Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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réfléchi, nous découvrons
le moyen d'échapper à un danger qui paroissoit inévitable, que nous
sommes enhardis à continuer de combattre jusqu'à la fin, dans l'espoir
de vaincre par notre adresse, ou au moins, de profiter de la négligence
de notre adversaire pour le faire mat. Quiconque réfléchit aux exemples
que lui fournissent les échecs, à la présomption que produit
ordinairement un succès, à l'inattention qui en est la suite, et qui
fait changer la partie, apprend, sans doute, à ne pas trop craindre les
avantages de son adversaire, et à ne pas désespérer de la victoire,
quoiqu'en la poursuivant il reçoive quelque petit échec.

Nous devons donc rechercher l'amusement utile que nous procure ce jeu,
plutôt que d'autres, qui sont bien loin d'avoir les mêmes avantages.
Tout ce qui contribue à augmenter le plaisir qu'on y trouve, doit être
observé; et toutes les actions, tous les mots peu honnêtes, indiscrets,
ou qui peuvent le troubler de quelque manière, doivent être évités,
puisque les joueurs n'ont que l'intention de passer agréablement leur
temps.

1º. Si l'on convient de jouer suivant les règles, il faut que les règles
soient strictement suivies par les deux joueurs, non pas que tandis que
l'un s'y soumet, l'autre cherche à s'en affranchir; car cela n'est pas
juste.

2º. Si l'on ne convient pas d'observer exactement les règles, et qu'un
joueur demande de l'indulgence, il faut qu'il consente à accorder la
même indulgence à son adversaire.

3º. Il ne faut pas que vous fassiez jamais une fausse marche, pour vous
tirer d'un embarras, ou obtenir un avantage. On ne peut plus avoir aucun
plaisir à jouer avec quelqu'un qu'on a vu avoir recours à ces ressources
déloyales.

4º. Si votre adversaire est lent à jouer, vous ne devez ni le presser,
ni paroître fâché de sa lenteur. Il ne faut pas, non plus, que vous
chantiez, que vous siffliez, que vous regardiez à votre montre, que vous
preniez un livre pour lire, que vous frappiez avec votre pied sur le
plancher, ou avec vos doigts sur la table, ni que vous fassiez rien qui
puisse le distraire; car tout cela déplaît et prouve non pas qu'on joue
bien, mais qu'on a de la ruse et de l'impolitesse.

5º. Vous ne devez pas chercher à tromper votre adversaire en prétendant
avoir fait une fausse marche, et en disant que vous voyez bien que vous
perdrez la partie, afin de lui inspirer de la sécurité, de la négligence
et d'empêcher qu'il aperçoive les pièges que vous lui tendez; car ce ne
seroit point de la science, mais de la fraude.

6º. Quand vous avez gagné une partie, il ne

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Text Comparison with Franklin's Way to Wealth; or, "Poor Richard Improved"

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[Illustration: 'If you would have my advice, I will give it you in short; "for a word to the wise is enough.
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Proprietors, W.
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'It would be thought a hard government that should tax its people one-tenth part of their time to be employed in its service: but idleness taxes many of us much more; sloth, by bringing.
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[Illustration: The Sun shone yesterday, and I would not work, to-day it rains and I cannot work.
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Darton, Junr.
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] 'Trusting too much to others' care is the ruin of many; for, "In the affairs of this world, men are saved, not by faith, but by the want of it:" but a man's own care is profitable; for, "If you would have a faithful servant, and one that you like,--serve yourself.
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"If you would know the value of money, go and try to borrow some; for he that goes a borrowing, goes a sorrowing," as Poor Richard says; and, indeed, so does he that lends to such people, when he goes to get it in again.
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" It is, however, a folly soon punished: for, as Poor Richard says, "Pride that dines on vanity, sups on contempt;--Pride breakfasted with Plenty, dined with Poverty and supped with Infamy.
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" At present, perhaps, you may think yourselves in thriving circumstances, and that you can bear a little extravagance without injury; but "For age and want save while you may, No morning sun lasts a whole day.
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--I found the good man had thoroughly studied my Almanacks, and digested all I had dropt on those topics during the course of twenty-five years.