Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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quelques changemens: mais je défendis la pièce.
Osborne se joignit à moi, et dit que Ralph ne s'entendoit pas plus à
critiquer des vers qu'à en faire.

Quand Osborne fut seul avec moi, il s'exprima d'une manière encore plus
énergique en faveur de ce qu'il croyoit mon ouvrage. Il m'assura qu'il
s'étoit d'abord un peu contraint, de peur que je ne prisse ses éloges
pour de la flatterie.--«Mais, qui auroit pu croire, ajouta-t-il, que
Franklin eût été capable de composer de pareils vers? Quel pinceau!
quelle énergie! quel feu! Il a surpassé l'original. Dans la conversation
ordinaire il semble n'avoir point un choix de mots. Il hésite, il est
embarrassé; et, cependant, bon dieu! comme il écrit!»

À l'entrevue, qui suivit celle-ci, Ralph découvrit le tour que nous
avions joué à Osborne; et ce dernier fut raillé sans pitié.

Cette aventure confirma Ralph dans la résolution où il étoit de devenir
poëte. Je n'épargnai rien pour l'en détourner: mais il y persévéra,
jusqu'à ce qu'enfin la lecture de Pope[19] le guérit. Il écrivoit,
cependant, assez bien en prose. Par la suite, je m'entretiendrai encore
de lui: mais comme il est vraisemblable que je n'aurai plus occasion de
parler des deux autres, je dois observer ici que, peu d'années après,
Watson mourut dans mes bras. Il fut extrêmement regretté; car c'étoit le
meilleur d'entre nous. Osborne passa aux Antilles, où il se fit une
grande réputation comme avocat, et gagna beaucoup d'argent: mais il
mourut jeune. Nous nous étions sérieusement promis, Osborne et moi, que
celui qui mourroit le premier de nous deux, reviendroit, s'il étoit
possible, faire une visite amicale à l'autre, pour lui dire ce qui se
passe dans l'autre monde: mais il n'a jamais tenu sa promesse.

[19] Probablement la _Dunciade_, où Pope a immortalisé Ralph de cette
manière:

Quand Ralph hurle à Cynthie, et rend la nuit affreuse,
Vous, Loups, faites silence; Hiboux, répondez lui!

Il sembloit que ma société plût beaucoup au gouverneur: aussi
m'invitoit-il souvent chez lui. Il parloit toujours de l'intention de
m'établir, comme d'une chose décidée. Il devoit me donner non-seulement
des lettres de recommandation pour un grand nombre de ses amis, mais
encore une lettre de crédit pour me procurer l'argent nécessaire à
l'achat d'une presse, des caractères et du papier. Il me donna plusieurs
rendez-vous pour aller prendre ces lettres, qui, disoit-il, chaque fois,
devoient certainement être prêtes: mais quand j'arrivois, il me
remettoit sans cesse à un autre jour.

Ces délais successifs se prolongèrent jusqu'à ce que

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Text Comparison with Franklin's Way to Wealth; or, "Poor Richard Improved"

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_Just Published_, A GRAMMATICAL CATECHISM for the use of Schools, upon the plan of Lindley Murray.
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& T.
Page 2
of 32 Biographical Sketches of Eminent British Characters 1 6 Ditto, containing a Description of the most distinguished Places in England 1 6 *** Just published, The Mice & their Pic Nic; a good Moral Tale, price with neat coloured plates 1 0 THE WAY TO WEALTH.
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on diseases, absolutely shortens life.
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" [Illustration: Published by W.
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] 'Trusting too much to others' care is the ruin of many; for, "In the affairs of this world, men are saved, not by faith, but by the want of it:" but a man's own care is profitable; for, "If you would have a faithful servant, and one that you like,--serve yourself.
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Perhaps they have had a small estate left them, which they knew not the getting of; they think "it is day, and will never be night:" that a little to be spent out of so much is not worth minding; but "Always taking out of the meal-tub, and never putting in, soon comes to the bottom," as Poor Richard says; and then, "When the well is dry, they know the worth of water.
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Darton, Junr.
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" At present, perhaps, you may think yourselves in thriving circumstances, and that you can bear a little extravagance without injury; but "For age and want save while you may, No morning sun lasts a whole day.
Page 9
] W.