Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

Page 80

les établissemens qu'on
entreprendroit de faire dans ces contrées, seroient sans doute
entièrement détruits; et que tout le pays[51] qui s'étend depuis
l'embouchure du Kenhawa, jusqu'à celle de la rivière de Cherokée, et
ensuite vers l'est jusqu'à la montagne du Laurier, pays si récemment
cédé à sa majesté, et sur lequel aucune tribu d'Indiens ne formoit de
prétentions, resteroit entièrement abandonné aux Cherokées; qu'en
conséquence il pourroit y avoir à l'avenir, des réclamations, totalement
contraires aux vrais intérêts de sa majesté, et que les acquisitions
qu'on regardoit, avec raison, comme les plus avantageuses de la dernière
guerre, seroient tout-à-fait perdues.»

D'après les faits dont nous venons de faire l'exposition, il est
évident:

1º. Que le pays situé au midi du grand Kenhawa, ou au moins, celui qui
s'étend jusqu'à la rivière de Cherokée, appartenoit originairement aux
Schawanesses.

2º. Qu'en subjuguant les Schawanesses, les six Nations devinrent les
vrais propriétaires de ce pays.

3º. Qu'en conséquence de la cession que les six Nations en ont faite au
roi d'Angleterre, dans le congrès tenu, en 1768, au fort Stanwix, ce
pays appartient à présent légitimement aux Anglais.

4º. Que les Cherokées n'ont jamais résidé ni chassé dans ce pays, et
qu'ils n'y ont aucune espèce de droit.

5º. Que la chambre des citoyens de la colonie de Virginie a été
très-fondée à affirmer que les Cherokées, dont les Virginiens
connoissent les possessions, parce qu'ils en sont voisins, n'ont aucun
droit sur le territoire qui est au sud du grand Kenhawa.

6º. Enfin, que ni les six Nations, ni les Schawanesses, ni les Delawares
n'habitent ni ne chassent plus dans ce pays.

Ces considérations prouvent qu'en nous permettant d'établir toutes les
terres, comprises dans notre contrat avec les lords commissaires de la
trésorerie, le conseil privé ne nuira ni au service de sa majesté, ni à
la confédération des six Nations, ni même aux Cherokées.

Mais, depuis le congrès du fort Stanwix, où les six Nations ont cédé au
roi le pays que nous demandons, il y a eu quelque traité par lequel la
couronne a promis aux six Nations et aux Cherokées de ne point former
d'établissemens au-delà de la ligne marquée sur la carte jointe au
rapport du bureau du commerce et des colonies, quoique les lords
commissaires aient reconnu que les six Nations avoient cédé la propriété
de ces terres à sa majesté; si, disons-nous, il existe un tel traité,
nous nous flattons que les lords commissaires ne feront plus aucune
objection, en voyant spécialement inséré dans l'acte de concession,
qu'il nous sera défendu d'établir aucune partie du pays, sans en avoir
préalablement obtenu la permission de sa majesté, et l'agrément des
Cherokées, des

Last Page Next Page

Text Comparison with Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

Page 12
Je ne crois point que cela puisse avoir aucun dangereux effet.
Page 20
Les loix ne peuvent l'empêcher; peut-être même n'est-ce pas un mal pour le public.
Page 36
Les Indiens sont, pendant leur jeunesse, chasseurs et guerriers.
Page 45
S'il y eût songé, il aurait pu, ce me semble, s'étayer d'une autorité aussi irréfragable.
Page 47
» Moyse nia qu'il se fût rendu coupable de péculat, et ses accusateurs ne purent alléguer aucune preuve contre lui.
Page 49
Four un artisan ou un marchand, nous comptons au moins cent laboureurs qui, pour la plupart, cultivent leurs propres champs, et en retirent non-seulement leur subsistance, mais aussi de quoi se vêtir, de sorte qu'ils ont besoin de fort peu de marchandises étrangères; et qu'ils vendent, en outre, une assez grande quantité de denrées pour accumuler insensiblement beaucoup d'argent.
Page 51
Il est vrai que la discorde et l'esprit de parti troublent quelques-uns des États-Unis.
Page 52
Ils peuvent diminuer par des impôts considérables ou empêcher par une prohibition sévère, ces sortes d'importations; et nous nous enrichirons davantage, si toutefois, et cela est incertain, le désir de nous parer de beaux habits, d'être bien meublés, d'avoir des maisons élégantes, ne doit pas, en excitant le travail et l'industrie, produire beaucoup plus que ne nous coûtent ces objets.
Page 59
Ce désir qu'ont les maîtres, d'avoir beaucoup de mains employées à travailler pour eux, les engage à payer le passage des personnes de l'un et de l'autre sexe, qui arrivent jeunes en Amérique, et conviennent de les servir pendant deux, trois ou quatre ans.
Page 63
Quand l'auteur a employé une expression qui manque de justesse, il faut le faire observer aux écoliers.
Page 80
Qu'en conséquence de la cession que les six Nations en ont faite au roi d'Angleterre, dans le congrès tenu, en 1768, au fort Stanwix, ce pays appartient à présent légitimement aux Anglais.
Page 97
prévenir l'établissement des manufactures dans les colonies, il est nécessaire d'ouvrir aux établissemens un territoire étendu et proportionné à l'accroissement de la population; parce que lorsque beaucoup d'habitans sont renfermés dans d'étroites limites, et n'ont pas assez de terre à cultiver, ils sont forcés de porter leurs vues et leur industrie vers les manufactures».
Page 98
--Il dit aussi, «Qu'en formant des établissemens à une si grande distance, le transport de la soie, du vin et des autres objets qu'ils produiroient, les rendroit probablement trop chers pour tous les marchés où l'on voudroit les vendre, et que les habitans n'auroient à donner que des fourrures en échanges des marchandises anglaises.
Page 99
3º.
Page 103
--Vous nous avez souvent dit que vous aviez des loix pour gouverner votre nation; mais nous ne voyons pas qu'en effet vous en ayez.
Page 105
--Il a été démontré que ni les proclamations royales, ni celles des assemblées provinciales, ni la crainte des horreurs d'une guerre sauvage, n'ont pu empêcher des colons de s'établir sur les montagnes, même avant que le pays fût acheté des Indiens.
Page 118
Mais ce qui m'a consolé de cette imputation malveillante et sans fondement, c'est que j'ai conservé en Angleterre, l'amitié de plusieurs hommes sages et probes, parmi lesquels je puis compter lord Howe.
Page 122
--Les fils et petits-fils du maître de la maison travailloient au métier.
Page 134
--Enfin, il me demanda quelle étoit ma religion.
Page 142
«Ô bonté puissante! père bienfaisant! guide miséricordieux, augmente en moi la sagesse pour que je puisse connoître mes vrais intérêts; fortifie ma résolution pour exécuter ce qu'elle prescrit, agrée mes bons offices à l'égard de tes autres enfans, comme le seul acte de reconnoissance qui soit en mon pouvoir pour les faveurs continuelles que tu m'accordes.