Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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parloit jamais des mets
qui paroissoient sur la table. Il n'observoit point s'ils étoient bien
ou mal cuits, de bon ou de mauvais goût, trop ou trop peu assaisonnés,
préférables ou inférieurs à tel autre plat du même genre. Ainsi,
accoutumé dès mon enfance à ne pas faire la moindre attention à ces
objets, j'ai toujours été parfaitement indifférent à l'espèce d'alimens
qu'on m'a servis; et je m'occupe encore si peu de ces choses-là, que
quelques heures après mon dîner il me seroit difficile de me ressouvenir
de quoi il a été composé. C'est, sur-tout, en voyageant que j'ai senti
l'avantage de cette habitude; car il m'est souvent arrivé de me trouver
avec des personnes, qui ayant un goût plus délicat que le mien, parce
qu'il étoit plus exercé, souffroient dans bien des occasions où je
n'avois rien à désirer.

Ma mère avoit aussi une excellente constitution. Elle nourrit elle-même
tous ses dix enfans; et je n'ai jamais vu ni à elle, ni à mon père,
d'autre maladie que celle dont ils sont morts. Mon père mourut à l'âge
de quatre-vingt-sept ans, et ma mère à celui de quatre-vingt-cinq. Ils
sont enterrés à Boston, dans le même tombeau; et il y a quelques années
que j'y plaçai un marbre avec cette inscription.

«Ci-gissent

»JOSIAS FRANKLIN et ABIAH,

»sa femme.

»Ils vécurent ensemble avec une affection réciproque pendant
cinquante-neuf ans; et sans biens-fonds, sans emploi lucratif, par un
travail assidu et une honnête industrie, ils entretinrent décemment
une famille nombreuse, et élevèrent avec succès treize enfans et sept
petits-enfans.--Que cet exemple, lecteur, t'encourage à remplir
diligemment les devoirs de ta vocation, et à compter sur les secours
de la providence!

»Il fut pieux et prudent;

»Elle, discrète et vertueuse.

»Leur plus jeune fils, par un sentiment de piété filiale, consacre
cette pierre à leur mémoire.»

Mes digressions multipliées me font appercevoir que je deviens vieux.
Mais nous ne devons pas nous parer pour une société particulière, comme
pour un bal de cérémonie. Ma manière ne mérite peut-être que le nom de
négligence.

Revenons. Je continuai à être employé au métier de mon père pendant deux
années, c'est-à-dire, jusqu'à ce que j'eus atteint l'âge de douze ans.
Alors, mon frère John, qui avoit fait son apprentissage à Londres,
quitta mon père, se maria et s'établit à Rhode-Island. Je fus, suivant
toute apparence, destiné à remplir sa place, et à rester toute ma vie
fabricant de chandelles. Mais mon dégoût pour cet état ne diminuoit pas;
et mon

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Text Comparison with Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

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Il s'en assura encore d'une autre façon: ayant fixé au bout d'un bâton de sapin d'environ quatre pouces de long une boule d'yvoire d'un peu plus d'un pouce de diamètre, il enfonça l'autre bout du bâton dans le bouchon de liége: ayant ensuite frotté le tube, il vit avec plaisir que la boule attiroit & repoussoit le duvet avec plus de force que n'avoit fait le liége.
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11.
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] Par l'air parfaitement sec, j'entens le plus sec, que nous puissions avoir; car peut-être n'en avons-nous jamais qui soit parfaitement purgé d'humidité.
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Mais si le feu, dont la surface intérieure est surchargée, est précisément la quantité qui manque à la surface extérieure, il passera circulairement à travers le fil-d'archal attaché au manche de cire, rétablira l'équilibre dans le.
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Watson paroît toujours persuadé que le feu est accumulé sur le corps non électrique, qui est en contact avec le verre, pag.
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Si cela est ainsi, il doit y en avoir une grande quantité dans le verre, parce qu'une grande quantité est déchargée de la sorte même d'un verre très mince.
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Les particules d'eau s'élevant en vapeurs s'attachent elles-mêmes aux particules d'air.
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Les particules électrisées du premier nuage.
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Comme l'air entre les tropiques est raréfié par le soleil, il s'élève; l'air du nord & du sud plus dense presse à sa place; l'air ainsi raréfié & contraint de monter passe du coté du nord & du côté du midi, & est forcé de descendre dans les régions polaires, s'il n'a point d'autre issuë avant que la circulation puisse être continuée.
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Je demande, cette supposition admise, si la connoissance du pouvoir des pointes ne pourroit pas être de quelque avantage aux hommes pour préserver les maisons, les églises, les vaisseaux, &c.
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Les premiers sont propres à communiquer ce feu, & non à le conduire: les derniers le reçoivent & le transmettent, sans pouvoir le communiquer par eux-mêmes.
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des exhalaisons de la mer; ayant beaucoup de feu électrique, ils soutiennent fortement leur eau, s'élèvent à une grande hauteur, & poussés par les vents peuvent la conduire du milieu de l'Océan au milieu du plus vaste continent.
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Je suppose que la raison en est que les corps d'une certaine grosseur ne peuvent pas se séparer de la quantité du fluide électrique qu'ils ont & qu'ils conservent dans leur substance après l'avoir attirée, aussi aisément qu'ils peuvent en recevoir une quantité additionnelle sur leurs surfaces en forme d'atmosphère.
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FRANKLIN Écuyer de Philadelphie.
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_ _18.
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Mr.
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Franklin, comme peu solides: il paroît assurément très-embarrassé sur ce qu'il doit dire, c'est pourquoi il accuse M.
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L'air qui environne l'appareil à la distance de deux ou trois pieds est supposé contenir plus ou moins de feu électrique que sa part commune, selon que le tube mince est électrisé positivement ou négativement; & quand il est très-sec il ne quitte pas son surplus, ou ne répare pas son défaut aussi promptement que le tube mince, mais il peut continuer d'être électrisé, après qu'il a été touché pendant un temps considérable.