Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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riche, ni tu ne seras humilié d'avoir peu, quand les
enfans de la fortune marcheront à ta droite; car l'indépendance, soit
qu'elle ait peu ou beaucoup, est toujours un bonheur, et te placera de
niveau avec ceux qui s'enorgueillissent de posséder la toison d'or.

Oh! sois donc sage; et que l'assiduité au travail marche avec toi, dès
le matin, et t'accompagne jusqu'à ce que tu ayes atteint le soir l'heure
du repos. Que la probité soit comme le souffle de ton ame. N'oublie
jamais d'avoir chaque jour un sou de plus que le montant de tes
dépenses. Alors tu parviendras au plus haut degré du bonheur, et
l'indépendance sera ton bouclier, ton casque et ta couronne; alors ton
ame sera élevée, et ne s'abaissera pas devant le faquin vêtu de soie, ni
ne souffrira point un outrage, parce que la main qui ose le faire, porte
une bague de diamant.




PROJET ÉCONOMIQUE,
ADRESSÉ
AUX AUTEURS D'UN JOURNAL[68].

[68] En 1784, il parut une traduction de cette pièce dans un des
journaux de Paris. Celle que nous donnons ici, est faite d'après
l'original, auquel Franklin a fait, depuis, des corrections et des
additions.


MESSIEURS,

Vous nous faites souvent part de nouvelles découvertes. Permettez que je
me serve de la voie de votre journal, pour en communiquer au public une
que j'ai faite moi-même, et qui, je crois, peut être d'une grande
utilité.

Je me trouvai, il y a peu de jours, dans une maison où il y avoit
nombreuse compagnie, et où la nouvelle lampe de MM. Quinquet et Lange
fut présentée et beaucoup admirée à cause de son éclat. La société
demanda, en même-temps, si la quantité d'huile que cette lampe
consumoit, n'étoit pas proportionnée à sa lumière, auquel cas il n'y
auroit aucune économie à s'en servir. Aucun de ceux qui étoient présens
ne put nous satisfaire sur ce point; mais tous convinrent qu'il méritoit
d'être connu, et qu'il étoit à désirer qu'on pût rendre moins cher le
moyen d'éclairer les appartemens, puisque tous les autres

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Text Comparison with Franklin's Way to Wealth; or, "Poor Richard Improved"

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THE _WAY TO WEALTH.
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with Biographical and Interesting Anecdotes 1 6 Watt's Catechism and Prayers, in 1 vol.
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We are taxed twice as much by our idleness, three times as much by our pride, and four times as much by our folly; and from these taxes the commissioners cannot ease or deliver us by allowing an abatement.
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"He that hath a trade, hath an estate; and he that hath a calling, hath an office of profit and honour," as Poor Richard says; but then the trade must be worked at, and the calling well followed, or neither the estate nor the office will enable us to pay our taxes.
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.
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Darton, Junr.
Page 6
Remember what poor Richard says, "Buy what thou hast no need of, and ere long thou shalt sell thy necessaries.
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" It is, however, a folly soon punished: for, as Poor Richard says, "Pride that dines on vanity, sups on contempt;--Pride breakfasted with Plenty, dined with Poverty and supped with Infamy.
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'This doctrine, my friends, is reason and wisdom; but, after all, do not depend too much upon your own industry, and frugality, and prudence, though excellent things; for they may all be blasted without the blessing of Heaven; and therefore, ask that blessing humbly, and be not uncharitable to those that at present seem to want it, but comfort and help them.
Page 9
Page 9, "grevious" changed to "grievous" (much more grievous) Page 11, "waisting" changed to "wasting" (wasting time must be) Page 12, "mak" changed to "make" (We may make).