Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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encore une fois abandonné à
moi-même dans ce vaste monde, car l'exécuteur testamentaire s'étant mis
à la tête du magasin, je fus congédié.

Mon beau-frère Holmes, qui se trouvoit alors à Philadelphie, me
conseilla de reprendre mon premier état. Keimer m'offrit des
appointemens considérables, si je voulois me charger de conduire son
imprimerie, parce qu'il vouloit lui-même ne s'occuper que de son
magasin. Sa femme et les parens, qu'il avoit à Londres, m'avoient donné
une mauvaise idée de son caractère, et je répugnois à me lier d'affaires
avec lui. Je cherchai à me placer chez quelque marchand, en qualité de
commis; mais ne pouvant y réussir tout de suite, j'accédai aux
propositions de Keimer.

Voici quels étoient alors ceux qui travailloient dans son imprimerie:

Hugh Meredith, pensylvanien, âgé d'environ trente-cinq ans. Il avoit
passé sa jeunesse à cultiver la terre. Il étoit honnête, sensé, avoit
quelqu'expérience et aimoit beaucoup la lecture: mais il s'adonnoit trop
à la boisson.

Stephen Potts, jeune campagnard sortant de l'école, étant aussi
accoutumé aux travaux de l'agriculture, mais doué de qualités qui
n'étoient pas communes, et de beaucoup d'intelligence et de gaîté. Il
étoit pourtant un peu paresseux. Keimer avoit arrêté ces deux ouvriers à
très-bas prix: mais il avoit promis de les augmenter tous les trois
mois, d'un schelling par semaine, pourvu qu'ils le méritassent par leurs
progrès dans l'art typographique. Cette augmentation de gages étoit
l'appât dont il s'étoit servi pour les séduire.

John Savage, irlandois, qui n'avoit appris aucune espèce de métier, et
dont Keimer s'étoit procuré le service pour quatre ans, en l'achetant
d'un capitaine de navire. Il devoit être pressier.

Un étudiant d'Oxford, nommé _George Webb_, que Keimer avoit aussi acheté
pour quatre ans, et qu'il destinoit à être compositeur. Je ne tarderai
pas à parler encore de lui.

Enfin, David Harry, jeune homme de la campagne, entré chez Keimer comme
apprenti.

Je m'apperçus bientôt que Keimer ne m'avoit engagé à un prix fort
au-dessus de celui qu'il avoit coutume de donner, que pour que je
formasse tous ces ouvriers ignorans, qui ne lui coûtant presque rien, et
étant tous liés avec lui par des contrats, pourroient, aussitôt qu'ils
seroient suffisamment instruits, le mettre en état de se passer de moi.
Malgré cela, je fus fidèle à notre accord. L'imprimerie étoit dans la
plus grande confusion: je la mis en ordre; et j'amenai insensiblement
les ouvriers à être attentifs à leur travail et à l'exécuter d'une assez
bonne manière.

Il étoit assez singulier de voir un étudiant d'Oxford, vendu pour le
paiement de son passage. Il n'avoit pas plus de dix-huit ans, et voici
les particularités qu'il me raconta. Né à Glocester, il avoit

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Text Comparison with Franklin's Way to Wealth; or, "Poor Richard Improved"

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and T.
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DARTON_, And of most Booksellers in the United Kingdom.
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The hour of the sale not being come, they were conversing on the badness of the times; and one of the company called to a plain, clean, old man, with white locks, 'Pray, Father Abraham, what think you of the times? Will not those heavy taxes quite ruin the country! How shall we be ever able to pay them? What would you advise us to?'----Father Abraham stood up, and replied, 'If you would have my advice, I will give it you in short; "for a word to the wise is enough," as Poor Richard says.
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" What, though you have found no treasure, nor has any rich relation left you a legacy.
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.
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A man may if he knows not how to save as he gets, "keep his nose all his life to the grindstone, and die not worth a groat at last.
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For, in another place, he says, "Many have been ruined by buying good pennyworths.
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"--What would you think of that prince, or of that government, who should issue an edict forbidding you to dress like a gentleman or gentlewoman, on pain of imprisonment or servitude? Would you not say that you were free, have a right to dress as you please, and that such an edict would be a breach of your privileges, and such a government tyrannical? And.
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[Illustration] 'And now to conclude, "Experience keeps a dear school, but fools will learn in no other," as Poor Richard says, and scarce in that; for it is true, "We may give advice, but we cannot give conduct.
Page 9
] W.