Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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sonner toutes les
cloches des églises; et si cela ne suffit pas, qu'on tire le canon dans
toutes les rues, afin d'éveiller efficacement les paresseux, et de les
forcer à ouvrir les yeux, pour voir leur véritable intérêt.

La difficulté du succès de ces règlemens ne se fera sentir que dans les
deux ou trois premiers jours. Après quoi la réforme sera aussi
naturelle, aussi aisée, que l'est l'irrégularité actuelle; car il n'y a
que le premier pas qui coûte. Obligez un homme à se lever à quatre
heures du matin, et il est plus que probable qu'il se couchera
volontiers à huit heures du soir. Or, quand il aura dormi huit heures,
il se lèvera volontiers à quatre heures du matin.

Mais la somme de quatre-vingt-seize millions soixante-quinze mille
livres tournois, n'est pas tout ce qu'on peut épargner par mon projet
économique. Vous devez observer que je n'ai fait mon calcul que pour la
moitié de l'année; et l'on peut épargner beaucoup durant l'autre moitié,
encore que les jours soient beaucoup plus courts. En outre, l'immense
quantité de bougie et de suif qu'on ne consumera pas pendant l'été,
rendra la bougie et la chandelle moins chères l'hiver suivant; et le
prix en diminuera progressivement aussi long-temps qu'on maintiendra la
réforme que je propose.

Quelque grand que soit l'avantage de la découverte que je communique si
loyalement au public, je ne demande ni place, ni pension, ni privilége
exclusif, ni aucune autre espèce de récompense. Je ne veux que la seule
gloire de l'avoir faite. Malgré cela, je sais bien qu'il se trouvera de
petits esprits envieux, qui voudront, comme de coutume, me la disputer,
et qui diront que mon invention étoit connue des anciens. Peut-être même
citeront-ils, pour le prouver, des passages de quelques vieux livres.

Je ne soutiendrai point, contre ces critiques, que les anciens ne
savoient pas que le soleil devoit se lever à certaines heures.
Probablement des almanachs, comme ceux que nous avons aujourd'hui, le
leur prédisoient. Mais il ne s'ensuit pas que les anciens sussent qu'il
fesoit jour aussitôt que le soleil se levoit.

C'est là ce que j'appelle ma découverte. Si les anciens connoissoient
cette vérité, elle doit avoir été oubliée depuis long-temps; car elle
est ignorée des modernes, ou du moins des Parisiens; et pour le prouver,
je n'ai besoin de faire usage que d'un argument bien simple.

Les Parisiens sont un peuple aussi bien instruit, aussi judicieux, aussi
prudent qu'aucun autre qui existe sur la terre. Tous les Parisiens
professent, comme moi, l'amour de l'économie; et d'après les nombreux et
pesants impôts qu'exigent les besoins de l'état, ils ont certainement
bien raison

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Text Comparison with Autobiography of Benjamin Franklin

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"--Thomas Jefferson.
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Here they may establish a close relationship with one of the foremost Americans as well as one of the wisest men of his age.
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My grandfather Thomas, who was born in 1598, lived at Ecton till he grew too old to follow business longer, when he went to live with his son John, a dyer at Banbury, in Oxfordshire, with whom my father served an apprenticeship.
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He had been, I imagine, an itinerant doctor, for there was no town in England, or country in Europe, of which he could not give a very particular account.
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I was not a little surprised, and Keimer star'd like a pig poison'd.
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The two first were clerks to an eminent scrivener or conveyancer in the town, Charles Brockden; the other was clerk to a merchant.
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Having taken leave of my friends, and interchang'd some promises with Miss Read, I left Philadelphia in the ship, which anchor'd at Newcastle.
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' The curiosities were in glass cases and constituted an amazing and motley collection--a petrified crab from China, a 'lignified hog,' Job's tears, Madagascar lances, William the Conqueror's flaming sword, and Henry the Eighth's coat of mail.
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George Webb, who had found a female friend that lent him wherewith to purchase his time of Keimer, now came to offer himself as a journeyman to us.
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[59] The wealthy inhabitants oppos'd any addition, being against all paper currency, from an apprehension that it would depreciate, as it had done in New England, to the prejudice of all creditors.
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Our mutual affection was revived, but there were now great objections to our union.
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"[69] [69] "O philosophy, guide of life! O searcher out of virtue and exterminator of vice! One day spent well and in accordance with thy precepts is worth an immortality of sin.
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it from pettiness in this book is the scope of power and of usefulness to be seen in Franklin himself, who set these standards up in all seriousness and candor for his own life.
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I cannot boast of much success in acquiring the _reality_ of this virtue, but I had a good deal with regard to the _appearance_ of it.
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"History of Music.
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When the company separated, and the papers were collected, we found above twelve hundred hands; and, other copies being dispersed in the country, the subscribers amounted at length to upward of ten.
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When this act however came over, the proprietaries, counselled by Paris, determined to oppose its receiving the royal assent.
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This is the purport of what I remember as urged by both sides, except that we insisted strongly on the mischievous consequences that must attend a repeal, for that the money, L100,000, being printed and given to the king's use, expended in his service, and now spread among the people, the repeal would strike it dead in their hands to the ruin of many, and the total discouragement of future grants, and the selfishness of the proprietors in soliciting such a general catastrophe, merely from a groundless fear of their estate being taxed too highly, was insisted on in the strongest terms.
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At this key the phial may be charged; and from electric fire thus obtained, spirits may be kindled,.
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Proposals Relating to the Education of Youth in Pennsylvania.