Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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pensa qu'il valoit
mieux désormais imprimer cette feuille avec le nom de Benjamin Franklin;
et pour éviter la censure de l'assemblée qui pouvoit l'accuser d'en être
encore lui-même l'imprimeur sous le nom de son apprenti, il fut résolu
que mon ancien contrat d'apprentissage me seroit rendu avec une pleine
et entière décharge, écrite au verso, afin de le produire dans
l'occasion. Mais pour assurer mon service à mon frère, on décida, en
même-temps, que je signerois un nouveau contrat, qui seroit tenu secret
durant le reste du terme. C'étoit un très-pauvre arrangement. Cependant
il fut aussitôt mis à exécution; et la feuille continua, pendant
quelques mois, à paroître sous mon nom. Enfin, un nouveau différend
s'étant élevé entre mon frère et moi, je me hasardai à profiter de ma
liberté, présumant qu'il n'oseroit pas montrer le second contrat.

Certes, il étoit honteux pour moi de me servir de cet avantage, et je
compte cette action comme une des premières erreurs de ma vie. Mais
j'étois peu capable de la juger pour ce qu'elle étoit. Le souvenir
d'avoir été battu par mon frère m'avoit excessivement aigri. Quoiqu'il
se mît souvent en colère contre moi, mon frère n'avoit point un mauvais
caractère; et peut-être que ma manière de me conduire avec lui, étoit
trop impertinente pour ne pas lui donner de justes raisons de s'irriter.

Quand il sut que j'avois résolu de quitter sa maison, il voulut
m'empêcher de trouver de l'emploi ailleurs. Il alla dans les diverses
imprimeries de la ville, et prévint les maîtres contre moi. En
conséquence, ils refusèrent tous de me faire travailler. L'idée me vint
alors de me rendre à New-York, la ville la plus voisine, où il y eût une
imprimerie. D'autres réflexions me confirmèrent dans le dessein de
quitter Boston, où je m'étois déjà rendu suspect au parti gouvernant.
D'après les procédés arbitraires de l'assemblée dans l'affaire de mon
frère, il étoit probable que si j'étois resté, je me serois bientôt
trouvé exposé à des difficultés. J'avois même d'autant plus lieu de le
craindre, que mes imprudentes disputes sur la religion commençoient à me
faire regarder, par les gens pieux, avec l'horreur qu'inspire un apostat
ou un athée.

Je pris donc décidément mon parti. Mais comme mon père étoit alors
d'accord avec mon frère, je pensai que si j'essayois de m'en aller
ouvertement, on prendroit des mesures pour m'arrêter. Mon ami Collins se
chargea de favoriser ma fuite. Il fit marché pour mon passage avec le
capitaine d'une corvette de New-York. En même-temps, il me représenta à
ce marin comme un jeune homme de sa connoissance, lequel avoit eu
affaire avec une fille débauchée,

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Cela donne un avantage considérable à la nation française.
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On ne lui fait pas même connoître le nom de son accusateur, ni on ne lui accorde l'avantage d'être confronté avec les témoins qui ont déposé contre lui, car ils se tiennent dans les ténèbres, comme ceux du tribunal de l'inquisition d'Espagne.
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--» Il y auroit de l'égalité, et par conséquent de la justice.
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Ces messieurs n'auroient pas à se plaindre, puisqu'ils recevroient vingt-cinq schellings par mois, avec une ration; et encore sans être obligés de combattre.
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Cet homme, qui a une conscience si pure, est un quaker[21].
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On en.
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nous.
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TROISIÈME CLASSE.
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Le premier paragraphe du rapport semble établir deux propositions comme faits; savoir: La première, c'est que l'espace de terre, spécifié avec les commissaires de la trésorerie, contient une partie de la province de Virginie.
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Les expressions du traité sont claires et précises.
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Il est dit dans le troisième paragraphe du rapport des lords commissaires,--«Que le principe du bureau du commerce et des colonies étoit qu'après le traité de Paris, on devoit rapprocher les limites occidentales des colonies de l'Amérique septentrionale, de manière que ces établissemens fussent entièrement à la portée du commerce du royaume».
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De Sheffield.
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L'accroissement de population des provinces du centre est sans exemple.
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Penn[64] achetèrent aussi de ces Indiens un territoire très-étendu sur les montagnes d'Allegany, et limitrophe des terres en question.
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[49] Ce territoire est tout le pays qui s'étend depuis les montagnes d'Allegany jusqu'à l'Ohio, sur les deux rives de ce fleuve et jusqu'aux bords du Mississipi.
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Je n'ai point, mylord, la vanité de croire que j'intimiderai votre nation, en lui prédisant les effets de la guerre.
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Ces prix, bien plus forts que ceux de Londres, sont tout aussi hauts dans les autres parties des États-Unis qu'à New-York.
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J'ai pris une autre femme, la plus semblable à elle que j'aie pu trouver.
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«Père de la lumière et de la vie! Ô toi, le bien suprême! instruis-moi de ce qui est bien, instruis-moi de toi-même; sauve-moi de la folie, de la vanité, du vice, de toutes les inclinations basses, et remplis mon ame de savoir, de paix intérieure, et de vertu pure; bonheur sacré, véritable, et qui ne se ternit jamais.
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Il est difficile qu'un sac vide puisse se tenir de bout.