Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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presses, grossièrement
exécutée et avec beaucoup d'incorrection. Nous la réimprimâmes d'une
manière exacte et élégante, et nous en envoyâmes une copie à chaque
membre. Ils apperçurent aussitôt la différence; et cela augmenta
tellement l'influence de nos amis dans l'assemblée, que nous fûmes
nommés ses imprimeurs pour l'année suivante.

Parmi ces amis, je ne dois pas oublier d'en nommer un, M. Hamilton, dont
j'ai déjà parlé dans ces mémoires, et qui étoit revenu d'Angleterre. Il
s'intéressa vivement pour moi dans cette occasion, ainsi que dans
beaucoup d'autres qui suivirent; et il me conserva sa bienveillance
jusqu'à sa mort.

À-peu-près dans le temps dont je viens de faire mention, M. Vernon me
rappela ma dette envers lui, mais sans me presser pour le paiement. Je
lui écrivis une lettre remplie de témoignages de reconnoissance, en le
priant de m'accorder encore un petit délai, à quoi il consentit.
Aussitôt que je le pus, je lui payai le capital et les intérêts, et lui
renouvelai tous mes remerciemens; de sorte que cette première erreur de
ma vie fut presque corrigée.

Mais il me survint alors un autre embarras, auquel je ne croyois pas
devoir m'attendre. Le père de Meredith qui, suivant nos conventions,
s'étoit chargé de payer en entier le fonds de notre imprimerie, n'avoit
payé que cent livres sterlings. Il en étoit encore dû autant; et le
marchand impatienté d'attendre, nous fit assigner. Nous fournîmes
caution, mais avec la triste perspective que si l'argent n'étoit pas
prêt au temps fixé, l'affaire seroit jugée; le jugement mis à exécution,
nos belles espérances s'évanouiroient, et nous resterions entièrement
ruinés, parce que notre presse et nos caractères seroient vendus,
peut-être à moitié prix, pour payer la dette.

Dans cette détresse, deux vrais amis, dont le procédé généreux sera
présent à ma mémoire, aussi long-temps que j'aurai la faculté de me
souvenir de quelque chose, vinrent me trouver séparément, à l'insçu l'un
de l'autre, et sans que j'eusse eu recours à eux. Chacun d'eux m'offrit
de m'avancer tout l'argent qu'il me faudroit pour me charger seul de
l'imprimerie, si cela étoit praticable; attendu qu'ils ne voyoient pas
avec plaisir que je restasse en société avec Meredith, qu'on
rencontroit, disoient-ils, souvent ivre dans les rues, et jouant dans
les cabarets à bière, ce qui nuisoit beaucoup à notre crédit.

Ces amis étoient William Coleman et Robert Grace. Je leur répondis que
tant qu'il resteroit la moindre probabilité que les Meredith
rempliroient leurs engagemens, je ne consentirois pas à leur proposer de
me séparer d'eux, attendu que je croyois leur avoir de grandes
obligations, pour ce qu'ils avoient fait déjà, et pour ce qu'ils étoient
encore disposés à faire, s'ils en

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Text Comparison with Autobiography of Benjamin Franklin

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PAGE Portrait of Franklin vii Pages 1 and 4 of _The Pennsylvania Gazette_, Number XL, the first number after Franklin took control xxi First page of _The New England Courant_ of December 4-11, 1721 33 "I was employed to carry the papers thro' the streets to the customers" 36 "She, standing at the door, saw me, and thought I made, as I certainly did, a most awkward, ridiculous appearance" 48 "I took to working at press" 88 "I see him still at work when I go home from club" 120 Two pages from _Poor Richard's Almanac_ for 1736 .
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My early readiness in learning to read (which must have been very early, as I do not remember when I could not read), and the opinion of all his friends, that I should certainly make a good scholar, encouraged him in this purpose of his.
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Mather's, called _Essays to do Good_, which perhaps gave me a turn of thinking that had an influence on some of the principal future events of my life.
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Then one of the company knew the place to be Cooper's Creek, a little above Philadelphia, which we saw as soon as we got out of the creek, and arriv'd there about eight or nine o'clock on the Sunday morning, and landed at the Market-street wharf.
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This afterwards occasion'd me a good deal of uneasiness.
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The gov'r.
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John, the Irishman, soon ran away; with the rest I began to live very agreeably, for they all respected me the more, as they found Keimer incapable of instructing them, and that from me they learned something daily.
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My parents had early given me religious impressions, and brought me through my childhood piously in the Dissenting way.
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There are croakers in every country, always boding its ruin.
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_ Thus far was written with the intention express'd in the beginning and therefore contains several little family anecdotes of no importance to others.
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10} 11} Noon.
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I did, indeed, from time to time, put down short hints of the sentiments, reasonings, etc.
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_ 1 16 4 38 8 New moon 27 day, 28 2 Sxtil Sat.
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20 3 Sxtil Sun Sat.
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Thus it was that I made my.
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Having been for some time employed by the postmaster-general of America as his comptroller in regulating several offices, and bringing the officers to account, I was, upon his death in 1753, appointed, jointly with Mr.
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The Assembly, however, continu'd firm, believing they had justice on their side, and that it would be giving up an essential right if they suffered the governor to amend their money-bills.
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There was an art in their contrivance of those places that seems worth mention.
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" So he never obtain'd leave,.
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The French Court hath prohibited all communication with the Gevaudan upon severe Penalties.