Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome II suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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prévenir l'établissement des manufactures dans les colonies, il est
nécessaire d'ouvrir aux établissemens un territoire étendu et
proportionné à l'accroissement de la population; parce que lorsque
beaucoup d'habitans sont renfermés dans d'étroites limites, et n'ont pas
assez de terre à cultiver, ils sont forcés de porter leurs vues et leur
industrie vers les manufactures».--Mais ces lords observent en
même-temps:--«Que l'encouragement donné aux colonies voisines de la mer,
et l'effet qu'a eu cet encouragement, ont efficacement pourvu à cet
objet». Cependant, ils ne désignent pas les parties de l'Amérique
septentrionale où l'on a pourvu à l'objet de la population. S'ils ont
cru qu'il suffisoit pour cela d'avoir formé l'établissement des
gouvernemens de Quebec, de la Nouvelle-Écosse, de l'île de Saint-Jean de
Terre-Neuve, et des deux Florides, nous oserons dire qu'ils se sont
trompés. Il est une vérité incontestable, c'est que bien que dans les
colonies du centre il y ait au moins un million d'habitans, nul
d'entr'eux n'a émigré pour aller s'établir dans ces nouvelles provinces.
Par cette même raison, et d'après les motifs ordinaires, qui engagent à
former des colonies, nous affirmons que personne n'aura envie de quitter
le climat salubre et tempéré de la Virginie, du Maryland, de la
Pensylvanie, pour aller s'exposer au froid excessif du Canada et de la
Nouvelle-Écosse ou aux chaleurs des deux Florides.--D'ailleurs, le
gouvernement n'a pas le pouvoir de faire des avantages qui puissent
compenser la perte des amis et des voisins, la nécessité de rompre des
liens de famille, et l'abandon d'un sol et d'un climat infiniment
supérieurs à ceux du Canada, de la Nouvelle-Écosse et des deux Florides.

L'accroissement de population des provinces du centre est sans exemple.
Les habitans ont déjà commencé à établir quelques manufactures. Or, n'y
a-t-il pas lieu de croire qu'ils seront forcés de porter presque toute
leur attention vers ce dernier objet, si l'on les retient dans les
étroites limites où ils sont? Eh! comment peut-on empêcher qu'ils ne
deviennent manufacturiers, si ce n'est, comme l'ont justement observé
les lords commissaires, en leur donnant une étendue de territoire
proportionnée à l'accroissement de leur population?--Mais où
trouvera-t-on un territoire convenable pour une nouvelle colonie
d'habitans des provinces du centre?--Où?--Dans le pays même, où les
lords commissaires ont dit que les habitans de ces provinces auroient la
liberté de s'établir; pays que le roi a acheté des six Nations; pays où
des milliers de ses sujets sont déjà établis; pays, enfin, où les lords
commissaires ont reconnu que:--«l'extension graduelle des établissemens
sur le même territoire, étant proportionnée à la population, pouvoit
entretenir les rapports d'un commerce avantageux entre la
Grande-Bretagne et ses possessions les plus éloignées.»

Le septième paragraphe du

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Alors il se retira à Banbury, dans l'Oxford-Shire, où résidoit son fils John, qui exerçoit le métier de teinturier, et chez qui mon père étoit en apprentissage.
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Il avoit conçu ce dessein, à cause de la promptitude avec laquelle j'avois appris à lire dans mon enfance, car je ne me souviens pas d'avoir jamais été sans savoir lire, et il y étoit, en outre, excité par les encouragemens de ses amis, qui l'assuroient que je deviendrois certainement un homme de lettres.
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Dans nos projets, j'étois presque toujours celui qui conduisoit la troupe, et je l'engageois quelquefois dans des embarras.
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Bradford me laissa chez Keimer, qui fut étrangement surpris quand je lui dis le nom du vieillard.
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Il dit qu'il me regardoit comme un jeune homme dont les talens promettoient beaucoup, et qu'à ce titre je méritois d'être encouragé; que les imprimeurs de Philadelphie n'étoient que des ignorans; que si je m'y établissois il ne doutoit pas de mes succès; que pour sa part, il me feroit imprimer tout ce qui avoit rapport au gouvernement, et qu'il me rendroit tous les services qui dépendroient de lui.
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Watson étoit un jeune homme honnête, sensé et très-pieux.
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» Nous savions déjà, aussi bien que le marchand de papier, que le procureur Riddlesden étoit un coquin.
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Le logement que j'occupois dans Little-Britain, étant trop éloigné de l'imprimerie, je le quittai pour en prendre un autre dans Duke-Street, vis-à-vis de l'église catholique.
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Il me proposa de faire avec lui le tour de l'Europe, en nous défrayant, en même-temps, par le travail dans notre profession.
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quoique certaines actions pussent n'être pas mauvaises, par la seule raison qu'elle les défendoit, ou bonnes, parce qu'elle les prescrivoit, il étoit pourtant probable que tout bien considéré, ces actions étoient défendues, parce qu'elles étoient dangereuses pour nous, ou commandées parce qu'elles étoient avantageuses par leur nature.
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Pour montrer que je ne me regardois pas comme au-dessus de ma profession, je traînois quelquefois moi-même la brouette, où étoit le papier que j'avois acheté dans les magasins.
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Il paroît que, dès l'instant où les Européens se sont établis en Pensylvanie, un esprit de dispute a régné parmi les habitans de cette province.
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Ces poêles ont, à la vérité, l'avantage de faire continuellement circuler la chaleur; de sorte qu'on a besoin de moins de chauffage pour entretenir la température dans un état convenable, sur-tout lorsque la chambre est assez close pour empêcher l'air extérieur d'entrer: mais ils peuvent aussi occasionner des rhumes, des maux de dents, et d'autres incommodités de ce genre.
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Philadelphie, le 3 mai 1753.
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(_Note du Traducteur.
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Cependant, dans les intervalles de repos, non-seulement il s'amusoit à lire et à converser gaiement avec sa famille, et avec quelques amis qui lui rendoient visite, mais il s'occupoit d'affaires publiques et particulières, avec diverses personnes qui venoient le consulter.
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Daignez, messieurs, faire sentir à nos parens l'injustice d'une tendresse exclusive, et la nécessité de partager également leurs soins et leur affection entre tous leurs enfans.
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À quoi me servent à présent tous mes travaux, tous mes soins, pour amasser sur cette feuille une provision de rosée, dont je n'aurai pas le temps de jouir? Qu'importent toutes les querelles politiques, dans lesquelles je me suis engagé pour l'avantage de mes compatriotes qui habitent sur ce.
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Celui qui, dans un jour, peut gagner dix schellings par son travail, et qui va se promener, ou qui reste oisif la moitié de la journée, quoiqu'il ne dépense que six sous durant le temps de sa promenade, ou de son oisiveté, ne doit pas compter cette seule dépense: il a réellement dépensé, ou plutôt prodigué, cinq schellings de plus.
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C'est là ce que j'appelle ma découverte.