Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

Page 56

manque d'argent. Sur quoi il me dit que son père avoit
une très-haute opinion de moi, et que d'après une conversation, qui
avoit eu lieu entr'eux, il étoit sûr qu'il nous avanceroit tout ce qui
seroit nécessaire pour nous établir, si je consentois à entrer en
société avec lui.--«Le temps, que je dois rester chez Keimer,
ajouta-t-il, expirera au printems prochain. En attendant, nous pouvons
faire venir de Londres une presse et des caractères. Je sais que je ne
suis pas ouvrier: mais si vous acceptez ma proposition, votre habileté
dans le métier sera balancée par les fonds que je fournirai, et nous
partagerons également les profits.»

Ce qu'il désiroit étoit raisonnable, et nous fûmes bientôt d'accord. Son
père, qui se trouvoit en ville, approuva notre arrangement. Il
n'ignoroit pas que j'avois de l'ascendant sur son fils, puisque j'avois
réussi à lui persuader de s'abstenir, pendant long-temps, de boire de
l'eau-de-vie, et il espéroit que quand je serois plus étroitement lié
avec lui, je parviendrois à le faire renoncer entièrement à cette
malheureuse habitude.

Je fournis une liste des objets qu'il étoit nécessaire de faire venir de
Londres. Il la remit à un négociant, et l'ordre fut aussitôt donné. Nous
convînmes que nous garderions le secret jusqu'à l'arrivée de nos
caractères et de notre presse, et qu'en attendant, je ferois en sorte de
travailler dans une autre imprimerie. Mais il n'y avoit point de place
vacante, et je restai oisif.

Au bout de quelques jours Keimer eut l'espoir d'obtenir l'impression de
quelque papier-monnoie, pour la province de New-Jersey, impression qui
exigeoit des caractères et des gravures que je pouvois seul fournir.
Craignant alors que Bradford ne m'engageât et ne lui enlevât cette
entreprise, il m'envoya un message très-poli, par lequel il disoit que
d'anciens amis ne devoient point rester brouillés pour quelques paroles,
qui n'étoient que l'effet d'un moment de colère, et qu'il m'engageoit à
retourner chez lui. Meredith me conseilla de me rendre à cette
invitation, parce qu'alors il pourroit profiter de mes instructions et
se perfectionner dans son état. Je me laissai persuader; et nous vécûmes
avec Keimer en meilleure intelligence qu'avant notre séparation.

Keimer eut l'ouvrage de New-Jersey. Pour l'exécuter, je construisis une
presse en taille-douce, la première de ce genre qu'on eût vue dans le
pays. Je gravai divers ornemens et vignettes. Nous nous rendîmes ensuite
à Burlington, où j'imprimai les billets à la satisfaction générale.
Keimer reçut, pour cet ouvrage, une somme d'argent, qui le mit en état
de tenir long-temps la tête au-dessus de l'eau.

À Burlington, je fis connoissance avec les principaux personnages de la
province. Plusieurs d'entr'eux étoient chargés, par l'assemblée, de
veiller sur

Last Page Next Page

Text Comparison with Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

Page 12
Plusieurs d'entre nous essuyèrent des corrections de la part de leurs parens; et quoique je défendisse courageusement l'utilité de l'ouvrage, mon père me convainquit enfin que ce qui n'étoit pas strictement honnête, ne pouvoit être regardé comme utile.
Page 20
Je suppose à présent que je fus heureux en juges, et je commence à croire qu'ils n'étoient pas aussi excellens.
Page 22
Il fit marché pour mon passage avec le capitaine d'une corvette de New-York.
Page 39
les plus grands poëtes, en commençant à écrire, avoient fait non moins de fautes que lui.
Page 45
entendu parler, vint me voir, et m'invita à aller chez lui, dans Bloomsbury-Square.
Page 54
été élevé dans une pension, et s'étoit distingué parmi ses camarades, par la manière supérieure dont il jouoit, lorsqu'on leur fesoit représenter des pièces de théâtre.
Page 55
Lorsque Keimer me paya le second quartier de mes gages, il me donna à entendre qu'il les trouvoit trop considérables, et qu'il croyoit que je devois lui faire une diminution.
Page 69
En conséquence, on m'interdit la maison, et on défendit à la jeune personne de sortir.
Page 71
* * * * * La culture des lettres avoit été long-temps négligée en Pensylvanie.
Page 73
En 1736, il fut nommé secrétaire de l'assemblée générale de Pensylvanie; et réélu tous les ans pour la même place, jusqu'à ce qu'on l'éleva à celle de représentant de la ville de Philadelphie.
Page 86
«M.
Page 93
Franklin voulant faire organiser une milice, présenta à l'assemblée, un bill, d'après lequel tout homme avoit la liberté de prendre les armes, ou non.
Page 97
La surface de l'huile restoit unie et calme, tandis que l'eau étoit très-violemment agitée.
Page 98
Environ cent vingt habitans, qui, pour la plupart, étoient de Donnegal et de Peckstang ou de Paxton, dans le comté d'York, montèrent à cheval, se rassemblèrent, et prirent la route du petit établissement des paisibles et innocens Indiens de Lancastre.
Page 100
On la fit insérer dans les papiers publics; et avant de s'embarquer pour l'Angleterre, il y répondit d'une manière ingénieuse et piquante.
Page 120
J'y suis retourné en 1733, 1743, 1753 et 1763.
Page 121
Mes frères, mes soeurs, mes cousins apprenant ce que me coûtoit mon sifflet, me dirent que je l'avois payé quatre fois plus qu'il ne valoit.
Page 130
Enfin, si vous ne voulez pas que votre partie soit rigoureusement jouée, suivant les règles dont je viens de faire mention, vous devez moins désirer de remporter la victoire sur votre adversaire, et vous contenter d'en remporter une sur vous-même.
Page 134
Un lit assez grand, pour qu'on puisse passer d'une place chaude dans une place fraîche, a, en quelque sorte, le même avantage que deux lits différens.
Page 135
À MON AMI A.