Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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Londres commençoit à m'ennuyer. Les momens
agréables que j'avois passés à Philadelphie, se retracèrent à ma
mémoire, et je désirai de les voir renaître. En conséquence je
m'engageai avec M. Denham à raison de cinquante livres sterlings par an.
C'étoit à la vérité, moins que je ne gagnois comme compositeur
d'imprimerie: mais aussi j'avois une plus belle perspective. Je quittai
donc l'état d'imprimeur, et je crus que c'étoit pour toujours. Je me
livrai entièrement à mes nouvelles occupations. Je passois mon temps,
soit à accompagner M. Denham de magasin en magasin, pour acheter des
marchandises, soit à les faire emballer et à presser les ouvriers.
Cependant, lorsque tout fut à bord, j'eus quelques jours de loisir.

Durant cet intervalle, on vint me demander de la part d'un homme que je
ne connoissois que de nom. C'étoit sir William Wyndham. Je me rendis
chez lui. Il avoit entendu parler de la manière dont j'avois nagé entre
Chelsea et Blackfriards; et on lui avoit dit que j'avois enseigné, en
quelques heures, l'art de la natation, à Wygate et à un autre jeune
homme. Ses deux fils étoient sur le point de voyager en Europe. Il
désiroit qu'ils sussent nager avant leur départ; et il m'offrit une
récompense assez considérable, si je voulois le leur apprendre.

Ils n'étoient pas encore à Londres, et le séjour que j'y devois faire
moi-même étoit incertain; c'est pourquoi je ne pus accepter sa
proposition. Mais je supposai, d'après cet incident, que si j'eusse
voulu rester dans la capitale de l'Angleterre, et y ouvrir une école de
natation, j'aurois pu gagner beaucoup d'argent. Cette idée me frappa
même tellement, que si l'offre de sir William Wyndham m'eût été faite
plutôt, j'aurois renoncé, pour quelque temps, au dessein de retourner en
Amérique.

Quelques années après, nous avons eu, vous et moi, des affaires plus
importantes à traiter, avec l'un des fils de sir William Wyndham, devenu
comte d'Egremont. Mais n'anticipons pas sur les évènemens.

J'avois passé dix-huit mois à Londres, travaillant presque sans relâche
de mon métier, et ne fesant d'autre dépense extraordinaire pour moi, que
d'aller quelquefois à la comédie, et d'acheter quelques livres. Mais mon
ami Ralph m'avoit tenu dans la pauvreté. Il me devoit environ vingt-sept
livres sterlings, qui étoient autant de perdu, et qui, prises sur mes
petites épargnes, me paroissoient une somme considérable. Malgré cela,
j'avois de l'affection pour lui, parce qu'il possédoit beaucoup de
qualités aimables. Enfin, quoique je n'eusse rien fait pour ma fortune,
j'avois augmenté la somme de mes connoissances, soit par le grand nombre
d'excellens livres que j'avois lus, soit par la conversation des savans
et des gens de lettres,

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Text Comparison with Franklin's Way to Wealth; or, "Poor Richard Improved"

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Darton, Junr.
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Virtue and Innocence, a Poem 1 0 The Economy of Human Life 1 0 Old Friends in a New Dress, or Selections from Esop's Fables, in Verse, 2 parts, plates 2 0 Little Jack Horner, in Verse, plain 1s.
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COURTEOUS READER, I HAVE heard that nothing gives an author so great pleasure, as to find his works respectfully quoted by others.
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Darton, Junr.
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'But with our industry we must likewise be steady, settled, and careful, and oversee our own affairs with our own eyes, and not trust too much to others: for, as Poor Richard says, "I never saw an oft-removed tree, Nor yet an oft-removed family, That throve so well as those that settled be.
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] 'Trusting too much to others' care is the ruin of many; for, "In the affairs of this world, men are saved, not by faith, but by the want of it:" but a man's own care is profitable; for, "If you would have a faithful servant, and one that you like,--serve yourself.
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Remember what poor Richard says, "Buy what thou hast no need of, and ere long thou shalt sell thy necessaries.
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"It is hard for an empty bag to stand upright.
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yet you are about to put yourself under that tyranny, when you run in debt for such dress! Your creditor has authority, at his pleasure, to deprive you of your liberty, by confining you in gaol for life, or by selling you for a servant, if you should not be able to pay him.
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Darton, Printers, Holborn-Hill, London.