Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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nos besoins les plus pressans.

Je gravois aussi, dans l'occasion, divers ornemens; je fesois de
l'encre; je donnois un coup-d'oeil au magasin; en un mot, j'étois le
_factotum_ de la maison. Mais quelqu'utile que je me rendisse, je
m'appercevois chaque jour qu'à mesure que les autres ouvriers se
perfectionnoient, mes services devenoient moins importans. Lorsque
Keimer me paya le second quartier de mes gages, il me donna à entendre
qu'il les trouvoit trop considérables, et qu'il croyoit que je devois
lui faire une diminution. Il devint, par degrés, moins poli et affecta
davantage le ton de maître. Il trouvoit souvent à reprendre; il étoit
difficile à contenter; et il sembloit toujours sur le point d'en venir à
une querelle pour se brouiller avec moi.

Malgré cela, je continuai à le supporter patiemment. J'imaginois que sa
mauvaise humeur étoit en partie causée par le dérangement et l'embarras
de ses affaires. Enfin, un léger incident occasionna notre rupture.
Entendant du bruit dans le voisinage, je mis la tête à la fenêtre pour
voir ce que c'étoit. Keimer étoit dans la rue; il me vit, et d'un ton
haut et courroucé, il me cria de faire attention à mon ouvrage. Il
ajouta quelques mots de reproche, qui me piquèrent d'autant plus qu'ils
étoient prononcés dans la rue, et que les voisins, que le même bruit
avoit attirés à leurs fenêtres, étoient témoins de la manière dont on me
traitoit.

Keimer monta sur-le-champ à l'imprimerie, et continua à déclamer contre
moi. La querelle s'échauffa bientôt des deux côtés; et Keimer me
signifia qu'il falloit que je le quittasse dans trois mois, comme nous
l'avions stipulé, regrettant d'être obligé de me garder encore si
long-temps. Je lui dis que ses regrets étoient superflus, parce que je
consentois à le quitter sur-le-champ. Je pris, en effet, mon chapeau, et
je sortis de sa maison, priant Meredith de prendre soin de quelques
objets que je laissois, et de les apporter chez moi.

Meredith vint le soir. Nous parlâmes quelque temps du mauvais procédé
que je venois d'essuyer. Il avoit conçu une grande estime pour moi, et
il étoit affligé de me voir quitter la maison tandis qu'il y restoit. Il
m'engagea à renoncer au projet que je formois, de retourner dans ma
patrie. Il me rappela que Keimer devoit plus qu'il ne possédoit; que ses
créanciers commençoient à être inquiets; qu'il tenoit son magasin d'une
manière pitoyable, vendant souvent les marchandises au prix d'achat pour
avoir de l'argent comptant, et fesant continuellement crédit sans tenir
aucun livre de comptes; que conséquemment il feroit bientôt faillite; et
que cela occasionneroit un vide dont je pourrois profiter.

J'objectai mon

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Text Comparison with Franklin's Way to Wealth; or, "Poor Richard Improved"

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_ Sold by W.
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& T.
Page 2
of 32 Biographical Sketches of Eminent British Characters 1 6 Ditto, containing a Description of the most distinguished Places in England 1 6 *** Just published, The Mice & their Pic Nic; a good Moral Tale, price with neat coloured plates 1 0 THE WAY TO WEALTH.
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" What, though you have found no treasure, nor has any rich relation left you a legacy.
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" And again, "He that by the plow would thrive, Himself must either hold or drive.
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Octr.
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" But this they might have known before, if they had taken his advice.
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consult, consult your purse.
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" The day comes round before you are aware, and the demand is made before you are prepared to satisfy it; or, if you bear your debt in mind, the term, which at first seemed so long, will, as it lessens, appear extremely short: "Time will seem to have added wings to his heels as well as his shoulders.
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The people heard it, and approved the doctrine, and immediately practised the contrary, just as if it had been a common sermon; for the auction opened, and they began to buy extravagantly.