Vie de Franklin, écrite par lui-même - Tome I Suivie de ses œuvres morales, politiques et littéraires

By Benjamin Franklin

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l'Angleterre mettoit à leur
commerce, en les forçant de ne vendre leurs productions qu'aux Anglais,
et de leur acheter les marchandises que le peu d'encouragement qu'il y
avoit dans leurs manufactures leur rendoit nécessaires, et que ces
Anglais leur fesoient payer beaucoup plus cher que ne l'auroient fait
les autres nations.

En outre, le président-général devant être nommé par le roi
d'Angleterre, il n'eût pas manqué de lui être exclusivement dévoué, et
conséquemment il auroit refusé son consentement aux loix les plus
salutaires, lorsque ces loix auroient eu la moindre apparence de blesser
les intérêts de son maître. De plus, le consentement même du président
n'eût pas suffi. Il auroit fallu que les loix eussent encore
l'approbation du roi, qui, dans toutes les circonstances, auroit, sans
doute, préféré l'avantage de ses états d'Europe à celui de ses colonies.
Cette préférence eût fait naître des discordes perpétuelles entre le
conseil et le président-général, et par conséquent entre le peuple
d'Amérique et le gouvernement d'Angleterre.--Tandis que les colonies
seroient restées faibles, elles auroient été obligées de se soumettre:
mais aussitôt qu'elles auraient acquis de la force, elles seroient
devenues plus pressantes dans leurs demandes; et secouant enfin le joug,
elles se seroient déclarées indépendantes.

Lorsque les Français étoient en possession du Canada, ils fesoient un
grand commerce avec les Sauvages; ils alloient même traiter jusqu'auprès
des frontières des colonies britanniques; et quelquefois ils formoient
de petits établissemens sur le territoire que les Anglais prétendoient
leur appartenir. Indépendamment du tort considérable que cela fesoit aux
Anglais relativement au commerce des pelleteries, leurs colonies étoient
sans cesse exposées à se voir dévastées par les Indiens qu'on excitoit
contr'elles.

En 1753, il y eut quelques ravages commis sur les frontières de la
Virginie. Les remontrances, qui furent faites à cet égard, restèrent
sans effet. En 1754, on envoya sur les lieux un corps de troupes dont le
commandement fut donné à Washington; car, quoique très-jeune encore, cet
officier s'étoit conduit, l'année précédente, de manière à prouver qu'il
méritoit cette confiance.

Tandis qu'il marchoit pour aller prendre possession du poste situé dans
l'endroit où se réunissent l'Allegany et le Monongahela, il apprit que
les Français y avoient déjà construit un fort. Un détachement de leurs
troupes s'avança aussitôt contre lui. Il se fortifia autant que les
circonstances le lui permirent; mais la supériorité du nombre l'obligea
bientôt à rendre le fort de _la Nécessité_. Il obtint une capitulation
honorable, et il retourna en Virginie.

Le gouvernement britannique crut ne pas devoir rester spectateur
tranquille de cette querelle. En 1755, il donna ordre au général
Braddock de marcher avec un corps de troupes régulières et quelques
milices américaines, pour chasser les Français

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S'il distingue clairement ces mots, il donne à la voix le temps de les prononcer convenablement: mais s'ils sont obscurément imprimés, ou déguisés par l'omission des lettres capitales et des longs _s s_, ou de quelqu'autre manière,.
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Mais si vous n'avez pas confiance dans ces secours de la providence, vous pouvez vous pourvoir d'une lampe à l'esprit-de-vin et d'une bouilloire, et vous apprêter vous-même quelques alimens, comme de la soupe, des viandes hachées, etc.
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M.
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»Mais qu'y a-t-il donc de si malheureux dans leur condition présente? N'étoient-ils pas esclaves dans leur pays? L'Espagne, le Portugal, la France, l'Italie, ne sont-ils pas gouvernés par des despotes qui tiennent leurs sujets dans l'esclavage, sans aucune exception? L'Angleterre elle-même ne traite-t-elle pas ses matelots en esclaves? car, lorsque le gouvernement le veut, ils sont enlevés, renfermés dans des vaisseaux de guerre, condamnés non-seulement à travailler, mais à combattre pour de très-petits gages, et un peu de nourriture qui ne vaut pas mieux que celle que nous donnons à nos esclaves.
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»Ne prêtons donc plus l'oreille à la détestable proposition d'affranchir les esclaves chrétiens.
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Quand il a fini il se rassied, et on lui laisse cinq ou six minutes, pour qu'il puisse se rappeler s'il n'a omis rien de ce qu'il avoit intention de dire, et se lever de nouveau pour l'énoncer.
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La divinité elle-même étoit à la tête de cette constitution; c'est pourquoi les écrivains politiques l'ont appelée _une théocratie_.
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L'Europe est depuis long-temps habitée; et là, les arts, les métiers, les professions de toute espèce sont si bien fournis, qu'il est difficile à un pauvre homme, qui a des enfans, de les placer de manière à leur faire gagner, ou apprendre à gagner une honnête subsistance.
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Mais on doit, sur-tout, leur faire particulièrement remarquer les beautés d'un ouvrage.
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»La cour de la Grande-Bretagne maintient que les cinq Nations des Iroquois, reconnues par la France, sont originairement, ou par droit de conquête, les légitimes propriétaires de la rivière de l'Ohio et de tout le pays mentionné dans son mémoire; et quant au territoire que ces Indiens ont cédé à la Grande-Bretagne, ce qui, il faut l'avouer, est la manière la plus juste et la plus légale de faire une acquisition de cette nature, elle le réclame, parce qu'il lui appartient,.
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De Birmingham.
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déjà établies sur l'Ohio; que nous n'avons nulle envie d'engager aucun des sujets européens de sa majesté à aller se fixer dans ces contrées; mais que pour les défricher et les cultiver nous comptons entièrement sur la bonne volonté des habitans qui seront de trop dans les colonies du centre.
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Il est si vrai que les colons établis sur ce terrain sont sans loix et sans gouvernement, que les Indiens eux-mêmes s'en plaignent; de sorte que si l'on ne.
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Il fut premier lord de la trésorerie.
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_) [63] Ces encouragemens étoient une exemption de toute espèce de paiement en argent, de cens pour dix ans, et de toutes les taxes pour quinze ans.
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L'action de chacune étant d'abord peu considérable, il y aura quelqu'émigration.
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DIALOGUE ENTRE LA GOUTTE ET FRANKLIN[70].
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Ils peuvent vous tuer, mais ils ne peuvent pas me nuire; et quant aux vrais médecins, ils sont enfin convaincus de cette vérité, que la goutte n'est pas une maladie, mais un véritable remède, et qu'il ne faut pas guérir un remède.
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--J'apperçois, disois-je, que votre ancienne amie est plus fidèle que vous: car plusieurs bons partis lui ont été offerts, et elle les a refusés tous.
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Je me prescrivis la règle d'éviter de contredire directement l'opinion des autres, et je m'interdis toute assertion positive en faveur de la mienne.