Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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quoique certaines actions pussent
n'être pas mauvaises, par la seule raison qu'elle les défendoit, ou
bonnes, parce qu'elle les prescrivoit, il étoit pourtant probable que
tout bien considéré, ces actions étoient défendues, parce qu'elles
étoient dangereuses pour nous, ou commandées parce qu'elles étoient
avantageuses par leur nature. Grace à cette persuasion au secours de la
divine providence, ou de quelqu'ange protecteur, et peut-être à un
concours de circonstances favorables, je fus préservé de toute
immoralité et de toute grande et _volontaire_ injustice, dont mon manque
de religion m'exposoit à me rendre coupable, dans ce temps dangereux de
la jeunesse, et dans les situations hasardeuses où je me trouvai
quelquefois, parmi les étrangers et loin des regards et des leçons de
mon père.

Peu de temps après mon retour de Burlington, ce que nous avions demandé
pour établir notre imprimerie, arriva de Londres. Je réglai mes comptes
avec Keimer, et le quittai de son consentement, avant qu'il eût
connoissance de mon projet. Nous trouvâmes, Meredith et moi, une maison
à louer près du marché. Nous la prîmes. Cette maison, qui depuis a été
louée soixante-dix livres sterlings par an, ne nous en coûtoit que
vingt-quatre. Pour rendre ce loyer encore moins lourd pour nous, nous
cédâmes une partie de la maison à Thomas Godfrey, vitrier, qui vint y
demeurer avec sa famille, et chez qui nous nous mîmes en pension.

Nous avions à peine déballé nos caractères et mis notre presse en ordre,
que George House, l'une de mes connoissances, m'amena un homme de la
campagne, qu'il avoit rencontré dans la rue, cherchant un imprimeur.
Nous avions déjà dépensé presque tout notre argent, parce que nous
avions été obligés de nous procurer une grande quantité de choses. Le
campagnard nous paya cinq schellings, et ce premier fruit de notre
entreprise, venant si à propos, me fit plus de plaisir qu'aucune des
sommes que je gagnai depuis; et le souvenir de la reconnoissance que
George House m'inspira en cette occasion, m'a souvent plus disposé, que
je ne l'aurois peut-être été, sans cela, à favoriser les jeunes
commençans.

Il y a dans tous les pays, des esprits chagrins, qui aiment à
prophétiser le malheur. Un être de cette trempe vivoit alors à
Philadelphie. C'étoit un homme riche, déjà avancé en âge, ayant un air
de sagesse et une manière de parler sentencieuse. Il se nommoit _Samuel
Mickle_. Je ne le connoissois point: mais il s'arrêta un jour à ma
porte, et me demanda si j'étois le jeune homme qui avoit, depuis peu,
ouvert une imprimerie. Sur ma réponse affirmative, il me dit qu'il en
étoit fâché pour moi; que c'étoit une entreprise dispendieuse,

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Text Comparison with Expériences et observations sur l'électricité faites à Philadelphie en Amérique

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Il vaut mieux le laisser lire & s'en rapporter au jugement du public.
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Posez-la sur un corps non électrique, touchez le fil-d'archal, & le feu en sortira en très-peu de tems; mais il sortira beaucoup-plus vîte encore, si vous formez une communication directe, comme il a été dit ci-dessus, tant ces deux états d'électricité le _plus_ & _le moins_ sont merveilleusement combinés, & balancés dans cette bouteille miraculeuse; ils sont disposés & proportionnés entr'eux d'une manière qui surpasse mon intelligence.
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pag.
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EXPÉRIENCE X.
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Franklin; aussi a-t-elle mieux réussi que celles qui ont été exécutées suivant sa méthode.
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Maintenant je suppose que le verre dans ses premiers principes & dans la fournaise n'a pas plus de ce fluide électrique que toute autre matière commune; que lorsqu'il est soufflé, qu'il se refroidit, & que les particules de feu commun l'abandonnent, ses pores deviennent un vuide.
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Lettre IV.
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La commotion ou la secousse donnée à l'air contribuë aussi à précipiter l'eau, non-seulement de ces deux nuages, mais des autres qui les avoisinent, delà les chutes de pluyes soudaines immédiatement après la lumière des éclairs.
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Lorsqu'une montagne attire ainsi les nuées, & tire le feu électrique du premier nuage qui l'aborde, celui qui suit, lorsqu'il approche du premier actuellement dépouillé de son feu, lui lance le sien, & commence à déposer son eau propre.
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Il ne s'agiroit, pour y parvenir, que de fixer perpendiculairement sur les parties les plus élevées de ces édifices des verges de fer faites en forme d'aiguilles, & dorées pour prévenir la rouille, & d'abaisser du pied de ces verges, un fil-d'archal au dehors des bâtimens, jusqu'à ce qu'il touchât la terre ou.
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des Sciences.
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Pour changer les pôles d'une aiguille aimantée de cette manière, il ne s'agit que de donner le coup en sens contraire.
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Alors j'électrisai la balle avec le fil-d'archal d'une bouteille chargée, & je lui présentai du verre frotté (le bouchon d'un flacon) & une tasse de porcelaine; elle en fut repoussée aussi fortement que par le fil-d'archal.
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Collinson, Écuyer, membre de la Société Royale à Londres.
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«Dites-moi, je vous prie, dit-il, combien de tems faut il pour ce prétendu dépouillement, je puis vous assurer qu'après avoir soutenu l'électrisation pendant des heures entières, cette surface qui auroit dû, ce me semble, être bien dépourvûe de sa matière électrique, attendu le grand nombre d'étincelles qu'on en avoit tirées, ou le tems que cette matière avoit été exposée à l'action de la cause expulsive, cette surface, dis-je, ne m'en paroissoit que mieux électrisée & plus propre à produire tous les effets d'un corps actuellement électrique.
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Si l'opinion de l'Abbé est fondée, que la surface extérieure communiquant avec la doublure est chargée aussi bien que l'intérieure communiquant avec le crochet, comment puis-je, moi qui suis sur la cire, décharger ces deux bouteilles, quand il est bien connu que je n'en pourrois pas décharger une séparément? Bien plus, supposé que j'aye tiré la matière électrique des deux, qu'est-elle devenuë? car il ne paroît pas que j'en aye une quantité plus grande quand l'expérience est finie, & que je n'ai pas bougé de dessus la cire.
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Ce sera le même effet si le verre frotté en est approché lorsqu'elles ont été électrisées avec de la cire.
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