Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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à Boston. Cet état me plaisoit beaucoup
plus que celui que je fesois: mais j'avois pourtant encore une
prédilection pour la mer. Pour prévenir les effets qui pouvoient
résulter de ce penchant, mon père étoit impatient de me voir engagé avec
mon frère. Je m'y refusai quelque temps; mais, enfin, je me laissai
persuader, et je signai mon contrat d'apprentissage, n'étant encore âgé
que de douze ans. Il fut convenu que je servirois comme apprenti jusqu'à
l'âge de vingt-un ans, et que je ne recevrois les gages d'ouvrier que
pendant la dernière année.

En peu de temps, je fis de grands progrès dans ce métier, et je devins
très-utile à mon frère. J'eus alors occasion de me procurer de meilleurs
livres. La connoissance que je fis nécessairement des apprentis des
libraires, me mit à même d'emprunter de temps en temps quelques volumes,
que je rendois très-exactement, sans les avoir gâtés. Combien de fois
m'est-il arrivé de passer la plus grande partie de la nuit à lire à côté
de mon lit, quand un livre m'avoit été prêté le soir, et qu'il falloit
le rendre le lendemain matin, de peur qu'on ne s'apperçût qu'il manquoit
ou qu'on n'en eût besoin!

Par la suite, M. Mathieu Adams, négociant très-éclairé, qui avoit une
belle collection de livres, et qui fréquentoit notre imprimerie, fit
attention à moi. Il m'invita à aller voir sa bibliothèque, et il eut la
complaisance de me prêter tous les livres que j'eus envie de lire. Je
pris alors un goût singulier pour la poésie, et je composai diverses
petites pièces de vers.

Mon frère s'imaginant que mon talent pourroit lui être avantageux,
m'encouragea et m'engagea à faire deux ballades. L'une, intitulée _la
Tragédie de Phare_, contenoit le récit du naufrage du capitaine
Worthilake et de ses deux filles; l'autre étoit une chanson de matelot
sur la prise d'un fameux pirate, nommé _Teach_, ou _Barbe-Noire_. Ces
ballades n'étoient que des chansons d'aveugle, des vers misérables.
Quand elles furent imprimées, mon frère me chargea d'aller les vendre
par la ville. La première eut un débit prodigieux, parce que l'évènement
étoit récent, et avoit fait grand bruit.

Ma vanité fut flattée de ce succès: mais mon père diminua beaucoup ma
joie en tournant mes productions en ridicule, et en me disant que les
faiseurs de vers étoient toujours pauvres. Ainsi j'échappai au malheur
d'être probablement un très-mauvais poëte. Mais comme la faculté
d'écrire en prose m'a été d'une grande utilité dans le cours de ma vie,
et a principalement contribué à mon avancement, je vais rapporter
comment, dans la situation où j'étois, j'acquis le peu de talent que je
possède en ce

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Text Comparison with Autobiography of Benjamin Franklin

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PAGE Portrait of Franklin vii Pages 1 and 4 of _The Pennsylvania Gazette_, Number XL, the first number after Franklin took control xxi First page of _The New England Courant_ of December 4-11, 1721 33 "I was employed to carry the papers thro' the streets to the customers" 36 "She, standing at the door, saw me, and thought I made, as I certainly did, a most awkward, ridiculous appearance" 48 "I took to working at press" 88 "I see him still at work when I go home from club" 120 Two pages from _Poor Richard's Almanac_ for 1736 .
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"Then," says he, "get yourself ready to go with Annis;" which was the annual ship, and the only one at that time usually passing between London and Philadelphia.
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have nothing to do with him, nor receive any letters from him.
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See his .
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[50] "Not found in the manuscript journal, which was left among Franklin's papers.
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[Illustration: "I see him still at work when I go home from club"] Our first papers made a quite different appearance from any before in the province; a better type, and better printed; but some spirited remarks of my writing, on the dispute then going on between Governor Burnet and the Massachusetts Assembly, struck the principal people, occasioned the paper and the manager of it to be much talk'd of, and in a few weeks brought them all to be our subscribers.
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I was bred a farmer, and it was a folly in me to come to town, and put myself, at thirty years of age, an apprentice to learn a new trade.
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was a real change of sentiment or only artifice, on a supposition of our being too far engaged in affection to retract, and therefore that we should steal a marriage, which would leave them at liberty to give or withhold what they pleas'd, I know not; but I suspected the latter, resented it, and went no more.
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She assisted me chearfully in my business, folding and stitching pamphlets, tending shop, purchasing old linen rags for the paper-makers, etc.
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I had been religiously educated as a Presbyterian; and though some of the dogmas of that persuasion, such as the _eternal decrees of God_, _election_, _reprobation_, _etc.
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_rain_.
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" I heard, however, no more of this; I was chosen again unanimously as usual at the next election.
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By talking and writing on the subject, I was at length instrumental in getting the street pav'd with stone between the market and the brick'd foot-pavement, that was on each side next the houses.
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1 bottle flour of mustard.
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The Indians are dexterous in contrivances for that purpose, which we had not.
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My answers were to this purpose: that my circumstances, thanks to God, were such as to make proprietary favours unnecessary to me; and that, being a member of the Assembly, I could not possibly accept of any; that, however, I had no personal enmity to the.
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[114] This relation illustrates the corruption that characterized English public life in the eighteenth century.
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An excellent criticism by Woodrow Wilson introduces an edition of the _Autobiography_ in _The Century Classics_ (Century Co.
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] [N^{o} 19 THE New-England Courant.
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However, an Express gone by from Stockholm, doth not confirm.