Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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le simple état d'Artisan,
livrés à eux-mêmes au sortir de l'enfance et n'ayant presque point eu de
maîtres. Chacun d'eux fit sa propre éducation et parvint à la plus
grande célébrité. Mais l'un passa indolemment plusieurs années dans la
servitude obscure, où le retenoit une femme sensuelle[1]; et l'autre ne
comptant que sur lui, travailla constamment de ses mains, vécut avec la
plus grande tempérance, la plus sévère économie, et en même-temps,
fournit généreusement aux besoins, même aux fantaisies de ses amis.

[1] Madame de Warens.

Cette comparaison, tout entière à l'avantage de Franklin, ne doit pas
faire supposer que je cherche à déprécier Jean-Jacques. Personne
n'admire et n'aime plus que moi le rare talent de cet éloquent Écrivain:
mais j'ai cru devoir indiquer combien sa conduite, rapprochée de celle
de Franklin, peut être une utile et grande leçon pour la Jeunesse.

Il y a des préceptes d'une saine morale, non-seulement dans la Vie de
Franklin, mais dans la plupart des morceaux qui composent le Recueil de
ses OEuvres. Le reste est historique ou ingénieux.

Une partie de la Vie de Franklin avoit été déjà traduite en français, et
même d'une manière soignée. Malgré cela, j'ai osé entreprendre de la
traduire de nouveau.

L'Éditeur anglais a joint à ce qu'il a pu se procurer du manuscrit de
Franklin, la suite de sa Vie, composée à Philadelphie. J'ai été assez
heureux pour pouvoir ajouter à ce que m'a fourni cet Éditeur, divers
morceaux qu'il n'a point connus, et un second Fragment des Mémoires
originaux[2]: mais j'ai encore à regretter de n'avoir pas eu tous ces
Mémoires, qui vont, dit-on, jusqu'en 1757.--On ne sait pourquoi M.
Benjamin Franklin Bache[3], qui les a en sa possession et vit maintenant
à Londres, en prive si long-temps le Public. Les Ouvrages d'un grand
Homme appartiennent moins à ses Héritiers qu'au Genre-humain.

[2] On trouvera ce Fragment à la fin du second Volume, page 388.

[3] Franklin eut un fils et une fille. Dans la Révolution d'Amérique,
le fils suivit le parti des Anglais, et fut quelque temps gouverneur
de la province de New-Jersey. Pris par les Américains, il auroit,
dit-on, été fusillé sans la considération qu'on avoit pour son père.
On le fit évader et il passa à Londres. La fille épousa M. Bache, de
Philadelphie, et c'est d'elle qu'est né M. Benjamin Franklin Bache,
possesseur des Manuscrits de son grand-père.

Peut-être ne sera-t-on pas fâché de lire une lettre que le

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Mais, je crois en avoir découvert un, qui, au lieu de diminuer la liberté générale, doit l'augmenter; c'est de rendre au peuple une sorte de liberté, dont nos loix l'ont privé, la liberté du bâton.
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SUR.
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Ordinairement deux vieillards vont au devant de lui, et lui servent d'introducteurs.
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Si trop d'artisans des villes, et de fermiers de la campagne deviennent marchands, dans l'espoir de mener une vie plus agréable, la quantité d'occupation de ce genre divisée entr'eux tous, est trop peu de chose pour chacun en particulier; et ils doivent se plaindre de la décadence du commerce.
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.
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La force et les moyens qu'a un gouvernement pour faire le bonheur du peuple, dépendent beaucoup de l'opinion; c'est-à-dire, de l'idée générale qu'on se forme de sa bonté, ainsi que de la sagesse et de l'intégrité de ceux qui gouvernent.
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On doit former pour leur usage, un vocabulaire des mots les plus difficiles, avec leur explication; et chaque jour ils pourront apprendre par coeur un certain nombre de ces mots, ce qui exercera leur mémoire.
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[41] Ethices Elementa.
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Le premier paragraphe du rapport semble établir deux propositions comme faits; savoir: La première, c'est que l'espace de terre, spécifié avec les commissaires de la trésorerie, contient une partie de la province de Virginie.
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Lewis Evans, qui connoît beaucoup l'Amérique septentrionale, et qui, en 1755, a publié une carte des colonies du centre, y a marqué le pays situé au sud-est de l'Ohio, comme celui sur lequel chassent les six Nations; et dans l'analyse de sa carte, il s'exprime ainsi:--«Les Schawanesses, qui étoient autrefois une des plus puissantes nations de cette partie de l'Amérique, et dominoient depuis Kentucke jusqu'au sud-ouest du Mississipi, ont été vaincus par les six Nations confédérées, qui, depuis ce moment, sont restées maîtresses du pays.
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D'après l'exposition de ces faits, nous espérons qu'on verra clairement que les terres, dont nous demandons la concession, sont entièrement propres, par leur fertilité, leur situation et le peu de frais que coûtera le transport de leurs productions jusqu'en Angleterre,--«à faire sentir l'utilité d'établir des colonies dans le continent de l'Amérique septentrionale».
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Qu'on considère donc que, par rapport au chanvre, l'Angleterre dépend chaque jour davantage de la Russie, et qu'on n'en a pas encore exporté des colonies américaines, situées sur le bord de la mer, parce que leur sol n'en produit pas aisément.
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Cela ne les empêcheroit-il pas de se livrer à l'inclination naturelle, qui les porte à cultiver la terre? Ne seroient-ils pas en même-temps forcés d'établir des manufactures qui rivaliseroient celle de la mère-patrie?--Les lords commissaires ont d'avance répondu, avec beaucoup de candeur à ces questions, dans le rapport fait en 1768.
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Cependant, ils ne désignent pas les parties de l'Amérique septentrionale où l'on a pourvu à l'objet de la population.
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disoit, ainsi que nous l'avons déjà observé, que les habitans des colonies du centre auroient la liberté de s'établir sur les montagnes et sur les bords de l'Ohio.
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B.
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Mon ennemie en personne.
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FRANKLIN.
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J'ai le bonneur.
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Passant dernièrement à cheval dans un endroit, où il y avoit beaucoup de monde rassemblé pour une vente publique, je m'arrêtai.