Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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et que
l'argent que j'y avois employé seroit perdu, parce que Philadelphie
tomboit en décadence, et que tous ses habitans, ou du moins presque
tous, avoient déjà été obligés de demander des termes à leurs
créanciers. Il ajouta qu'il savoit, d'une manière certaine, que les
choses qui pouvoient nous faire supposer le contraire, comme les
nouvelles bâtisses, le haussement des loyers, n'étoient que des
apparences trompeuses, qui, dans le fait contribuoient à hâter la ruine
générale. Il me fit enfin, un si long détail des infortunes qui
existoient déjà, et de celles qui devoient bientôt avoir lieu, qu'il me
jeta dans une sorte de découragement.

Si j'avois connu cet homme avant de me mettre dans le commerce, je
n'aurois sans doute jamais osé m'y hasarder. Cependant il continua à
vivre dans cette ville en décadence, et à déclamer de la même manière,
refusant pendant plusieurs années, d'acheter une maison, parce que,
selon lui, tout alloit chaque jour plus mal; et à la fin, j'eus la
satisfaction de lui en voir payer une cinq fois aussi cher qu'elle lui
eût coûté, s'il l'avoit achetée quand il commença ses lamentations.

J'aurois dû rapporter que, pendant l'automne de l'année précédente,
j'avois réuni la plupart des hommes instruits, que je connoissois, pour
former un club, auquel nous donnâmes le nom de _Junto_, et dont l'objet
étoit de perfectionner notre esprit. Nous nous assemblions les vendredis
au soir. Les règlemens que je traçai, obligeoient chaque membre de
proposer, à son tour, une ou plusieurs questions de morale, de politique
ou de philosophie, pour être discutées par la société; et de lire, en
outre, une fois tous les trois mois, un essai de sa composition sur un
sujet à son choix.

Nos débats devoient avoir lieu sous la direction d'un président, et être
dictés par l'amour de la vérité, sans que le plaisir de disputer, et la
vanité de triompher, pussent y entrer pour rien. Afin de prévenir toute
chaleur déplacée, nous établîmes que, toutes les fois qu'on se
permettroit des expressions qui annonceroient trop d'entêtement pour une
opinion, ou qu'on se livreroit à des contradictions directes, on
payeroit une légère amende.

Les premiers membres de notre club furent:--Joseph Breintnal, notaire.
C'étoit un homme dans la maturité de l'âge, doué d'un naturel heureux,
très-attaché à ses amis, chérissant la poésie, lisant tout ce qui
tomboit sous sa main, écrivant passablement, ingénieux dans beaucoup de
petites choses, et d'une conversation agréable.

Thomas Godfrey, habile mathématicien, qui s'étoit formé sans maître, et
qui fut ensuite l'inventeur de ce qu'on appelle _le Quart de Cercle
d'Hadley_. Presque tout ce qu'il savoit se bornoit à la connoissance des
mathématiques. Il étoit insupportable

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Text Comparison with Franklin's Autobiography (Eclectic English Classics)

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the temper of America toward Great Britain before the year 1763?[3] _A.
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] [Footnote 25: A joiner is a mechanic who does the woodwork of houses, etc.
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When we arrived at New York, they told.
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I had, therefore, a tolerable character to begin the world with; I valued it properly, and determined to preserve it.
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"[93] We met on Friday evenings.
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Read's family, who all had a regard for me from the time of my first lodging in their house.
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I will therefore begin here with an account of it, which may be struck out if found to have been already given.
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I had purposely avoided them; for, being fully persuaded of the utility and excellency of my method, and that it might be serviceable to people in all religions, and intending some time or other to publish it, I would not have anything in it that should prejudice any one, of any sect, against it.
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Norris) and myself to join Mr.
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Its fate was singular; the assemblies did not adopt it, as they all thought there was too much prerogative[154] in it, and in England it was judged to have too much of the democratic.
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One afternoon, in the height of this public quarrel, we met in the street.
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I dictated his address to them, which was well received.
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The people of these back counties have lately complained to the Assembly that a sufficient currency was wanting.
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George on the signs, always on horseback, and never rides on.
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What it was when they did receive it I never learned, for they did not communicate it to me, but sent a long message to the Assembly, drawn and signed by Paris, reciting my paper, complaining of its want of formality as a rudeness on my part, and giving a flimsy justification of their conduct, adding that they should be willing to accommodate matters if the Assembly would send out "some person of candor" to treat with them for that purpose, intimating thereby that I was not such.
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I.
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When you have bought one fine thing, you must buy ten more, that your appearance may be all of a piece; but Poor Dick says, It is easier to suppress the first desire than to satisfy all that follow it.
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He is no clown that drives the plow, but he that doth clownish things.
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an order of people.
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= The great scholar and historian, Gibbon, agreed with Franklin concerning the languages.