaire. On leur apprendra aussi les noms modernes des lieux
dont parlent les anciens auteurs. On continuera de temps en temps à les
former dans l'art de bien lire et de bien parler.


CINQUIÈME CLASSE.

Ici, les élèves se perfectionneront dans la composition. Non-seulement
ils continueront à écrire des lettres, mais ils feront de petits traités
en prose, et ils s'essaieront en vers; non qu'on en veuille faire des
poëtes, mais parce que rien n'est si utile à un jeune homme pour
apprendre à varier ses expressions, que la nécessité de trouver des mots
et des phrases, qui conviennent à la mesure, à l'harmonie et à la rime
des vers, et qui, en même-temps, rendent bien le sentiment qu'il doit
peindre.

Le maître examinera ces divers essais, et en indiquera les fautes, pour
que l'élève les corrige lui-même. Les élèves, dont le jugement ne sera
pas assez formé pour cette composition, recevront du maître le sens d'un
discours du _Spectateur_, et l'écriront le mieux qu'ils pourront. On
leur donnera aussi le sujet d'une histoire pour qu'ils l'arrangent d'une
manière convenable. On leur fera abréger quelques paragraphes d'un
auteur diffus, ou amplifier des morceaux trop concis.--On leur fera lire
les _Premiers Principes des Connoissances Humaines_[42] du docteur
Johnson, contenant la logique ou l'art de raisonner; et on leur
expliquera les difficultés qu'ils pourront y trouver.

On continuera encore, dans cette classe, à former les élèves dans l'art
de bien lire et de

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»J'ai lu, avec beaucoup de satisfaction, le détail que vous me donnez des honneurs qui ont été rendus à la mémoire de Franklin, par les Habitans de Philadelphie et par le Congrès américain.
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Mais il me dit que son fils, imprimeur à Philadelphie, avoit depuis peu vu mourir Aquila Rose, son principal compositeur, et que si je voulois aller le joindre, il s'arrangeroit probablement avec moi.
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Quand elle sut que j'étois imprimeur, elle voulut me persuader de rester à Burlington pour y exercer mon état.
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Fatigué d'avoir marché, ramé et passé la nuit sans dormir, j'avois grand'faim, et ne possédois pour tout argent qu'une risdale hollandaise[14] et la valeur d'un schelling en monnoie de cuivre.
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je les ferai venir.
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Mais je consentis à y adhérer, si Keimer vouloit s'abstenir de manger d'aucune espèce d'animal.
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Il continua de m'écrire fréquemment, m'envoyant de longs fragmens d'un poëme épique, qu'il composoit, et qu'il m'invitoit à critiquer et à corriger.
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Je m'y présentai; on m'y reçut; et ce fut-là que je demeurai pendant tout le reste de mon séjour à Londres.
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Notre imprimerie manquoit souvent de caractères, et il n'y avoit point en Amérique d'ouvrier qui sût en fondre.
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Il arriva qu'ils produisirent sur moi un effet précisément contraire à celui qu'on s'étoit proposé en les écrivant; car les argumens du déïsme, qu'on y citoit pour les combattre, me parurent beaucoup plus forts que leur réfutation.
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J'imaginois donc qu'un bon ouvrage de ce genre ne pourroit manquer de réussir.
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J'en fis le _Prospectus_.
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Louis XV entendant parler de l'électricité, témoigna le désir d'en voir des expériences; et pour le satisfaire, le physicien Delor en fit un cours dans la maison du duc d'Ayen, à Saint-Germain.
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Cependant il étoit à désirer que les colonies formassent un plan d'union, et pour leur défense commune, et pour leurs autres intérêts.
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Toutes ces loix devoient être envoyées en Angleterre, pour obtenir la sanction du roi; et à moins qu'elles ne fussent improuvées avant trois ans, elles devoient demeurer en vigueur.
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Si cet usage eût été maintenu, les colonies de l'Amérique septentrionale étoient si bien disposées pour la métropole, que malgré les désavantages que leur fesoit éprouver les entraves mises à leur commerce, et toute la faveur accordée à celui des Anglais, une séparation entre les deux pays eût, sans doute, été encore très-éloignée.
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Si les deux villes refusent la somme que je leur offre, elle restera dans la masse de mes biens, et l'on en disposera conformément à mon testament du 17 juillet 1788.
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Je ne ferai que peu d'usage du privilège qu'ont les vieillards, de donner des avis à leurs jeunes amis.
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Je devins grand, j'entrai dans le monde, j'observai les actions des hommes, et je crus en rencontrer plusieurs, oui, plusieurs, qui _payoient trop cher le sifflet_.
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Que pour empêcher de brûler de la bougie et de la chandelle, la police emploie le salutaire moyen, qui, l'hiver dernier, nous a rendus plus économes, dans la consommation du bois; c'est-à-dire, qu'on mette des sentinelles, à la porte des épiciers, et qu'il ne soit permis à personne d'acheter plus d'une livre de bougie ou de chandelle par semaine.